Brocéliande ou l’éternelle quête du Graal …

Forêt mythique, Brocéliande se place au cœur de la légende arthurienne, où monde réaliste et monde surnaturel se superposent, entre croyances populaires et foi chrétienne.

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De Gaston Bachelard – «La forêt est un état d’âme» – à Félix Bellamy – «il faut croire que les grandes forêts ont le don d’attirer les prodiges» – en passant par François-René de Chateaubriand – «Qui dira le sentiment qu’on éprouve en entrant dans ces forêts aussi vieilles que le monde, et qui seules donnent une idée de la création, telle qu’elle sortit des mains de Dieu» – La forêt a de tout temps exercé sur les hommes une grande fascination.

L’obscurité des sous-bois, fermant les portes du ciel aux malheureux qui s’y égarent, et la lumière rasante du soleil filtrant à travers les branches engendrent chez l’homme crainte et espoir de disparaître et de renaître. C’est le lieu où l’on vient perdre le petit poucet ; celui où le diable donne rendez-vous aux sorcières pour danser le sabbat au milieu d’une clairière. Angoissante, la forêt peut tout autant se révéler accueillante et protectrice. Ermites et moines viennent y chercher la paix de l’âme dans le silence propice à la méditation ; les druides y coupent le gui sacré, réputé pour ses vertus médicales, mais aussi pour chasser les mauvais esprits ; sorciers et marginaux s’y réfugient à l’écart de la civilisation qui les a rejetés.

BROCÉLIANDE, L’IMAGINAIRE FORÊT

La forêt de Brocéliande ne ressemble pourtant à aucune autre forêt. Peut-être parce qu’elle n’existe que dans notre imaginaire. Incarnation du merveilleux et de l’enchantement, elle vit à travers la légende arthurienne, mise en scène par une littérature intemporelle qui va de Geoffroy de Mommouth à Julien Gracq en passant par Chrétien de Troyes et les romantiques du XIXe siècle.

Située, d’après les textes, dans la forêt de Paimpont (Ille-et-Vilaine), au cœur de cette Bretagne où foi chrétienne et croyances populaires s’entremêlent, Brocéliande invite à un parcours initiatique sur les pas de Merlin l’enchanteur, de la fée Viviane et des chevaliers de la Table ronde dont l’obsession à trouver le Graal se construisait sur le terreau de l’âme humaine, entre le Bien et le Mal, le rêve et la réalité.

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La Symbolique de la Table Ronde :

Dans la légende arthurienne, la table où se réunissent les preux chevaliers est ronde, à la différence de celles utilisées à l’époque médiévale par les rois, qui est carrée, sur laquelle le monarque prend place au milieu, légèrement en hauteur pour montrer sa puissance, offrant les places d’honneur de part et d’autre de son siège. La forme circulaire se veut aussi à l’image du monde.

À la source de la légende …

L’histoire de la forêt de Brocéliande s’écrit au conditionnel tant sont nombreuses les incertitudes. Nous sommes au Ve siècle après J.C., en Bretagne, de l’autre côté de la Manche. Comme dans toute l’Europe, les barbares, ici Saxons, Scots ou Angles, disputent aux peuples plus ou moins romanisés le pouvoir de posséder terres et pouvoir. Parmi les plus valeureux de ces résistants se distingue un certain Artus, seigneur de Camelot, près de Londres, entouré de preux chevaliers réunis dans la confrérie de la Table Ronde. Leur but est de défendre coûte que coûte leurs possessions. D’épiques combats, alimentés par la tradition orale, se transforment aux siècles suivants en récits légendaires qui associent à leur résistance la conquête du Graal.

Engagé aux côtés de Guillaume le Conquérant dans la bataille d’Hastings (14/10/1066), Raoul II de Montfort, seigneur de Gaël, entend ces récits guerriers. De retour sur ses terres de Paimpont, le chevalier s’en fait largement l’écho dans les soirs de veillée, racontant à l’envi des récits embellis. Ces péripéties guerrières se diffusent bientôt d’un côté à l’autre de la Manche, jusqu’à inspirer la littérature médiévale. Le plus connu des ces « romanciers » est Chrétien de Troyes. Au XIIe siècle, ce clerc, en plaçant la légende arthurienne dans le cadre de la forêt de Brocéliande, offre aux lecteurs une double entrée, entre le monde réaliste (les chevaliers de la table ronde) et le monde surnaturel et immortel, peuplé d’enchanteurs et de fées.

Paimpont – Abbaye du VIIe siècle

Connu depuis les temps anciens pour ses forges qui utilisaient le minerai de fer, très présent dans son sous-sol, ainsi que pour son abbaye du VIIe siècle fondée par le roi Judicaël, le village de Paimpont ouvre la porte du rêve à qui veut entreprendre un voyage au cœur de la légende arthurienne. Dans cette ancienne terre sacrée des druides, plantée de hêtres, de châtaigniers et parsemée d’étangs et de rochers gréseux, les passionnés de légendes celtiques cherchent dans cette nature qu’on dirait inventée, tous les symboles à leur quête.

Au val sans retour, le mystérieux étang du Miroir aux fées, royaume de la fée Morgane, la demi-sœur du roi Arthur, invite à se baigner dans ses eaux pour accéder à un autre monde et y trouver la paix des temps premiers où l’homme vivait en harmonie avec la nature.

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Fontaine de Barenton

Le fol amour se découvre à la fontaine de Barenton, là même où Merlin et Viviane se rencontrèrent pour la première fois. Merlin, sage parmi les sages, conseiller du roi Arthur et initiateur de prodiges dont celui d’arracher l’épée Excalibur de sa gangue rocheuse et permettre ainsi à Arthur d’accéder au trône. Merlin, qui abandonne toute sagesse pour offrir à Viviane, dont il est éperdument amoureux, le secret pour garder à jamais un homme. Faiblesse du mage dont profite la fée pour l’enfermer pour l’éternité dans les neuf cercles d’une prison infranchissable. Merlin, dont le tombeau se situe près du village de Landelles, scellé par trois grosses pierres.

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Sur l’une des pierres, des mains ont gravé : «Ici a été enfermé l’enchanteur par la fée Viviane»

Autre cercle de pierres, celui de la demeure de la fée Viviane, qui n’est autre qu’une ancienne chambre funéraire. Partout, à travers Brocéliande, résonne la présence des chevaliers de la Table ronde : Lancelot, Perceval, Gauvain…, habillés de leur armure et de leurs faiblesses. L’abandon de la quête pour Lancelot, par amour pour la reine Guenièvre ; Mordred, le traître, né d’une relation adultérine d’Arthur et qui finira par assassiner son père ; Perceval le Gallois, vainqueur de la quête du Saint-Graal et père de Lohengrin, le chevalier du cygne. Tous ceux auxquels Merlin et Arthur ont confié la mission d’assurer la paix du royaume avant de partir à la recherche du Graal et de le rapporter.

Ce Graal, qui est d’abord assimilé à la coupe de la fertilité ou au chaudron d’abondance dans la tradition celtique, tant recherché par les alchimistes, puis christianisé par Chrétien de Troyes qui l’identifie à la coupe qui aurait recueilli le sang du Christ. Objet d’un quête éternelle pour accéder à la sagesse et à la connaissance spirituelle, le Graal nous appartient, qu’il soit ou ne soit pas. Parce que les hommes qui n’ont plus de quête n’ont plus d’espoir ; parce que les pays qui n’ont pas de légendes sont condamnés à mourir de froid.

Eglise du Graal à Tréhorenteuc

L’ABBÉ VISIONNAIRE DE TRÉHORENTEUC

Pour qui cherche le Graal – L’imagination humaine reste féconde pour brouiller et multiplier les lieux – L’église de Tréhorenteuc est un passage indispensable. Non qu’elle puisse receler un fantastique secret, mais parce que dans cette forêt de Brocéliande qui bruisse de mystères, l’abbé Gillard, imprégné des histoires des chevaliers de la Table ronde, a fait communier tradition évangélique et légendes celtiques sur ses murs et ses vitraux. Ainsi l’allégorie représentant le Christ et les quatre apôtres sous les traits d’un cerf blanc et de quatre lions.

De 1942 au début des années 1950, aidé par deux prisonniers de guerre allemands, peintre et ébéniste dans le civil, l’abbé restaure le sanctuaire avec la bénédiction des autorités françaises et ecclésiastiques, réalisant un chemin de croix installé dans le chœur. Une œuvre surprenante qui montre, au gré des symboles qui la peuplent, les résurgence des mœurs païennes celtiques que le dogme chrétien n’a pas complètement occulté.

Lofoten, un archipel sauvage et majestueux !

Sous le cri des mouettes et des cormorans, une traversée des îles les plus légendaires de la Scandinavie nous attend : les Lofoten dans leur tenue d’été.

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Les îles LOFOTEN – NORVEGE

Quand le pied s’y pose après cinq heures de mer, la terre ferme chancelle. Sous la passerelle qui s’étire dans la lumière matinale, nos jambes flageolent accoutumées à contrer le roulis. Ces îles sont stables pourtant. Nous avons accosté à Svolvaer, chef lieu aux pontons sonores, aux maisons design, sur fond de monts saupoudrés de neige. Des maisons en uniforme, au garde-à-vous sur la rive : ce sont des rorbuer. Rorbuer est le pluriel de rorbu : «maisons de rameurs». Pendant huit siècles, ces chalets rouges logeaient pour quatre mois leurs vingt pêcheurs dans l’odorante promiscuité du goudron, des sueurs et des saumures. Loyers salés, tabagie lourde, chauffage aux gaz rampants, ces palaces douteux sont évincés par les bateaux d’après-guerre, assez gros pour accueillir les « rameurs ». Les rorbuer crasseux ont donc pourri, glissant planche à planche dans l’algue des baies…Jusqu’à ce retour en grâce en 1970 quant les touristes leur trouvent du cachet ! Trois coups de pinceau, et le rorbu s’offrait au routard. Aujourd’hui c’est un logement de charme.

Adossée à la rambarde blanche, notre blonde logeuse cherche dans sa poche, la clé de notre nid, la porte gémit.

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Un poêle en fonte vintage pétille. Du plancher qui grince, la femme enlève un bouchon de zinc de la taille d’une casserole : une trappe ouvre sur l’eau, clapotante et glaciale. « C’est pour pêcher ! » dit-elle en montrant ligne et hameçons sur la table de chevet : « Vous pourrez dîner sans sortir ! ». Je lui demande si ça mord parfois….? Avec une grimace espiègle, elle répond : « les mains tendres comme les vôtres ne prennent évidemment jamais rien ! »J’aime l’hospitalité rieuse des Lofoten.

Un contrée si déserte courrait à l’enlisement mental, mais les 25 000 âmes d’ici ont l’habitude de l’ailleurs : la pêche rameutait tout le Nord et, la pêche finie, on mariait précipitamment des filles aux ventres ronds, aux suaves jours de mai. Ainsi, les branches des arbres généalogiques caressent du nord au sud de la Norvège, les autres contrées scandinaves et l’Écosse, et – qui sait ? – peut-être Dieppe et Fécamp.

La route E10 alterne les rives : à tribord, la face océane et sa collante barbe à papa de brume ; à bâbord, la côté intérieure et solaire du Vestfjord. Là se perche le village de Kabelväg et son aquarium chantant le roi du cru, le skrei : morue d’élite.

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Séchoir à Morue

La morue fraye ici : 2 millions d’oeufs par femelle, dont 20 seulement deviendront poissons. Père et mère sont souvent victimes de la rude habilité des pêcheurs. Jadis, des lois alambiquées déterminaient le type d’hameçon et les horaires pour limiter les rixes entre pêcheurs à la ligne, à la traîne et au filet. Le XIXe siècle a tenté de simplifier, avant que le XXe siècle n’arrive avec ses gros chaluts.

Nous repartons, doublant l’île de Skrova, où l’on harponne encore des baleines. Plus loin, Henningsvaer : le village rue, où la rue est un cheval, tend sur l’eau ses deux façades de bicoques. Une Venise en bois. Passé Leknes, nous bifurquons à droite : l’Atlantique. Les plages blanches avalent les crachats de l’écume, mousse délicate qui monte au ciel comme une neige inversée. Au loin, on distingue parfois l’aileron noir et blanc des orques, croquant les bancs de harengs de leurs dents coniques.

Nous sommes attendus sur Gimsoya, l’île suivante. Notre hôtesse a déjà sellé nos chevaux islandais. Petits, noirs, simples.

C’est avec eux que les Vikings ont galopé sur le monde. Ceux-ci ont leur musée à Lofotr, dans cette longue maison de chef reconstituée où s’affairent les figurants en costume, cuisinant, sculptant et tissant selon les techniques perdues des rois de la mer.

Pour renouer avec un passé plus récent, nous regagnons Vestfjord. Une route mince serpente jusqu’au Nusfjord. conservatoire de la maison des Lofoten : le rouge des murs était obtenu en touillant huile de fois et sang de morue. Les toits de tourbe isolent de l’hiver et, aux beaux jours, se mettent à verdir. Autour, le vent chahute les touffes de lupins. Là-haut sur les montagnes, les derniers névés se fondent en cascades dans la sphaigne humide. L’eau reste pétrifiée par le froid qui rôde, un fauve chassé de son dîner attend que vous tourniez les talons.

À Moskenes, toutes les six heures, la marée pousse d’une côte à l’autre 350 000 m3 d’eau à la seconde. C’est le Maelström.

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Il est ponctuel mais modeste. Quand le vent s'en mêle, les vagues atteignent 15 mètres formant, comme un potier, un tourbillon effrayant qui aspire les cachalots et bateaux imprudents. Si l'on en croit Jules Verne, il a au moins englouti le Nautilus et son capitaine Nemo ! 
  

Le Vestfjord serait aussi hanté par le Draugen, marin sans sépulture aux traits cadavéreux qui, par jalousie mesquine, vous emporte avec lui dans les bas-fonds.

Sur leurs pilotis entrelacés, les rorbuer de Reine semblent posés sur des tranches de tour Eiffel.

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Des claies s’échelonnent, portées à bout de bras par une forêt de madriers. Loques et pendeloques de morues y sont pendues par milliers, bruissant gibet où ballottent les poissons, telle une immense lessive de gants de cuir. De là le nom anglais stockfish, « poissons sur bâtons ». Seul le climat d’ici autorise cette momification économique, à l’air libre, la salinité dissuadant mouches et mouchettes. En mai, les séchoirs sont chargés et, le 12 juin, on fait la collecte. Entre-temps, l’huile de fois de morue est extraite dans la petite ville de Àlesund , plus au sud, la peau tannée en un cuir élégant et inattendu. « Pengene vare lukter! » plaisantent les locaux : « Notre argent a de l’odeur » .

Dans quelques semaines, la nuit polaire va s’inverser dans le midnattsol, soleil de minuit scandinave. Mais dans la courte obscurité laissée noire par l’absence de lampadaire, les rubans pétillent encore comme un crémant aux bulles fines. Plus on scrute, plus disparaît la certitude de la couleur ; non plus le vert facile des cartes postales, mais des luminescences inexprimables : celles des aurores boréales !

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Une aurore boréale, due à l’interaction entre vent solaire et magnétisme du pôle.

Nordlys, dit-on ici : Lumière du Nord. Un petit côté chauvin, comme on affirmerait « Notre lumière à nous ». Ce nord là a sa fierté !

Les Canaries ou l’éternel printemps..

Les Canaries
Les Canaries

Au large du Sahara, cet archipel déploie une invraisemblable palette de paysages, de massifs volcaniques, de villages pittoresques, composant l’un des plus beaux tableaux de la nature.

Paradoxales, les Canaries sont des îles à la fois sublimes et inquiétantes. La stupeur nous accapare dès l’approche de l’archipel Espagnol. Transperçant une mer cotonneuse de nuages, le cône parfait du Teide annonce la couleur, les merveilles qui nous attendent sont nées de furies volcaniques. Les mythes de l’antiquité racontent, eux, que ces «îles fortunées» furent modelées par des Atlandes très inspirés. Dans leur frénésie créative, les descendants de Poséidon auraient utilisé toutes les couleurs à leur disposition dans la nature pour concevoir les panoramas les plus exubérants. En effet, peu d’endroits sur la planète possèdent une telle concentration de sites exceptionnels. 

Moins portés sur ce genre de considération esthétiques, les conquistadors espagnols mirent tout le XVe siècle à prendre possession de ces sept îles dispersées à quelques 70 milles nautiques des côtes africaines. Ils les baptisèrent Canarias, non en référence au serin endogène d’un jaune flamboyant, mais à la race de chiens vifs et longilignes qui s’y était épanouie. Canis étant le mot latin pour désigner le meilleur ami de l’homme, ces «îles aux chiens» devinrent Canariae Insulae. Voilà aussi pourquoi deux dogues des Canaries figurent sur le drapeau de l’archipel. 

Toutes différentes, les unes sculptées par l’océan et les alizés, les autres par le souffle chaud du SaharaLes Canaries partagent néanmoins un atout essentiel que l’on apprécie d’emblée : un climat subtropical extraordinairement doux et régulier. S’il existe un pays du perpétuel printemps, c’est bien celui-là.

La partie la plus touristique de l’île de Tenerife est localisée au sud. On y trouve de grandes plages, les nombreux hôtels où loger et les principales attractions touristiques.  D’ailleurs nous constatons que les promoteurs et leur béton n’ont finalement touché qu’une toute petite partie de l’île. Et puisque la grande majorité des touristes s’y concentrent, il est d’autant plus facile pour nous de partir à la découverte du reste de l’île, où quelques joyaux remarquables nous attendent. 

Après avoir savouré un barraquito, le café au lait traditionnel, nous enfilons nos chaussures de marche pour s’attaquer au Teide

Le Teide (Canaries)
LE TEIDE

Impressionnés par le gigantisme de ce strato-volcan posé sur l’océan, les premiers navigateurs y voyaient le mythique Atlas soutenant la voûte céleste. Culminant à 3 718 m, son pic flamboyant émerge d’une immense caldeira aux contours chaotiques, que l’on visite aujourd’hui entre coulées de lave figées et cheminées de fées. inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, le parc national du Teide est le plus fréquenté d’Europe ! Mais Tenerife dévoile bien d’autres surprises au détour de ses routes de montagne aux lacets vertigineux. 

La moitié de son territoire est classée en zones protégées. Loin des foules de la côte sud, les parcs ruraux Anaga et Teno déclinent une gamme extravagante de paysages et comptent de nombreux sentiers de randonnée. Entre ces deux massifs primitifs, la partie nord de l’île est ponctuée de vieilles cités prestigieuses, telle La Orotava, Garrachico, et surtout La Laguna  dont l’architecture inspira celle de La Havane, à Cuba.

La Laguna aux Canaries
LA LAGUNA

Au nord-ouest de Tenerife, la coulée basaltique du Pico Viejo est à l’origine d’un dédale souterrain de 17 km. La Cueva del Viento est le plus long réseau de cavités volcaniques après celui d’HawaÏ. Cette curiosité géologique se visite à la lampe frontale sur 300 mètres.

La Cueva del Viento

Les Canaries sont à la flore mondiale ce que les Galapagos sont à la faune : un trésor inestimable. Elles comptent à elles seules plus d’espèces endémiques que tous les pays d’Europe réunis ! Désignée «réserve de biosphère » par l’Unesco, La Gomera illustre cette luxuriance

La Gomera (Canaries)
LA GOMERA

Dans l’ombre de sa grande voisine, Tenerife, cette petite île circulaire reste peu fréquentée. Il ne faut pourtant qu’une heure de ferry pour la rejoindre. Une traversée d’autant plus réjouissante qu’elle est l’occasion d’observer les baleines-pilote, les baleines à bosse et les dauphins qui séjournent là en permanence.  Les profondeurs océaniques des Canaries sont fréquentées par les globicéphales, les rorquals de Bryde,  et les cachalots. On y rencontre des colonies sédentaires et des animaux en migration. Il y a plus de 25 espèces de cétacés qui évoluent aux abords des Canaries et l’archipel est l’endroit en Europe ou on voit le plus facilement ces animaux.

On vient surtout à La Gomera pour se promener parmi ses arbres courbés sous le poids de la mousse. Sur ses hauteurs centrales hérissées de pics basaltiques, le parc national de Garajonay est un dôme de verdure perpétuellement nimbé de brumes épaisses. Cette humidité nourrit une forêt primaire de lauriers, bruyères géantes, genévriers et fougères. Une fois sortis du brouillard et de ses sortilèges, les nombreux sentiers de l’île nous proposent de dévaler les barrancos,  aménagés en terrasses. Ces étroites vallées plongent vers des rivages chargés d’histoire.

La Gomera fut, en effet, la dernière halte de Colomb avant sa découverte du Nouveau Monde. 

S’il est facile de se déplacer d’île en île en bateau, nous montons à bord d’un petit avion de la compagnie locale pour rejoindre rapidement Fuerteventura. À l’est de l’archipel, l’île de la «Bonne Aventure» doit son nom au gentilhomme normand Jean de Béthencourt qui entreprit la conquête des Canaries, mandé par le roi d’Espagne, en 1402. Son fief colonial, Betancuria, fait aujourd’hui figure d’oasis dans un environnement brûlant. 

BETANCURIA

Face aux murs aveuglants de la vieille église, le patio ombragé de la Casa Santa Maria est le cadre idéal pour faire une pause gourmande et en apprendre davantage. Fuerteventura est la plus vieille île de l’archipel. La plus aride aussi. Érodée depuis des millénaires, elle n’a plus de relief assez haut pour retenir les nuages et leur précieuse humidité. Ce squelette d’île, est poncée par les vents chauds qui y déposent le sable du Sahara tout proche. Sur la côte nord, le parc naturel de Corralejo est un véritable petit désert dont les vagues de dunes dorées ondulent à perte de vue.

le parc naturel de Corralejo 

Au total, Fuerteventura compte 150 km de plages. Un paradis pour les surfeurs ! Exposées à la houle ou protégées par des remparts naturels de roches, elles sont toutes plus photogéniques les unes que les autres.

Dans le parc naturel de Jandia, celle de Cofete, gardée seulement par quelques chèvres solitaires, est la plus longue : 15 km de sable immaculé. 

Salines del Carmen

Sur Fuerteventura, Les salines del Carmen produisent  une fleur de sel très riche en potassium. Ses propriétés résultent d’un captage original de l’écume de mer, projetée par les plus fortes vagues. Lieu de valeurs, ce site, dépourvu d’engins motorisés, se veut 100 % durable. 

L’environnement sec de Fuerteventura est propice à la culture de l’aloe vera. L’exploitation familiale et éco-responsable Verdeaurora, transforme cette plante aux facultés régénératrices en une multitude de produits cosmétiques, et même en jus à boire. 

La plus énigmatique des Canaries n’est qu’à quelques brasses des plages exubérantes de Fuerteventura. Mais sur Lanzarote, on marche sur la pointe des pieds car, ici, les volcans viennent de s’endormir. On en dénombre près de 300 sur l’île, dont une trentaine dans le parc national de Timanfaya. ▼

Le parc national de Timanfaya / Canaries
le parc national de Timanfaya.

Assoupies depuis 1824, ces «montagnes de feu» restent menaçantes. Leur visite est donc strictement encadrée. Aux abords du restaurant El Diablo, conçu par le peintre et architecte César Manrique, il suffit de mettre la main au sol pour sentir gargouiller les entrailles de la terre. Réparties sur Lanzarote et indissociables de son identité, les créations du génial Manrique se caractérisent par un souci de dialogue avec le paysage. Animé par l’ambition de préserver son île, tout en valorisant sa beauté, l’artiste local a façonné des sculptures, conçu des maisons et aménagé d’importants sites, comme le musée d’Art contemporain d’Arrecife, le monument au Paysan, le jardin de cactus, ou le belvédère Mirador del rio. ▼

le belvédère Mirador del rio.

Une oeuvre d’autant plus exceptionnelle qu’elle incita les autorités à maîtriser le développement touristique de l’île. La fondation installée dans la première demeure de Manrique est un passage obligé pour saisir son concept d’intégration de l’architecture à l’environnement.

On s’invite chez OMAR SHARIF 

Maison de Omar Sharif Lanzarote /Canaries

C’est en jouant au bridge que l’acteur égyptien aurait perdu la plus singulière maison de Lanzarote. Accrochée à la falaise, la villa LagOmar profite de cavités naturelles pour distribuer pièces, terrasses et piscines. Une réussite architecturale convertie en musée-bar-restaurant.

Tout autour, la campagne n’est que chaos : monticules de scories coupantes, failles béantes, crevasses incandescentes…..Enracinés dans cette apocalypse minérale, les habitants de Lanzarote sont des modèles de résilience. Leurs maisons blanches se dressent au milieu d’inextricables labyrinthes de lave noire. 

Leur ingéniosité a même rendu le sol fertile dans la vallée de La Geria. Abrités derrière des murets de pierre, figuiers et pieds de vigne verdoyants émergent, tel un mirage, d’un océan de cendres. Un ultime prodige auquel même les Atlandes n’avaient pas pensé !

Le climat y est toujours radieux.  Ces îles de l’éternel printemps offrent une température moyenne bien agréable de 20° !  On peut donc visiter les Canaries toute l’année, en évitant décembre et février si on veut éviter la foule et les prix élevés, mais aussi le plein été pour les mêmes raisons.

Les périodes les plus fastes, pour se rendre aux Canaries, sont le printemps et l’automne.

Dans les cascades du Haut-Giffre

Suivez-moi dans cette vallée de Haute-Savoie, au fil des histoires locales et d’une nature grandiose.

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À la question «Qui est la plus forte, l’eau ou la pierre ?», «La pierre», disent les enfants, «l’eau» répond le sage, car il sait que l’eau a pour elle la force, le mouvement de l’éternité. Cette devinette résume la vallée du Haut-Giffre. Parallèle à la vallée de l’Arve, l’industrieuse, et perpendiculaire à celle de Chamonix, la flamboyante, elle a des allures de paysage canadien, belle, sauvage, brutale et fière. Les sommets qui éperonnent le ciel culminent à 2 207 mètres pour le Criou, qui surplombe le village de Samoëns, et à près de 3 000 mètres pour le Tenneverge, à l’entrée du cirque du Fer-à-Cheval, à Sixt. Ici la roche est calcaire, l’érosion est forte, les avalanches de roches et de boue sont fréquentes. Il arrive que des drames endeuillent les hameaux, comme en 1602, lorsqu’une partie de la montage de Tête Noire s’effondra. Subsiste un oratoire en souvenir, une petite stèle de pierre grise qui, lors des éboulements successifs, a toujours été épargnée….Personne ne sait pourquoi.

Appartenant au royaume de Piémont-Sardaigne avant le rattachement de la Savoie à la France, en 1860, la vallée du Haut-Giffre fut jadis la possession des seigneurs du Faucigny. On y guerroyait, on y défrichait les forêts sous la conduite des moines pour ouvrir des pâtures, on chassait le loup et l’ours, le bouquetin et le chamois. Quand la disette menaçait, on ne rechignait pas non plus à faire un ragoût de marmottes. Il n’y a pas si longtemps, les anciens en mangeaient encore. La vie fut rude par ici, l’argent manquait, le travail aussi. Alors, on partait sur les chemins en direction des villes. On n’était jamais seul et on savait où aller. C’est que les hommes de cette vallée étaient reconnus pour savoir tailler la pierre, la choisir, l’appareiller avec goût, que ce soit pour un soubassement de grange où la flèche d’une cathédrale. Ces célèbres frahans, nom donné aux tailleurs de pierre issus de la vallée du Haut-Giffre, voyageaient dans toute l’Europe, allant de chantier en chantier, se réunissant entre eux, créant des sociétés de secours mutuel, parlant le mourmé, cette langue qui leur était propre et leur garantissait secret et mystère. Leur savoir n’est pas mort, il est juste endormi. Les travaux d’église, les oratoires, les chapelles….Leurs oeuvres se comptent par centaines du village de Mieusay à celui de Sixt.

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Samoëns

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À Samoëns, leurs empreintes sont visibles en maints endroits. En visitant ce très beau village et son jardin botanique, voulu par Marie-Louise Cognacq-Jaÿ en 1905, arrêtez-vous dans les vieilles rues du centre, regardez les encadrements de portes et de fenêtres, entrez dans l’église…Un travail magnifique où le temps passé était sans importance, seul le résultat comptait. Partout où la pierre résonnait juste et clair, il y avait des hommes pour la tailler. Jadis, il furent plusieurs centaines, il n’en reste que deux pour perpétuer la tradition.

Tout au long de cette vallée, la montagne vous accompagne, fière et bienveillante avec ceux qui savent la respecter. Nombreux sont ceux qui y ont perdu la vie pour l’avoir ignoré. À commencer par Jacques Balmat, le premier homme à avoir réussi l’ascension du mont-Blanc. À 72 ans, il est mort, un jour de 1834, sur le glacier de Ruan. Il aurait découvert un filon d’or au fond d’une crevasse et y aurait glissé. Il repose encore là-haut dans son linceul de glace.

À l’époque, beaucoup jouaient ainsi leur vie. Les chasseurs de chamois furent nombreux à trouver la mort en « dérochant » jusqu’au bas des parois, quand chamois et bouquetins réussissaient, eux, à s’échapper. Il faut aussi parler des cristalliers qui pouvaient faire fortune en un jour en découvrant un bloc de cristaux ou perdre la vie en un instant. Jadis, les cordes étaient en chanvre et, une fois mouillées et gelées, elles cassaient comme du verre. À force de drames et de deuils, on découvrit que, une fois tressée, l’ortie était plus solide parce que plus ligneuse.

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Le Giffre traverse le village de Sixt-Fer-à-Cheval

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Une fois passé le village de Sixt et son abbaye classée, il faut poursuivre la route. Se diriger vers le cirque du Fer-à-Cheval, à la fois muraille protectrice et arène à ciel ouvert. Il n’y a qu’une route à suivre jusqu’au bout, au-delà c’est l’infranchissable, sauf pour les randonneurs expérimentés. Depuis le XIXe siècle, on vient y respirer l’air des cimes, écouter les cascades, faire quelques sommets. Aujourd’hui c’est une réserve naturelle avec une faune et une flore alpestres parfois uniques. En levant les yeux, on découvre la magnifique cathédrale de pierre du Tenneverge avec la Corne du chamois. Nous sommes ici dans une verticalité absolue, autant pour le corps que pour l’esprit. Même les plus téméraires ont des frissons d’humilité face à la toute-puissance de la pierre. Dans un tel lieu, il faut prendre son temps, s’extraire du quotidien, rêver ou méditer.

Au pied du Tenneverge, le hameau du Frénalay était jadis un village étape, où l’on s’arrêtait quelques semaines à la fin du printemps pour faire paître les animaux, avant de monter en estive ; on en redescendait à la fin de l’automne. En témoignent ces chaounes où dormaient le berger, sa cheminée ouverte pour recevoir le chaudron où l’on fromageait la tomme. Aujourd’hui, les estivants viennent y écouter des légendes d’ici transmises de génération en génération. Ce sont sans doute ces morceaux d’histoire qui viennent nourrir notre imaginaire. Dans ce massif calcaire, l’eau est partout. Elle jaillit des cascades, ruisselle à l’intérieur de la roche, alimente le Giffre naissant. En plein été, tente cascades mêlent leur chants en même temps. Leurs sources sont le plus souvent connues…sauf celle de la pleureuse. Personne ne sait d’où vient son eau, c’est un mystère géologique. Pour le lac de la Vogealle, c’est une autre originalité : une fois par an , il s’assèche, on ne sait pas pourquoi.

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Là ne se termine pas le voyage. Il faut aller encore plus loin. En poursuivant à pied ver le Fond de la Combe puis jusqu’au Bout du Monde, barrière naturelle qui ferme la vallée, on découvre une nature intacte et préservée, réserve naturelle oblige. Il n’y a aucune difficulté particulière. A droite l’immense massif chapeauté par les glaciers du Ruan et celui de Prazon. À gauche une muraille ombreuse où les bouquetins viennent chercher l’ombre l’été. Il faut du temps pour les repérer mais eux vous auront vus de suite. Ils sont là, sur une paroi verticale à vous faire frémir. Eux n’ont pas peur, leurs sabots tendres et mobiles leur donnent cette adresse impressionnante. Vous êtes ici au coeur d’une nature exceptionnelle. Regardez, observez, imprégnez-vous des arômes et des parfums : fleurs, foin, écorce, résine, eau de glace… En rentrant par le sentier de Giffrenant, vous traverserez un alpage jadis exploité par les chanoines de l’abbaye de Sixt. Leurs cellules sont encore visibles. Un lieu de contemplation et de ressourcement, avec, face à vous, la montagne qui vous invite à lever les yeux…vers elle ou vers le ciel.

Zermatt la Blanche !

La station DU VALAIS SUISSE offre un domaine skiable grandiose au pied du mythique MONT CERVIN

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ZERMATT

Le Cervin est la montagne par excellence. Une montagne qui ne ressemble à aucune autre, magique, solitaire, qui s’élance d’un seul jet vers le ciel. Beaucoup y voient une pyramide, «Un obélisque triangulaire taillé au ciseau». Peut-être est-ce lié au charme exotique de son origine. Car le Cervin est africain ! Sa partie sommitale, qui culmine à 4.478 mètres d’altitude, est en effet constitué de roches cristallines qui correspondent à des fragments du socle géologique de l’Afrique, remontés à haute altitude au moment de la formation des Alpes.

Le Cervin, ou Matterhon en allemand, «est la plus grandiose créature du monde. Elle a la fascination d’une femme et la puissance d’un géant», écrivait Théophile Gautier.

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LE CERVIN

De tout temps, cette montagne pas comme les autres a aimanté les hommes. Sa face nord, réputée la plus difficile des Alpes avec celle de l’Eiger et des Grandes Jorasses, a été conquise sur le tard en 1865, soit près de 80 ans après le Mont-Blanc.

Dans la station Suisse de Zermat impossible de lui échapper où que vous soyez. On le voit partout. Le matin, il est le premier sommet à s’illuminer du rose-oranger du soleil naissant. Et dans la ville, il désigne quantité de magasins, de restaurants, d’hôtels. Son image est omniprésente : sur les forfaits de ski, sur l’emballage des chocolats Toblerone, dans le logo de la marque Ricola…Et pas uniquement en Suisse. La montagne s’affiche sur la couverture d’un album de Depeche Mode, d’un livre de Bernard Werber. Le Matterhorn Bobsleds est même une attraction de Disneyland. Bref, le Cervin, aussi unique que multiple, est incontournable à Zermatt, la station le plus réputée du Valais alémanique.

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Depuis longtemps, les skieurs ont envahi ses contreforts. 360 kilomètres de pistes se déroulent entre Rothorn et la station voisine de Valtournenche, en Italie. Partagé en trois secteurs distincts, le domaine culmine au petit Cervin (encore lui) à 3.883 mètres d’altitude et permet de skier toute l’année. Ce sommet accessible par le plus haut téléphérique d’Europe offre une vue circulaire époustouflante sur les Alpes, avec pas moins de 38 sommets de plus de 4.000 m, dont le mont Rose, le mont Viso, le Grand Paradis ou encore l’étonnant Weisshorn. De ses hauteurs se dévoile une piste de 25 kilomètres de long, là où Max Julen, l’enfant du pays, a chaussé ses premiers skis avant de devenir champion olympique du slalom géant à Sarajevo en 1984.

L’autre particularité de Zermatt c’est le très haut niveau d’équipement. Ici, on grimpe sur les pistes dans des téléphériques ou télécabines ultramodernes, mais aussi par un funiculaire souterrain ou un train à crémaillère qui monte au sommet du Gornergrat, à 3.089 m d’altitude.

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Train à crémaillère du Cornergrat

Le train à crémaillère le plus haut d’Europe en plein air transporte ses passagers 365 jours par an de la gare de Zermatt (1.620 m) au sommet du Gornergrat. Le trajet dure 33 minutes et franchit un dénivelé de 1.469 mètres. Sur 9.4 km de voie il passe par des ponts impressionnants, des galeries ainsi que des tunnels et longe des forêts de mélèzes et d’arolles, des gorges et des lacs de montagne.

Pour décrire ce que l’on ressent pendant le trajet, il faut avoir pris place soi-même dans le Gornergrat Bahn. Les chiffres suivants permettent de se faire une idée des souvenirs impérissables que laisse ce voyage:

  • 1er train à crémaillère de Suisse, depuis 1898
  • départ de la vallée, arrivée au sommet en 33 minutes
  • 365 jours par an
  • point de départ : gare de Zermatt (1620 m)
  • destination : Peak Gornergrat (3089 m)
  • différence d’altitude: 1469 m

La station ne s’est jamais endormie sur ses lauriers. Au cours des quinze dernières années, elle a investi plus de 500 millions de francs Suisses dans les remontées mécaniques et les enneigeurs. Et ce n’est pas fini. L’an prochain, il sera possible de rejoindre Zermatt et Valtournenche en passant par le petit Cervin, été comme hiver, sans même chausser les skis. De fait, les non-skieurs ont également largement de quoi occuper leur séjour. On peut y pratiquer aussi bien le parapente que le traîneau à chiens, sans oublier les balades à pied ou en raquettes. Zermatt abrite pas moins de 70 kilomètres de chemins d’hiver damés ! Mais aussi quantité de boutiques dans la rue principale ou l’on peut acheter à peu près tout ce que l’on peut trouver rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris.

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Le vieux Zermatt est composé de chalets datant pour certains du XVIe siècle.

La ville compte également un charmant quartier de vieux chalets des XVIe et XVIIIe siècles qui abrite une étonnante fontaine construite en bronze en hommage à Ulrich Inderbinen, l’homme qui a gravi le Cervin à 371 reprises. La dernière fois, il avait 90 ans.

Zermatt est souvent décrite comme une station huppée. C’est vrai que la ville abrite plusieurs palaces ou hôtels 5 étoiles. Mais il y a aussi sur place deux auberges de jeunesse, des appartements en location et des petits hôtels à des prix abordables.

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Village d’igloos

Pour le fun, en cours de séjour, il existe un village d’igloos à 2.727 mètres d’altitude où l’on peut manger et passer la nuit.

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Cork Et Kerry, en vert et pour tous !

De marchés en pubs, de paysages sauvages en vestiges gaéliques, le sud-ouest de l’Irlande se prête à toutes les envies. Sa fière culture, teintée de danse et de musique, et l’âme celtique qui perdure ajoutent une touche d’exotisme à un voyage contemplatif.

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Parfois, l’aventure est au coin de la rue. À Cork, elle commence sur l’avenue qui relie l’aéroport au cœur de la ville Irlandaise. Volant à droite et conduite à gauche ; un rond point à prendre dans le sens des aiguilles d’une montre….me voilà en panique ! Et puis doucement, la route s’apprivoise. Suffisamment pour relâcher un peu la concentration et observer le décor. Pour l’heure, les faubourgs alignent des friches, souvenirs d’un passé industriel révolu. Mais Cork est une rebelle. Depuis qu’Apple en a fait sa tête de pont pour l’Europe, levant dans son sillage une armée de geeks, elle a repris goût à la vie. Immeubles de verre reflétant avec insolence des bâtiments désaffectés ; élégantes demeures géorgiennes toisant avec arrogance de vieux pubs à la peinture écaillée. Avec le boom technologique, le Saint Patrick’s Quay qui longe la rivière Lee est devenu un joli méli-mélo architectural, comme un pied de nez à Dublin, la rivale de toujours. ▼

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CORK, un sacré CARACTÈRE

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Comme chaque matin, l’English Market s’éveille. Il n’est pas qu’un marché couvert datant de 1780, comme il est écrit sur la façade, mais, reconstruit plusieurs fois après moult incendies, il est l’âme de Cork, souvenir du XVIIIe siècle lorsque les commerçants prirent racine dans la ville située à dix kilomètres de la mer, pour profiter de l’afflux des migrants en partance pour le Nouveau monde : vestige de l’époque où les huguenots français s’installèrent dans les ruelles du French Quarter. Encore faut-il le dénicher, caché dans le coquet cœur de ville aux demeures de grès rouge, où il fait bon flâner. Tout ce qui se mange en Irlande s’y trouve : mouton, saumon fumé, boudin noir, huîtres….Même des fromages, comme le Cashel Blue qui se déguste avec des crackers : excellente mise en bouche avec le pub crawl (comprenez la « tournée de pubs »!).

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C’est au contact de ses habitants, en partageant une bière, que transpire l’âme celtique de Cork. Ici, pas de discrimination à l’entrée en fonction du look, de l’âge. À Oliver Plunkett, des groupes de rocks s’égosillent. Charlie’s Bar joue une partition plus traditionnelle. Dans sa minuscule salle, quelques musiciens chauffent l’ambiance lors d’une seisium, un concert informel. Au son des violons et des bodhran (tambours sur cadre), on se serre les coudes et on claque des mains jusqu’à plus soif. Avec son physique imposant, ses tatouages et sa barbe hirsute, Liam pourrait être joueur de football gaélique, sport national qui remplit les stades chaque week-end. Il se pratique au pied et à la main, en dribblant : un étrange mélange entre rugby, foot et basket. Ce soir, ses doigts ne jouent pas avec le ballon mais caressent le tin whistle (une flûte). À lui seul, il met le feu !

Fiers et chauvins, les habitants considèrent que Cork est la vraie capitale de l’Irlande. De là, il est facile d’explorer les charmes du sud-ouest de l’Eire. Avec son port de poche et ses maisons maquillées, Kinsale (à une vingtaine de kilomètres) est LA station balnéaire de la grande ville.

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Kinsale

Balade à vélo ou croisière avec – pour les plus chanceux – l’observation des dauphins et baleines. À Killarney, ce sont les conducteurs de calèches qui sont durs en affaires. Les attelages sont partout dans cette ville à une heure de route de Cork : ils conduisent les visiteurs jusqu’à Muckross House, qui accueillit la reine Victoria le temps d’une nuit. Si la demeure évoque la vie aristocratique au XIXe siècle, la région vaut d’abord pour ses paysages sauvages.

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Région de Killarney

Éclairé de trois lacs scintillants comme du mercure, cerné de forêts profondes et protégé par les Macgiliycuddy’s Reeks ( la plus haute chaîne de montagnes d’Irlande), le Killarney Parkle plus ancien des six parcs nationaux irlandais – ouvre ses 10 000 hectares aux activités de plein air : vélo ou kayak, golf ou pêche. Départ en calèche, balade en bateau et pique-nique sur l’île d’Innisfallen qui émerge de l’un de ses lacs, avec pour décor les ruines d’un monastère.. mon programme de la journée est délicieusement bucolique!

Killarney est aussi la ligne de départ de l’anneau de Kerry, la route panoramique qui ceinture Iveragh, l’une des cinq péninsules ( avec Dingle, Beara, Sheep’s head et Mizen Head) qui pénètrent l’Atlantique que des kilomètres, tels de longs doigts décharnés d’un sorcier. Sur ces terres tourmentées mises à mal par les crises économiques, il n’y a pas de place pour une autre couleur que celle de l’espoir. Vert sombre des forêts d’épicéas, vert jauni des bruyères ou vert tendre des pâturages. Et pourtant, la région n’est jamais monotone, perpétuellement redessinée pas les nuages qui roulent dans le ciel ; routes bordées de murets de pierre ou protégées par des « barrières » de fougères ; prés verdoyants qui dégoulinent des collines pour s’échouer dans l’océan ; falaises tourmentées et criques dorées ; moutons tondus et montages pelées, à moins que ce ne soit l’inverse !

Dopée par la douceur du Gulf Stream, la flore pousse anarchiquement sur ces terres d’abondance (rhododendrons et même palmiers), à peine dérangée par quelques villages alanguis, une poignée de châteaux médiévaux et manoirs chics.

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Bantry House

Bantry House est une élégante demeure du XVIIIe siècle plantée à l’entrée de Sheep’s head. Son parc, qui épouse la colline en sept terrasses, dévoile une vue magistrale sur la baie de Bantry.

Dans ce bout d’Irlande où le gaélique partage les panneaux routiers avec l’anglais, l’appel du large est irrésistible. Il y a foule dans le petit port de Portmagee, à l’extrémité de la péninsule d’Ivergah, pour admirer le coucher de soleil qui embrase ses maisons de poupées, rose pétard ou bleu azur. Un vrai cliché ! D’ici on peut rejoindre Skellig Michael, pyramide sauvage émergeant des flots à une dizaine de kilomètres des côtes. Frappée par les tempêtes, livrée à des nuées d’oiseaux marins, l’île classée par l’Unesco se mérite : jauge des visiteurs limitée, accostage interdit quand les flots s’agitent. Pourtant les touristes s’y bousculent depuis qu’elle servit de décor à la saga Star Wars. Oubliant parfois qu’avant Luke Skywalker, dès le VIe siècle, des moines y édifièrent d’étranges huttes en pierre sèches, auxquelles on accède par 600 marches vertigineuses.

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Skellig Michael – Ancien Monastère

Sur la péninsule de Mizen Head, on célèbre un autre héros des temps modernes. Pour inventer la télégraphie sans fil, Guglielmo Marconi (prix Nobel en 1909) arpenta ses terres. Dans le sémaphore qui surplombe l’Atlantique, terminus du voyage, une petite exposition lui rend hommage. On y accède par une passerelle qui enjambe un gouffre et offre un panorama vertigineux sur les falaises déchiquetées ▼

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Mizen Head
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Je cherche des yeux le phare accroché sur un rocher, là-bas au large. On le surnomme « la larme de l’Irlande » car, pour de nombreux migrants en partance pour l’Amérique, il fut la dernière vision de leur terre natale…

Un proverbe Irlandais dit : «Vos pieds vous mèneront là où se trouve votre coeur» Entre collines manucurées et landes parfumées, l’Irlande est une terre de randonnées.