Qui a construit STONEHENGE ?

Le plus célèbre monument mégalithique du monde, situé en Angleterre, n’a pas encore livré tous ses secrets ….

Une structure préhistorique "unique" découverte près du site de Stonehenge  en Angleterre
Stonehenge
Carte brodée de Stonehenge par Mamigoz - Chez Mamigoz

C’est quoi ce cercle de pierres ?

Ils montent la garde, balayés par les vents froids de Salisbury, à 140 km au sud-ouest de Londres, en Angleterre. 76 géants de pierre dressés sur la vaste plaine, dont un cercle composé de 30 pierres surmontés de linteaux : Les Trilithes. C’est l’image de ces majestueux portiques qui nous vient à l’esprit quand on évoque Stonehenge. Certains pèsent plus de 40 tonnes et culminent à près de 7 mètres. En réalité, Stonehenge, ce n’est pas un cercle de pierres, mais quatre ! la construction de cet incroyable monument a débuté il y a plus de 5 000 ans, bien avant la construction des pyramides d’Égypte, et s’est étalée sur près de 1 000 ans. On distingue en général trois phases. Les premiers bâtisseurs arrivent vers – 3 000 – Dans le sol calcaire, ils creusent un fossé marquant un cercle de 114 mètres de diamètre, entouré d’un talus. À l’intérieur, bordant le pourtour, ils matérialisent 56 trous. Nommés trous d’Aubrey, ils sont très vraisemblablement abrités de poteaux de bois, aujourd’hui disparus. Plus tard, entre – 2 400 et – 2 300, des hommes construisent une structure en forme de double fer à cheval composée d’environ 80 pierres bleues. Enfin, vers – 2 000, les nouveaux occupants dressent, au centre du cercle, les immenses trilithes en sarsen, un grès de la région, que nous connaissons aujourd’hui.

Stonehenge est une folie architecturale, un délire de taille XXL, qui déroute quand on son qu’elle a vu le jour il y a quarante à cinquante siècles. Les mégalithes, ces monuments constitués d’une ou plusieurs pierres de grandes dimensions, ont été érigés par des hommes préhistoriques sans l’aide de mortier pour fixer la structure. Nous sommes alors en plein néolithique, les hommes sont déjà passés de l’état de chasseur-cueilleurs nomades à celui d’agriculteurs sédentaires. La vie est dure. Les archéologues estiment qu’une population néolithique peut, au mieux, espérer dégager un surplus de production de 5% par rapport à ses besoins vitaux. Qu’ils triment dans les champs où qu’ils soignent leurs bêtes, la majeure partie de leur vie devait donc être tournée vers la production de ressources alimentaires. «Chaque année, la population, ne pouvait consacrer qu’une vingtaine de jours à une activité non productive» avance le préhistorien Charles-Tanguy Le Roux, aux cahiers Science et Vie, en mars 2008. Ce qui ne laisse pas beaucoup de temps disponible pour se consacrer «aux grands travaux», comme les pierres dressées de Stonehenge. Conclusion : il fallait une autorité très forte pour mobiliser des centaines de personnes sur de tels chantiers. Les spécialistes du mégalithisme pensent en effet que la construction d’un seul cairn (un gigantesque amoncellement de pierres) nécessitait entre 7 000 et 30 000 journées de travail, en fonction de sa taille ! «Des défis colossaux, qui correspondent sans doute à la volonté de démontrer la puissance de ceux qui ordonnaient cette construction», estime Chris Scarre, professeur d’archéologie à l’université de Durham, au Royaume-Uni.

Énigmes Archéologiques - (page 5) - Frawsy

Comment des paysans de la préhistoire ont-ils pu tracter des pierres géantes sur 30 kilomètres ?

C’est un exploit herculéen si l’on songe qu’ils travaillaient sans roue ni appareil de levage moderne ! Vers – 2000, les bâtisseurs seraient allés chercher les lourds blocs de sarsen, un grès plus dur que le granite, dans les Marlborough Downs, situés à plus de 30 km du site. Or, le poids moyen des monolithes en sarsen est de 25 tonnes, le plus massif pesant 50 tonnes ! Ce détail n’a pourtant pas arrêté les ingénieurs du néolithique : on suppose que les monolithes ont été tractés sur des traîneaux graissés ou des rondins géants, par des centaines d’hommes. Des ouvriers qui tiraient de toutes leurs forces sur des cordes en fibres naturelles (chanvre, racines de lierre) selon un axe déterminé par des poutres parallèles posées au sol. La méthode n’est pas spécifique au site anglais, et paraît valide pour des pierres encore plus lourdes, comme le grand menhir brisé d’Er Grah à Locmariaquer, en Bretagne : un monolithe pesant 280 tonnes – 10 fois plus lourd que les grès de Stonehenge – et traîné sur plus de 10 km. Chapeau, les ancêtres ! Mais il y a mieux. On estime que ces travaux titanesques devaient mobiliser des centaines de personnes, voire un bon millier. Or, un village de l’époque compte à peine 200 âmes. Ce qui fait dire aux archéologues que les monuments comme Stonehenge ou le cairn de Gavrinis (- 3500), en Bretagne, étaient construits par un même clan dont les membres étaient répartis sur quatre ou cinq villages différents. Se regroupaient-ils une fois l’an, au solstice par exemple, pour parfaite le monument de leur ancêtre commun ? Mystère …..

Comment a-t-on dressé ces pierres à la verticale ?

Pour dresser les énormes blocs, nos ancêtres ont fait preuve de leurs talents d’ingénieurs. Ils commencent par creuser à côté de chaque monolithe une fosse dont l’un des bords est incliné. Puis, les ouvriers font tomber la grande pierre dedans en la poussant. Celle-ci, reposant alors sur la pente, dépasse du trou en position inclinée, à moitié relevée. Les hommes se placent ensuite sur le côté opposé et, au moyen de cordes en fibres attachées sur la partie dégagée de la pierre, la tirent jusqu’à ce qu’elle vienne buter contre un berceau de réception en bois qui l’empêcher de basculer de l’autre côté. Mission accomplie : le monolithe se tient debout, pointé vers le ciel ! La fosse est ensuite remblayée avec des gravats afin d’assurer la stabilité de l’énorme bloc de pierre ainsi dressé.

A quoi servait le site de Stonehenge ?

Il aurait été un vaste lieu de pèlerinage. Il y a 4 300 ans, les femmes et les hommes accèdent aux cercles de pierre par l’Avenue, une voie processionnelle bordée de fossés, mesurant au total 2.8 kilomètres de long, et reliant les mégalithes à une rivière, l’Avon. Cette voie mène également à un village préhistorique voisin, Durrington, situé au nord-est du site.

10,000 BCE to 2,000 BCE - Neolithic Era... | Sutori

Or, au centre de ce hameau, on a trouvé les traces d’un cercle formé de poteaux de bois ! Selon l’archéologue Mike Parker Pearson, c’est le signe d’un schéma traditionnel associant les pierres de Stonehenge aux morts et le bois de Durrington aux vivants. Entre les deux, le fleuve Avon évoquerait, pour sa part, le passage entre ces deux mondes. De grandes festivités devaient dont rassembler des centaines de pèlerins chaque année. Grâce aux fouilles récentes, on peut même avoir une idée de l’ambiance qui régnait lors de ces rencontres. L’équipe de Mike Pearson a en effet trouvé à Durrington de nombreuses carcasses d’animaux à peine entamées. Fait étonnant : les bêtes n’auraient été tuées qu’à deux périodes distinctes, autour du solstice d’été et de celui d’hiver. Deux périodes remarquables de l’année pendant lesquelles les pèlerins se seraient livrés à des festins pantagruéliques. L’hypothèse, toutefois, est à prendre avec des pincettes, tempère l’archéologue de l’Inrap Cyril Marcigny : «Les datations carbone ne sont pas assez précises pour connaître si finement l’occupation du site».

Reste une certitude : les bêtes, comme les hommes, venaient de toute la Grande-Bretagne. Certains même depuis l’archipel des Orcades à l’extrême nord de l’Écosse. CQFD : Stonehenge était une sorte de Mecque du néolithique. «Des monuments comme Stonehenge ou Carnac en France (des alignements d’environ 3 000 blocs de pierre datés vers – 2800, dans le Morbihan) n’avaient pas qu’une fonction locale. Leur réputation s’est étendue progressivement et, les individus circulant beaucoup à l’époque, ils sont devenus des lieux de pèlerinage très fréquentés», précise Jean Guilaine, archéologue spécialiste de la préhistoire et professeur honoraire au Collège de France.

Pourquoi retrouve-t-on des centaines de mégalithes des îles de la méditerranée jusqu’au nord de l’Europe ?

I megaliti | Histoire universelle, Géographie, Mégalithes

Tumulus de Bernenez dans le Finistère (-4800), mégalithe du Petit mont dans le golfe du Morbihan (- 4500), alignements de Carnac (-2800), mais aussi tumuli du Danemark, des Pays-Bas ou d’Irlande …Dès le Ve millénaire avant notre ère, le nord et l’ouest du continent se couvrent de géants de pierres. Puis, au IVe millénaire, les mégalithisme se répand en Méditerranée : Corse, Sardaigne, Malte, Espagne, Crète, Minorque…Qu’est-ce qui pousse les hommes de l’époque à parsemer le paysage de colosses de pierres ? pour comprendre, il faut remonter aux origines du néolithique. L’aventure commence vers – 9000 au Proche Orient, où nos ancêtres développent l’agriculture et l’élevage. Une révolution : «On a soudain des réserves, on capitalise, cela entraîne une compétition sociale et oblige la société à s’organiser», explique le préhistorien Jean Guilaine. Au fil des siècles, les rendements s’améliorent, les communautés explosent, il faut émigrer. Les paysans entament une lente migration vers l’ouest et s’installent en Europe. Vers, – 5300, ils sont en France, et vers -4000, en Grande-Bretagne. On commence à cultiver du blé et de l’orge, on domestique des animaux ( mouton, chèvre, boeuf, porc), on invente la poterie et le polissage des pierres. Des villages apparaissent, avec, à leur tête, des personnages influents. En se heurtant à la façade atlantique, ces pionniers vont peut-être prendre conscience que leur territoire est limité. Ils doivent maintenant apprendre à vivre dans une sédentarité permanente, les mégalithes sont-ils le signe de cette prise de conscience ? Impossible de trancher. Une chose est sûre : visibles de très loin, ces roches colossales marquent le territoire d’un clan et organisent le culte des ancêtres pour mieux proclamer : «Cette terre est à nous !».

Quelle énigme recèle encore Stonehenge ?

Chaque année la cartographie du site de Stonehenge, toujours en fouilles, s’affine davantage. Parfois, la chance donne un petit coup de pouce. Comme à l’été 2014, où un mystère a pu être résolu grâce à un tuyau d’arrosage trop court : sans eau, l’herbe n’a pas pu pousser comme d’habitude et des empreintes sont apparues sur le sol révélant l’emplacement de pierres disparues. Un hasard qui a permis de confirmer qu’à l’origine les trilithes formaient bien un cercle totalement fermé. En revanche, les archéologues butent sur une énigme depuis près de cent ans ; qui sont les 60 morts de Stonehenge ? L’enquête démarre au début des années 1920, quand on déterre des dizaines de sépultures, pour la plupart situées au niveau du cercle formé par les trous d’Aubrey. Rien d’étonnant, les ouvrages mégalithiques abritent souvent des tombes. En France le cairn de Gavrinis (Morbihan) abrite un tombeau collectif vieux de 5 000 ans. Mais qui sont les défunts su site Anglais ? Après avoir retrouvé près des corps des bagues, généralement associées à des sceptres, ainsi qu’une coupe en céramique ayant servi d’encensoir, on a pensé à des dignitaires religieux. Hypothèse balayée par l’analyse des ossements, qui révèle que les défunts sont aussi bien des hommes que des femmes et des enfants. En étudiant de plus près les sépultures, les experts réalisent que toutes les dépouilles sont placées au même niveau, en cercle, sans que l’une soit plus mise en avant qu’une autre. A l’image d’une société égalitaire, où le pouvoir serait aux mains d’une oligarchie éclairée, façon chevaliers de la Table ronde ? «L’image de la mort n’est pas forcément celle de la société. Rien ne nous dit que la hiérarchie sociale n’existait pas du temps des caveaux communs», modère Jean Guilaine, professeur au Collège de France.

Nouvelle découverte en 2020 ▼

Archéologie : découverte extraordinaire aux abords de Stonehenge - Le Point

Une structure préhistorique «unique», formant un cercle de plus de deux kilomètres de diamètre, a été mise au jour près du célèbre site mégalithique de Stonehenge, a annoncé en juin 2020 l’université écossaise de St Andrews. «Un travail de terrain et des analyses récents ont mis en évidence la présence de vingt excavations massives préhistoriques ou plus, d’un diamètre de plus de dix mètres et de cinq mètres de profondeur», a indiqué l’université qui a travaillé avec d’autres établissements supérieurs sur le site. Ces excavations forment un cercle de plus de deux kilomètres de diamètre autour de l’enceinte («henge») néolithique de Durrington Walls et du site de Woodhenge, à environ trois kilomètres de Stonehenge. Elles auraient été creusées il y a plus de 4500 ans, environ à l’époque où Durrington Walls a été érigé.  Selon les archéologues, ces excavations auraient marqué les limites d’une zone sacrée à l’époque néolithique, associée avec l’apparition des premiers agriculteurs en Grande-Bretagne et parfois l’érection de très imposantes structures rituelles. «Toutefois, aucune structure préhistorique au Royaume-Uni n’entoure une zone aussi grande que le cercle d’excavations à Durrington, et cette structure est actuellement unique». 

Pour plus d’infos, visitez le site Futura Sciences : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/archeologie-gigantesque-structure-circulaire-decouverte-pres-stonehenge-81618/

Pour Richard Bates, de l’école des sciences environnementales de l’Université de St Andrews, cette découverte «nous donne un aperçu du passé qui montre une société encore plus complexe que nous ne pouvions jamais imaginer. Des pratiques manifestement sophistiquées démontrent que les gens étaient en harmonie avec les événements naturels dans une mesure telle que nous pouvons à peine le concevoir dans le monde moderne dans lequel nous vivons».

Royaume-Uni: les célébrations du solstice d'été de Stonehenge ont réuni  23.000 personnes - Le Point
Célébration du Solstice d’été à Stonehenge

Les peuples qui ont bâti les mégalithes y ont mis une énergie démesurée qui impressionne toujours. Pour faire le tour des mégalithes, des villages préhistoriques et de la majestueuse Avenue processionnelle, prévoyez environ six heures. Classé en 1986 au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, Stonehenge est pour des milliers d’individus venus du monde entier, une des merveilles dispersées dans le monde. Un endroit spirituel où des cérémonies ont été et sont toujours organisées, ainsi qu’une source d’inspiration pour les théories les plus folles. Chaque fois qu’un mystère quelconque entoure un fait ou un monument, il engendre un certain nombre de théories fantaisistes. C’est donc le cas pour Stonehenge, dont on dit par exemple qu’il aurait été construit par des êtres venus d’ailleurs, ou que seuls des procédés surnaturels étaient en mesure de réaliser un tel monument. Dans une légende médiévale datant du 12ème siècle, c’est Merlin l’enchanteur qui aurait bâti Stonehenge, avec l’aide d’un géant !!! Toutes ces théories, m’apparaissent bien divertissantes. Quoi qu’il en soit, Stonehenge n’a pas encore livré ses secrets, les prochaines décennies nous apporteront elles des réponses à nos interrogations ? Restons curieux !

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