Lofoten, un archipel sauvage et majestueux !

Sous le cri des mouettes et des cormorans, une traversée des îles les plus légendaires de la Scandinavie nous attend : les Lofoten dans leur tenue d’été.

Résultat de recherche d'images pour "lofoten"
Les îles LOFOTEN – NORVEGE

Quand le pied s’y pose après cinq heures de mer, la terre ferme chancelle. Sous la passerelle qui s’étire dans la lumière matinale, nos jambes flageolent accoutumées à contrer le roulis. Ces îles sont stables pourtant. Nous avons accosté à Svolvaer, chef lieu aux pontons sonores, aux maisons design, sur fond de monts saupoudrés de neige. Des maisons en uniforme, au garde-à-vous sur la rive : ce sont des rorbuer. Rorbuer est le pluriel de rorbu : «maisons de rameurs». Pendant huit siècles, ces chalets rouges logeaient pour quatre mois leurs vingt pêcheurs dans l’odorante promiscuité du goudron, des sueurs et des saumures. Loyers salés, tabagie lourde, chauffage aux gaz rampants, ces palaces douteux sont évincés par les bateaux d’après-guerre, assez gros pour accueillir les « rameurs ». Les rorbuer crasseux ont donc pourri, glissant planche à planche dans l’algue des baies…Jusqu’à ce retour en grâce en 1970 quant les touristes leur trouvent du cachet ! Trois coups de pinceau, et le rorbu s’offrait au routard. Aujourd’hui c’est un logement de charme.

Adossée à la rambarde blanche, notre blonde logeuse cherche dans sa poche, la clé de notre nid, la porte gémit.

Résultat de recherche d'images pour "lofoten logements de charme"

Un poêle en fonte vintage pétille. Du plancher qui grince, la femme enlève un bouchon de zinc de la taille d’une casserole : une trappe ouvre sur l’eau, clapotante et glaciale. « C’est pour pêcher ! » dit-elle en montrant ligne et hameçons sur la table de chevet : « Vous pourrez dîner sans sortir ! ». Je lui demande si ça mord parfois….? Avec une grimace espiègle, elle répond : « les mains tendres comme les vôtres ne prennent évidemment jamais rien ! »J’aime l’hospitalité rieuse des Lofoten.

Un contrée si déserte courrait à l’enlisement mental, mais les 25 000 âmes d’ici ont l’habitude de l’ailleurs : la pêche rameutait tout le Nord et, la pêche finie, on mariait précipitamment des filles aux ventres ronds, aux suaves jours de mai. Ainsi, les branches des arbres généalogiques caressent du nord au sud de la Norvège, les autres contrées scandinaves et l’Écosse, et – qui sait ? – peut-être Dieppe et Fécamp.

La route E10 alterne les rives : à tribord, la face océane et sa collante barbe à papa de brume ; à bâbord, la côté intérieure et solaire du Vestfjord. Là se perche le village de Kabelväg et son aquarium chantant le roi du cru, le skrei : morue d’élite.

Résultat de recherche d'images pour "lofoten Kabelväg morue"
Séchoir à Morue

La morue fraye ici : 2 millions d’oeufs par femelle, dont 20 seulement deviendront poissons. Père et mère sont souvent victimes de la rude habilité des pêcheurs. Jadis, des lois alambiquées déterminaient le type d’hameçon et les horaires pour limiter les rixes entre pêcheurs à la ligne, à la traîne et au filet. Le XIXe siècle a tenté de simplifier, avant que le XXe siècle n’arrive avec ses gros chaluts.

Nous repartons, doublant l’île de Skrova, où l’on harponne encore des baleines. Plus loin, Henningsvaer : le village rue, où la rue est un cheval, tend sur l’eau ses deux façades de bicoques. Une Venise en bois. Passé Leknes, nous bifurquons à droite : l’Atlantique. Les plages blanches avalent les crachats de l’écume, mousse délicate qui monte au ciel comme une neige inversée. Au loin, on distingue parfois l’aileron noir et blanc des orques, croquant les bancs de harengs de leurs dents coniques.

Nous sommes attendus sur Gimsoya, l’île suivante. Notre hôtesse a déjà sellé nos chevaux islandais. Petits, noirs, simples.

C’est avec eux que les Vikings ont galopé sur le monde. Ceux-ci ont leur musée à Lofotr, dans cette longue maison de chef reconstituée où s’affairent les figurants en costume, cuisinant, sculptant et tissant selon les techniques perdues des rois de la mer.

Pour renouer avec un passé plus récent, nous regagnons Vestfjord. Une route mince serpente jusqu’au Nusfjord. conservatoire de la maison des Lofoten : le rouge des murs était obtenu en touillant huile de fois et sang de morue. Les toits de tourbe isolent de l’hiver et, aux beaux jours, se mettent à verdir. Autour, le vent chahute les touffes de lupins. Là-haut sur les montagnes, les derniers névés se fondent en cascades dans la sphaigne humide. L’eau reste pétrifiée par le froid qui rôde, un fauve chassé de son dîner attend que vous tourniez les talons.

À Moskenes, toutes les six heures, la marée pousse d’une côte à l’autre 350 000 m3 d’eau à la seconde. C’est le Maelström.

Résultat de recherche d'images pour "maelström"
Il est ponctuel mais modeste. Quand le vent s'en mêle, les vagues atteignent 15 mètres formant, comme un potier, un tourbillon effrayant qui aspire les cachalots et bateaux imprudents. Si l'on en croit Jules Verne, il a au moins englouti le Nautilus et son capitaine Nemo ! 
  

Le Vestfjord serait aussi hanté par le Draugen, marin sans sépulture aux traits cadavéreux qui, par jalousie mesquine, vous emporte avec lui dans les bas-fonds.

Sur leurs pilotis entrelacés, les rorbuer de Reine semblent posés sur des tranches de tour Eiffel.

Résultat de recherche d'images pour "les rorbuer Moskenes"

Des claies s’échelonnent, portées à bout de bras par une forêt de madriers. Loques et pendeloques de morues y sont pendues par milliers, bruissant gibet où ballottent les poissons, telle une immense lessive de gants de cuir. De là le nom anglais stockfish, « poissons sur bâtons ». Seul le climat d’ici autorise cette momification économique, à l’air libre, la salinité dissuadant mouches et mouchettes. En mai, les séchoirs sont chargés et, le 12 juin, on fait la collecte. Entre-temps, l’huile de fois de morue est extraite dans la petite ville de Àlesund , plus au sud, la peau tannée en un cuir élégant et inattendu. « Pengene vare lukter! » plaisantent les locaux : « Notre argent a de l’odeur » .

Dans quelques semaines, la nuit polaire va s’inverser dans le midnattsol, soleil de minuit scandinave. Mais dans la courte obscurité laissée noire par l’absence de lampadaire, les rubans pétillent encore comme un crémant aux bulles fines. Plus on scrute, plus disparaît la certitude de la couleur ; non plus le vert facile des cartes postales, mais des luminescences inexprimables : celles des aurores boréales !

Résultat de recherche d'images pour "norvege aurore boréale"
Une aurore boréale, due à l’interaction entre vent solaire et magnétisme du pôle.

Nordlys, dit-on ici : Lumière du Nord. Un petit côté chauvin, comme on affirmerait « Notre lumière à nous ». Ce nord là a sa fierté !

Les Canaries ou l’éternel printemps..

Les Canaries
Les Canaries

Au large du Sahara, cet archipel déploie une invraisemblable palette de paysages, de massifs volcaniques, de villages pittoresques, composant l’un des plus beaux tableaux de la nature.

Paradoxales, les Canaries sont des îles à la fois sublimes et inquiétantes. La stupeur nous accapare dès l’approche de l’archipel Espagnol. Transperçant une mer cotonneuse de nuages, le cône parfait du Teide annonce la couleur, les merveilles qui nous attendent sont nées de furies volcaniques. Les mythes de l’antiquité racontent, eux, que ces «îles fortunées» furent modelées par des Atlandes très inspirés. Dans leur frénésie créative, les descendants de Poséidon auraient utilisé toutes les couleurs à leur disposition dans la nature pour concevoir les panoramas les plus exubérants. En effet, peu d’endroits sur la planète possèdent une telle concentration de sites exceptionnels. 

Moins portés sur ce genre de considération esthétiques, les conquistadors espagnols mirent tout le XVe siècle à prendre possession de ces sept îles dispersées à quelques 70 milles nautiques des côtes africaines. Ils les baptisèrent Canarias, non en référence au serin endogène d’un jaune flamboyant, mais à la race de chiens vifs et longilignes qui s’y était épanouie. Canis étant le mot latin pour désigner le meilleur ami de l’homme, ces «îles aux chiens» devinrent Canariae Insulae. Voilà aussi pourquoi deux dogues des Canaries figurent sur le drapeau de l’archipel. 

Toutes différentes, les unes sculptées par l’océan et les alizés, les autres par le souffle chaud du SaharaLes Canaries partagent néanmoins un atout essentiel que l’on apprécie d’emblée : un climat subtropical extraordinairement doux et régulier. S’il existe un pays du perpétuel printemps, c’est bien celui-là.

La partie la plus touristique de l’île de Tenerife est localisée au sud. On y trouve de grandes plages, les nombreux hôtels où loger et les principales attractions touristiques.  D’ailleurs nous constatons que les promoteurs et leur béton n’ont finalement touché qu’une toute petite partie de l’île. Et puisque la grande majorité des touristes s’y concentrent, il est d’autant plus facile pour nous de partir à la découverte du reste de l’île, où quelques joyaux remarquables nous attendent. 

Après avoir savouré un barraquito, le café au lait traditionnel, nous enfilons nos chaussures de marche pour s’attaquer au Teide

Le Teide (Canaries)
LE TEIDE

Impressionnés par le gigantisme de ce strato-volcan posé sur l’océan, les premiers navigateurs y voyaient le mythique Atlas soutenant la voûte céleste. Culminant à 3 718 m, son pic flamboyant émerge d’une immense caldeira aux contours chaotiques, que l’on visite aujourd’hui entre coulées de lave figées et cheminées de fées. inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, le parc national du Teide est le plus fréquenté d’Europe ! Mais Tenerife dévoile bien d’autres surprises au détour de ses routes de montagne aux lacets vertigineux. 

La moitié de son territoire est classée en zones protégées. Loin des foules de la côte sud, les parcs ruraux Anaga et Teno déclinent une gamme extravagante de paysages et comptent de nombreux sentiers de randonnée. Entre ces deux massifs primitifs, la partie nord de l’île est ponctuée de vieilles cités prestigieuses, telle La Orotava, Garrachico, et surtout La Laguna  dont l’architecture inspira celle de La Havane, à Cuba.

La Laguna aux Canaries
LA LAGUNA

Au nord-ouest de Tenerife, la coulée basaltique du Pico Viejo est à l’origine d’un dédale souterrain de 17 km. La Cueva del Viento est le plus long réseau de cavités volcaniques après celui d’HawaÏ. Cette curiosité géologique se visite à la lampe frontale sur 300 mètres.

La Cueva del Viento

Les Canaries sont à la flore mondiale ce que les Galapagos sont à la faune : un trésor inestimable. Elles comptent à elles seules plus d’espèces endémiques que tous les pays d’Europe réunis ! Désignée «réserve de biosphère » par l’Unesco, La Gomera illustre cette luxuriance

La Gomera (Canaries)
LA GOMERA

Dans l’ombre de sa grande voisine, Tenerife, cette petite île circulaire reste peu fréquentée. Il ne faut pourtant qu’une heure de ferry pour la rejoindre. Une traversée d’autant plus réjouissante qu’elle est l’occasion d’observer les baleines-pilote, les baleines à bosse et les dauphins qui séjournent là en permanence.  Les profondeurs océaniques des Canaries sont fréquentées par les globicéphales, les rorquals de Bryde,  et les cachalots. On y rencontre des colonies sédentaires et des animaux en migration. Il y a plus de 25 espèces de cétacés qui évoluent aux abords des Canaries et l’archipel est l’endroit en Europe ou on voit le plus facilement ces animaux.

On vient surtout à La Gomera pour se promener parmi ses arbres courbés sous le poids de la mousse. Sur ses hauteurs centrales hérissées de pics basaltiques, le parc national de Garajonay est un dôme de verdure perpétuellement nimbé de brumes épaisses. Cette humidité nourrit une forêt primaire de lauriers, bruyères géantes, genévriers et fougères. Une fois sortis du brouillard et de ses sortilèges, les nombreux sentiers de l’île nous proposent de dévaler les barrancos,  aménagés en terrasses. Ces étroites vallées plongent vers des rivages chargés d’histoire.

La Gomera fut, en effet, la dernière halte de Colomb avant sa découverte du Nouveau Monde. 

S’il est facile de se déplacer d’île en île en bateau, nous montons à bord d’un petit avion de la compagnie locale pour rejoindre rapidement Fuerteventura. À l’est de l’archipel, l’île de la «Bonne Aventure» doit son nom au gentilhomme normand Jean de Béthencourt qui entreprit la conquête des Canaries, mandé par le roi d’Espagne, en 1402. Son fief colonial, Betancuria, fait aujourd’hui figure d’oasis dans un environnement brûlant. 

BETANCURIA

Face aux murs aveuglants de la vieille église, le patio ombragé de la Casa Santa Maria est le cadre idéal pour faire une pause gourmande et en apprendre davantage. Fuerteventura est la plus vieille île de l’archipel. La plus aride aussi. Érodée depuis des millénaires, elle n’a plus de relief assez haut pour retenir les nuages et leur précieuse humidité. Ce squelette d’île, est poncée par les vents chauds qui y déposent le sable du Sahara tout proche. Sur la côte nord, le parc naturel de Corralejo est un véritable petit désert dont les vagues de dunes dorées ondulent à perte de vue.

le parc naturel de Corralejo 

Au total, Fuerteventura compte 150 km de plages. Un paradis pour les surfeurs ! Exposées à la houle ou protégées par des remparts naturels de roches, elles sont toutes plus photogéniques les unes que les autres.

Dans le parc naturel de Jandia, celle de Cofete, gardée seulement par quelques chèvres solitaires, est la plus longue : 15 km de sable immaculé. 

Salines del Carmen

Sur Fuerteventura, Les salines del Carmen produisent  une fleur de sel très riche en potassium. Ses propriétés résultent d’un captage original de l’écume de mer, projetée par les plus fortes vagues. Lieu de valeurs, ce site, dépourvu d’engins motorisés, se veut 100 % durable. 

L’environnement sec de Fuerteventura est propice à la culture de l’aloe vera. L’exploitation familiale et éco-responsable Verdeaurora, transforme cette plante aux facultés régénératrices en une multitude de produits cosmétiques, et même en jus à boire. 

La plus énigmatique des Canaries n’est qu’à quelques brasses des plages exubérantes de Fuerteventura. Mais sur Lanzarote, on marche sur la pointe des pieds car, ici, les volcans viennent de s’endormir. On en dénombre près de 300 sur l’île, dont une trentaine dans le parc national de Timanfaya. ▼

Le parc national de Timanfaya / Canaries
le parc national de Timanfaya.

Assoupies depuis 1824, ces «montagnes de feu» restent menaçantes. Leur visite est donc strictement encadrée. Aux abords du restaurant El Diablo, conçu par le peintre et architecte César Manrique, il suffit de mettre la main au sol pour sentir gargouiller les entrailles de la terre. Réparties sur Lanzarote et indissociables de son identité, les créations du génial Manrique se caractérisent par un souci de dialogue avec le paysage. Animé par l’ambition de préserver son île, tout en valorisant sa beauté, l’artiste local a façonné des sculptures, conçu des maisons et aménagé d’importants sites, comme le musée d’Art contemporain d’Arrecife, le monument au Paysan, le jardin de cactus, ou le belvédère Mirador del rio. ▼

le belvédère Mirador del rio.

Une oeuvre d’autant plus exceptionnelle qu’elle incita les autorités à maîtriser le développement touristique de l’île. La fondation installée dans la première demeure de Manrique est un passage obligé pour saisir son concept d’intégration de l’architecture à l’environnement.

On s’invite chez OMAR SHARIF 

Maison de Omar Sharif Lanzarote /Canaries

C’est en jouant au bridge que l’acteur égyptien aurait perdu la plus singulière maison de Lanzarote. Accrochée à la falaise, la villa LagOmar profite de cavités naturelles pour distribuer pièces, terrasses et piscines. Une réussite architecturale convertie en musée-bar-restaurant.

Tout autour, la campagne n’est que chaos : monticules de scories coupantes, failles béantes, crevasses incandescentes…..Enracinés dans cette apocalypse minérale, les habitants de Lanzarote sont des modèles de résilience. Leurs maisons blanches se dressent au milieu d’inextricables labyrinthes de lave noire. 

Leur ingéniosité a même rendu le sol fertile dans la vallée de La Geria. Abrités derrière des murets de pierre, figuiers et pieds de vigne verdoyants émergent, tel un mirage, d’un océan de cendres. Un ultime prodige auquel même les Atlandes n’avaient pas pensé !

Le climat y est toujours radieux.  Ces îles de l’éternel printemps offrent une température moyenne bien agréable de 20° !  On peut donc visiter les Canaries toute l’année, en évitant décembre et février si on veut éviter la foule et les prix élevés, mais aussi le plein été pour les mêmes raisons.

Les périodes les plus fastes, pour se rendre aux Canaries, sont le printemps et l’automne.

La Colombie est un pays fabuleux !

En 2016, la fin de la guérilla avec les Farc a confirmé l’ouverture enthousiaste du pays au tourisme. Bienvenue dans un nouvel Eldorado entre Andes et Caraïbes.

Non, ce n’est pas dangereux de voyager en Colombie

Les deux décennies 80 et 90 ont été particulièrement sombres pour la Colombie, entre trafic de drogue et conflit intérieur. Certaines régions splendides, jusqu’alors déconseillées, sont désormais ouvertes. Les villes à la réputation autrefois sulfureuse, Medellin ou Bogota, ont depuis 15 ans mis en œuvre de profondes mutations sociales.

Carthagène et la côte caraïbe ▼

Top 7 Kreuzfahrt Ausflüge in Cartagena de Indias ab 44€ | Meine Landausflüge

C’est la perle du pays et presque une bulle à part. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, Carthagène des Indes (pour la distinguer de son homonyme espagnol) est un remarquable exemple d’architecture coloniale. Après une longue léthargie, le cœur historique revit. Fondée en 1533, sur trois îles marécageuses, la ville garde 12 km de remparts. L’or des Andes pillé par les conquistadors affluait ici avant d’être embarqué pour l’Espagne, tandis qu’arrivaient les esclaves africains. D’où la richesse des grandes demeures parées de calcaire marin et dotées de massives portes cloutées à heurtoir. Les crépis colorés ont retrouvé leur pimpant alors que les balcons débordent de bougainvillées.

Getsemani, Histoire et Street Art à Cartagena / Voyage en Colombie

La prospérité a gagné le quartier voisin de Getsemani, plus modeste. Truffé de boutiques artisanales, de petits restaurants et de terrasses, il vibre encore le dimanche soir, comme si le week-end ne devait jamais s’arrêter.

Les colombiens aiment faire la fête en toute occasion, qu’ils trinquent au rhum ou à l’aguardiente dans un restaurant, qu’ils dansent la Salsa ou qu’ils jouent du Tambour.

Le quartier de la Boquilla s’ouvre aussi aux visiteurs qui viennent se balader dans la mangrove, pêcher le crabe au casier ou s’initier au tambour avec des locaux toujours disponibles et enjoués. La presqu’île de Baru et les îles du Rosaire, à une heure de bateau de Carthagène, offrent une délicieuse journée de farniente, en particulier pour les plongeurs.

Au cœur des cordillères andines

Circuit en Colombie : La Colombie sans concession - Nomade Aventure
Les Palmiers de cire

La cordillère des Andes se divise en trois grandes branches. Elles entaillent l’ouest du pays, nécessitant de nombreux aéroports pour passer de l’une à l’autre. 80% de la population y vit, profitant d’un climat clément et de terres fertiles. Le pic Cristobal Colon – en hommage au navigateur Christophe Colomb – culmine au nord, à 5 775 mètres, c’est le cinquième plus haut sommet au monde suivi par de nombreux hauts sommets. Les 3 000 mètres s’atteignent sans problème – Il est situé dans le parc national de la Sierra Nevada de Santa Marta.   la capitale Bogota, se trouve sur un plateau, à 2 640 mètres. À cette hauteur, dans la vallée de San Félix ou celle de Cocora, s’élancent de curieux palmiers de cire, nommés ainsi pour leur couche protectrice. Symboles menacés du pays, ils cumulent les records, tant pour leur taille (jusqu’à 60 mètres) que pour l’altitude où ils poussent. Tous les végétaux s’acclimatent selon l’altitude et donc la température : fleurs, légumes, céréales et tubercules de toutes sortes, fruits tropicaux… Ils font des marchés une explosion de couleurs et de saveurs. Mais le roi des pentes abruptes, entre 1 000 et 2 000 mètres, c’est le café.

Café de COLOMBIE Région Huila , Torrefaction de cafe, Pamiers

Une vaste région lui est dédiée, dont le cœur se trouve vers Manizales, Pereira et Armenia. L’arabica est cueilli à la main, tout au long de l’année, et séché dans des petites fincas ou des haciendas, avant d’être porté dans des coopératives comme à Salamina.

La récolte du café connaît des pics en avril/mai et octobre/novembre.

Une capitale et un pays optimistes

Colombie - Bogota, 2 600 mètres plus près des Étoiles | Le Magazine du  Voyage Autrement
Bogota – la place Bolivar –

Les touristes français ont été pionniers, arrivant à Bogota à la fin des années 2 000. À juste titre : depuis six ans, les agences réceptives se multiplient, et les visiteurs aussi. Un symbole parmi d’autres : auparavant, le meilleur café était exporté et on se contentait d’un jus insipide et ultra-sucré. Désormais, les bars de connaisseurs mettent en avant sa provenance, des quarante parfums et servent des expressos !

L’accord de paix entre le gouvernement et la guérilla des Farc, signé en septembre 2016, suivi de leur désarmement, entérine un tournant majeur après des décennies de luttes internes. L’ex-trafiquant Pablo Escobar n’a plus rien d’un modèle…contrairement à la chanteuse Shakira. Medellin, la deuxième ville du pays, naguère connue pour son cartel de la drogue, se distingue aujourd’hui par ses transports en commun et son innovation économique. Les jeunes cessent d’être vigiles ou infirmières pour se lancer dans l’hôtellerie ou l’artisanat, et fréquentent assidûment les boites à salsa. Bogota et ses 9 millions d’habitants connaît les disparités des mégalopoles d’Amérique latine. Fondée en 1538 sur une ville d’Indiens Chibchas, la capitale fut modelée par des architectes andalous autour de la place Bolivar.

Circuit de 18 jours en Colombie : Version Charme et Luxe
Quartier de la Candelaria à Bogota

En cours de réhabilitation, le quartier central et pentu de la Candelaria se prête à la promenade au milieu des façades acidulées et des panneaux de graffiti imagés – les graffitis du quartier de la Candelaria à Bogota, sont tolérés voire financés par la municipalité ! – l’altitude oblige à ralentir le pas pour grimper les ruelles – Quant à l’exotisme, il éclate aussi bien sur les grands retables dorés coloniaux qu’au marché de Paloquemao.

Medellin et l’art de la volupté

Medellín est une destination remplie de culture, d’innovation et d’histoire. Une ville enchanteresse grâce à ses paysages montagneux impressionnants, l’amabilité de ses habitants et son climat agréable qui lui confère le titre de « la ville du printemps éternel ». C’est ici que Fernando Botero est né en 1932. Il s’inspire de l’art précolombien et de la Renaissance, créant des personnages aux formes très rondes, sur la toile ou en bronze. 23 statues parsèment la place Botero dans sa ville natale. C’est un endroit parfait pour se promener et profiter des palmiers et du ciel bleu de la ville qui vont de pair avec l’art.

Voyage à Medellin, ville de l'éternel printemps - Colombie
Musée d’Antioquia – Medellin – Sculpture de Fernando Botero –

Le Musée d’Antioquia est l’un des musées les plus célèbres de Colombie  et une des attractions touristiques importantes de ce pays. Dans le musée, il y a plusieurs salles comprenant des œuvres de plusieurs artistes internationaux, mais les plus célèbres sont celles remplies de collections de peintures et sculptures de l’artiste populaire colombien Fernando Botero, qui dispose de plus de 100 œuvres dans le musée. 

Rep. Fernando Botero 40 x 50cm étiré peinture huile toile art décoration  m042 | eBay

Les œuvres de Botero contiennent de nombreuses références à sa propre culture, et dans un style unique, elles remettent en question le concept de la beauté dans notre siècle. Botero se fige parfois sur les scènes  de la vie quotidienne des Colombiens – souvent des scènes dramatiques dans la rue, où un individu est poursuivi par un policier dans l’indifférence totale, ou comme dans le suicide,  un homme désespéré se défenestre.   Et, bien sûr, il y a des moments de divertissement, où les couples dansent dans une salle de danse. L’un des éléments qui caractérisent le mieux les tableaux de Botero est sa capacité à combiner  la culture latino-américaine, nourrie par son penchant pour l’hyperbole et le fantastique,  avec celle de l’Europe d’une manière exceptionnelle.

Quelques merveilles naturelles

Grande comme deux fois la France, mêlant tous les écosystèmes – en particulier, la forêt amazonienne (un tiers de son territoire) – la Colombie a un énorme potentiel en matière d’écotourisme. Il ne reste qu’à le développer !

La plus belle rivière du monde coule dans le parc national de la Serrania de la Macarena, une chaîne montagneuse au centre du pays.

Caño cristales, la plus belle rivière du monde
Le ruisseau des cristaux – parc national de la Serrania de la Macarena –

Parsemé de cascades, le Cano Cristales (ruisseau des cristaux) se colore de jaune, vert, bleu, noir et surtout de rouge, grâce à une plante aquatique qui transparaît dans ses eaux limpides. Les couleurs changent en fonction de la saison. Pas moins de 420 espèces d’oiseaux ont été recensées dans le seul parc de la Serrania de la Macarena, sans parler des amphibiens, des reptiles ou des primates. L’ours andin, le puma, le colibri ou le condor figurent parmi les stars du pays, tout comme la baleine à bosse qui se reproduit de juillet à octobre sur la côte du Pacifique. Le sous-sol du pays n’est pas en reste. Les mines de sel de Zipaquira, au nord de Bogota, ont été reconverties en une immense cathédrale. Et, si l’on évite la contrefaçon au marché noir, les émeraudes sont le plus étincelant des souvenirs.  « le seul risque d’un voyage en Colombie, c’est de ne plus vouloir en repartir ».

Dans les cascades du Haut-Giffre

Suivez-moi dans cette vallée de Haute-Savoie, au fil des histoires locales et d’une nature grandiose.

Résultat de recherche d'images pour "Les cascades du haut giffre"

À la question «Qui est la plus forte, l’eau ou la pierre ?», «La pierre», disent les enfants, «l’eau» répond le sage, car il sait que l’eau a pour elle la force, le mouvement de l’éternité. Cette devinette résume la vallée du Haut-Giffre. Parallèle à la vallée de l’Arve, l’industrieuse, et perpendiculaire à celle de Chamonix, la flamboyante, elle a des allures de paysage canadien, belle, sauvage, brutale et fière. Les sommets qui éperonnent le ciel culminent à 2 207 mètres pour le Criou, qui surplombe le village de Samoëns, et à près de 3 000 mètres pour le Tenneverge, à l’entrée du cirque du Fer-à-Cheval, à Sixt. Ici la roche est calcaire, l’érosion est forte, les avalanches de roches et de boue sont fréquentes. Il arrive que des drames endeuillent les hameaux, comme en 1602, lorsqu’une partie de la montage de Tête Noire s’effondra. Subsiste un oratoire en souvenir, une petite stèle de pierre grise qui, lors des éboulements successifs, a toujours été épargnée….Personne ne sait pourquoi.

Appartenant au royaume de Piémont-Sardaigne avant le rattachement de la Savoie à la France, en 1860, la vallée du Haut-Giffre fut jadis la possession des seigneurs du Faucigny. On y guerroyait, on y défrichait les forêts sous la conduite des moines pour ouvrir des pâtures, on chassait le loup et l’ours, le bouquetin et le chamois. Quand la disette menaçait, on ne rechignait pas non plus à faire un ragoût de marmottes. Il n’y a pas si longtemps, les anciens en mangeaient encore. La vie fut rude par ici, l’argent manquait, le travail aussi. Alors, on partait sur les chemins en direction des villes. On n’était jamais seul et on savait où aller. C’est que les hommes de cette vallée étaient reconnus pour savoir tailler la pierre, la choisir, l’appareiller avec goût, que ce soit pour un soubassement de grange où la flèche d’une cathédrale. Ces célèbres frahans, nom donné aux tailleurs de pierre issus de la vallée du Haut-Giffre, voyageaient dans toute l’Europe, allant de chantier en chantier, se réunissant entre eux, créant des sociétés de secours mutuel, parlant le mourmé, cette langue qui leur était propre et leur garantissait secret et mystère. Leur savoir n’est pas mort, il est juste endormi. Les travaux d’église, les oratoires, les chapelles….Leurs oeuvres se comptent par centaines du village de Mieusay à celui de Sixt.

Résultat de recherche d'images pour "Samoëns"
Samoëns

Résultat de recherche d'images pour "Samoëns"

À Samoëns, leurs empreintes sont visibles en maints endroits. En visitant ce très beau village et son jardin botanique, voulu par Marie-Louise Cognacq-Jaÿ en 1905, arrêtez-vous dans les vieilles rues du centre, regardez les encadrements de portes et de fenêtres, entrez dans l’église…Un travail magnifique où le temps passé était sans importance, seul le résultat comptait. Partout où la pierre résonnait juste et clair, il y avait des hommes pour la tailler. Jadis, il furent plusieurs centaines, il n’en reste que deux pour perpétuer la tradition.

Tout au long de cette vallée, la montagne vous accompagne, fière et bienveillante avec ceux qui savent la respecter. Nombreux sont ceux qui y ont perdu la vie pour l’avoir ignoré. À commencer par Jacques Balmat, le premier homme à avoir réussi l’ascension du mont-Blanc. À 72 ans, il est mort, un jour de 1834, sur le glacier de Ruan. Il aurait découvert un filon d’or au fond d’une crevasse et y aurait glissé. Il repose encore là-haut dans son linceul de glace.

À l’époque, beaucoup jouaient ainsi leur vie. Les chasseurs de chamois furent nombreux à trouver la mort en « dérochant » jusqu’au bas des parois, quand chamois et bouquetins réussissaient, eux, à s’échapper. Il faut aussi parler des cristalliers qui pouvaient faire fortune en un jour en découvrant un bloc de cristaux ou perdre la vie en un instant. Jadis, les cordes étaient en chanvre et, une fois mouillées et gelées, elles cassaient comme du verre. À force de drames et de deuils, on découvrit que, une fois tressée, l’ortie était plus solide parce que plus ligneuse.

Résultat de recherche d'images pour "haute savoie Sixt fer à cheval"
Le Giffre traverse le village de Sixt-Fer-à-Cheval

Résultat de recherche d'images pour "haute savoie Tanneverge"

Une fois passé le village de Sixt et son abbaye classée, il faut poursuivre la route. Se diriger vers le cirque du Fer-à-Cheval, à la fois muraille protectrice et arène à ciel ouvert. Il n’y a qu’une route à suivre jusqu’au bout, au-delà c’est l’infranchissable, sauf pour les randonneurs expérimentés. Depuis le XIXe siècle, on vient y respirer l’air des cimes, écouter les cascades, faire quelques sommets. Aujourd’hui c’est une réserve naturelle avec une faune et une flore alpestres parfois uniques. En levant les yeux, on découvre la magnifique cathédrale de pierre du Tenneverge avec la Corne du chamois. Nous sommes ici dans une verticalité absolue, autant pour le corps que pour l’esprit. Même les plus téméraires ont des frissons d’humilité face à la toute-puissance de la pierre. Dans un tel lieu, il faut prendre son temps, s’extraire du quotidien, rêver ou méditer.

Au pied du Tenneverge, le hameau du Frénalay était jadis un village étape, où l’on s’arrêtait quelques semaines à la fin du printemps pour faire paître les animaux, avant de monter en estive ; on en redescendait à la fin de l’automne. En témoignent ces chaounes où dormaient le berger, sa cheminée ouverte pour recevoir le chaudron où l’on fromageait la tomme. Aujourd’hui, les estivants viennent y écouter des légendes d’ici transmises de génération en génération. Ce sont sans doute ces morceaux d’histoire qui viennent nourrir notre imaginaire. Dans ce massif calcaire, l’eau est partout. Elle jaillit des cascades, ruisselle à l’intérieur de la roche, alimente le Giffre naissant. En plein été, tente cascades mêlent leur chants en même temps. Leurs sources sont le plus souvent connues…sauf celle de la pleureuse. Personne ne sait d’où vient son eau, c’est un mystère géologique. Pour le lac de la Vogealle, c’est une autre originalité : une fois par an , il s’assèche, on ne sait pas pourquoi.

Résultat de recherche d'images pour "haute savoie bout du monde haut giffre"

Résultat de recherche d'images pour "les bouquetins du haut giffre"

Là ne se termine pas le voyage. Il faut aller encore plus loin. En poursuivant à pied ver le Fond de la Combe puis jusqu’au Bout du Monde, barrière naturelle qui ferme la vallée, on découvre une nature intacte et préservée, réserve naturelle oblige. Il n’y a aucune difficulté particulière. A droite l’immense massif chapeauté par les glaciers du Ruan et celui de Prazon. À gauche une muraille ombreuse où les bouquetins viennent chercher l’ombre l’été. Il faut du temps pour les repérer mais eux vous auront vus de suite. Ils sont là, sur une paroi verticale à vous faire frémir. Eux n’ont pas peur, leurs sabots tendres et mobiles leur donnent cette adresse impressionnante. Vous êtes ici au coeur d’une nature exceptionnelle. Regardez, observez, imprégnez-vous des arômes et des parfums : fleurs, foin, écorce, résine, eau de glace… En rentrant par le sentier de Giffrenant, vous traverserez un alpage jadis exploité par les chanoines de l’abbaye de Sixt. Leurs cellules sont encore visibles. Un lieu de contemplation et de ressourcement, avec, face à vous, la montagne qui vous invite à lever les yeux…vers elle ou vers le ciel.

Qui a construit STONEHENGE ?

Le plus célèbre monument mégalithique du monde, situé en Angleterre, n’a pas encore livré tous ses secrets ….

Une structure préhistorique "unique" découverte près du site de Stonehenge  en Angleterre
Stonehenge
Carte brodée de Stonehenge par Mamigoz - Chez Mamigoz

C’est quoi ce cercle de pierres ?

Ils montent la garde, balayés par les vents froids de Salisbury, à 140 km au sud-ouest de Londres, en Angleterre. 76 géants de pierre dressés sur la vaste plaine, dont un cercle composé de 30 pierres surmontés de linteaux : Les Trilithes. C’est l’image de ces majestueux portiques qui nous vient à l’esprit quand on évoque Stonehenge. Certains pèsent plus de 40 tonnes et culminent à près de 7 mètres. En réalité, Stonehenge, ce n’est pas un cercle de pierres, mais quatre ! la construction de cet incroyable monument a débuté il y a plus de 5 000 ans, bien avant la construction des pyramides d’Égypte, et s’est étalée sur près de 1 000 ans. On distingue en général trois phases. Les premiers bâtisseurs arrivent vers – 3 000 – Dans le sol calcaire, ils creusent un fossé marquant un cercle de 114 mètres de diamètre, entouré d’un talus. À l’intérieur, bordant le pourtour, ils matérialisent 56 trous. Nommés trous d’Aubrey, ils sont très vraisemblablement abrités de poteaux de bois, aujourd’hui disparus. Plus tard, entre – 2 400 et – 2 300, des hommes construisent une structure en forme de double fer à cheval composée d’environ 80 pierres bleues. Enfin, vers – 2 000, les nouveaux occupants dressent, au centre du cercle, les immenses trilithes en sarsen, un grès de la région, que nous connaissons aujourd’hui.

Stonehenge est une folie architecturale, un délire de taille XXL, qui déroute quand on son qu’elle a vu le jour il y a quarante à cinquante siècles. Les mégalithes, ces monuments constitués d’une ou plusieurs pierres de grandes dimensions, ont été érigés par des hommes préhistoriques sans l’aide de mortier pour fixer la structure. Nous sommes alors en plein néolithique, les hommes sont déjà passés de l’état de chasseur-cueilleurs nomades à celui d’agriculteurs sédentaires. La vie est dure. Les archéologues estiment qu’une population néolithique peut, au mieux, espérer dégager un surplus de production de 5% par rapport à ses besoins vitaux. Qu’ils triment dans les champs où qu’ils soignent leurs bêtes, la majeure partie de leur vie devait donc être tournée vers la production de ressources alimentaires. «Chaque année, la population, ne pouvait consacrer qu’une vingtaine de jours à une activité non productive» avance le préhistorien Charles-Tanguy Le Roux, aux cahiers Science et Vie, en mars 2008. Ce qui ne laisse pas beaucoup de temps disponible pour se consacrer «aux grands travaux», comme les pierres dressées de Stonehenge. Conclusion : il fallait une autorité très forte pour mobiliser des centaines de personnes sur de tels chantiers. Les spécialistes du mégalithisme pensent en effet que la construction d’un seul cairn (un gigantesque amoncellement de pierres) nécessitait entre 7 000 et 30 000 journées de travail, en fonction de sa taille ! «Des défis colossaux, qui correspondent sans doute à la volonté de démontrer la puissance de ceux qui ordonnaient cette construction», estime Chris Scarre, professeur d’archéologie à l’université de Durham, au Royaume-Uni.

Énigmes Archéologiques - (page 5) - Frawsy

Comment des paysans de la préhistoire ont-ils pu tracter des pierres géantes sur 30 kilomètres ?

C’est un exploit herculéen si l’on songe qu’ils travaillaient sans roue ni appareil de levage moderne ! Vers – 2000, les bâtisseurs seraient allés chercher les lourds blocs de sarsen, un grès plus dur que le granite, dans les Marlborough Downs, situés à plus de 30 km du site. Or, le poids moyen des monolithes en sarsen est de 25 tonnes, le plus massif pesant 50 tonnes ! Ce détail n’a pourtant pas arrêté les ingénieurs du néolithique : on suppose que les monolithes ont été tractés sur des traîneaux graissés ou des rondins géants, par des centaines d’hommes. Des ouvriers qui tiraient de toutes leurs forces sur des cordes en fibres naturelles (chanvre, racines de lierre) selon un axe déterminé par des poutres parallèles posées au sol. La méthode n’est pas spécifique au site anglais, et paraît valide pour des pierres encore plus lourdes, comme le grand menhir brisé d’Er Grah à Locmariaquer, en Bretagne : un monolithe pesant 280 tonnes – 10 fois plus lourd que les grès de Stonehenge – et traîné sur plus de 10 km. Chapeau, les ancêtres ! Mais il y a mieux. On estime que ces travaux titanesques devaient mobiliser des centaines de personnes, voire un bon millier. Or, un village de l’époque compte à peine 200 âmes. Ce qui fait dire aux archéologues que les monuments comme Stonehenge ou le cairn de Gavrinis (- 3500), en Bretagne, étaient construits par un même clan dont les membres étaient répartis sur quatre ou cinq villages différents. Se regroupaient-ils une fois l’an, au solstice par exemple, pour parfaite le monument de leur ancêtre commun ? Mystère …..

Comment a-t-on dressé ces pierres à la verticale ?

Pour dresser les énormes blocs, nos ancêtres ont fait preuve de leurs talents d’ingénieurs. Ils commencent par creuser à côté de chaque monolithe une fosse dont l’un des bords est incliné. Puis, les ouvriers font tomber la grande pierre dedans en la poussant. Celle-ci, reposant alors sur la pente, dépasse du trou en position inclinée, à moitié relevée. Les hommes se placent ensuite sur le côté opposé et, au moyen de cordes en fibres attachées sur la partie dégagée de la pierre, la tirent jusqu’à ce qu’elle vienne buter contre un berceau de réception en bois qui l’empêcher de basculer de l’autre côté. Mission accomplie : le monolithe se tient debout, pointé vers le ciel ! La fosse est ensuite remblayée avec des gravats afin d’assurer la stabilité de l’énorme bloc de pierre ainsi dressé.

A quoi servait le site de Stonehenge ?

Il aurait été un vaste lieu de pèlerinage. Il y a 4 300 ans, les femmes et les hommes accèdent aux cercles de pierre par l’Avenue, une voie processionnelle bordée de fossés, mesurant au total 2.8 kilomètres de long, et reliant les mégalithes à une rivière, l’Avon. Cette voie mène également à un village préhistorique voisin, Durrington, situé au nord-est du site.

10,000 BCE to 2,000 BCE - Neolithic Era... | Sutori

Or, au centre de ce hameau, on a trouvé les traces d’un cercle formé de poteaux de bois ! Selon l’archéologue Mike Parker Pearson, c’est le signe d’un schéma traditionnel associant les pierres de Stonehenge aux morts et le bois de Durrington aux vivants. Entre les deux, le fleuve Avon évoquerait, pour sa part, le passage entre ces deux mondes. De grandes festivités devaient dont rassembler des centaines de pèlerins chaque année. Grâce aux fouilles récentes, on peut même avoir une idée de l’ambiance qui régnait lors de ces rencontres. L’équipe de Mike Pearson a en effet trouvé à Durrington de nombreuses carcasses d’animaux à peine entamées. Fait étonnant : les bêtes n’auraient été tuées qu’à deux périodes distinctes, autour du solstice d’été et de celui d’hiver. Deux périodes remarquables de l’année pendant lesquelles les pèlerins se seraient livrés à des festins pantagruéliques. L’hypothèse, toutefois, est à prendre avec des pincettes, tempère l’archéologue de l’Inrap Cyril Marcigny : «Les datations carbone ne sont pas assez précises pour connaître si finement l’occupation du site».

Reste une certitude : les bêtes, comme les hommes, venaient de toute la Grande-Bretagne. Certains même depuis l’archipel des Orcades à l’extrême nord de l’Écosse. CQFD : Stonehenge était une sorte de Mecque du néolithique. «Des monuments comme Stonehenge ou Carnac en France (des alignements d’environ 3 000 blocs de pierre datés vers – 2800, dans le Morbihan) n’avaient pas qu’une fonction locale. Leur réputation s’est étendue progressivement et, les individus circulant beaucoup à l’époque, ils sont devenus des lieux de pèlerinage très fréquentés», précise Jean Guilaine, archéologue spécialiste de la préhistoire et professeur honoraire au Collège de France.

Pourquoi retrouve-t-on des centaines de mégalithes des îles de la méditerranée jusqu’au nord de l’Europe ?

I megaliti | Histoire universelle, Géographie, Mégalithes

Tumulus de Bernenez dans le Finistère (-4800), mégalithe du Petit mont dans le golfe du Morbihan (- 4500), alignements de Carnac (-2800), mais aussi tumuli du Danemark, des Pays-Bas ou d’Irlande …Dès le Ve millénaire avant notre ère, le nord et l’ouest du continent se couvrent de géants de pierres. Puis, au IVe millénaire, les mégalithisme se répand en Méditerranée : Corse, Sardaigne, Malte, Espagne, Crète, Minorque…Qu’est-ce qui pousse les hommes de l’époque à parsemer le paysage de colosses de pierres ? pour comprendre, il faut remonter aux origines du néolithique. L’aventure commence vers – 9000 au Proche Orient, où nos ancêtres développent l’agriculture et l’élevage. Une révolution : «On a soudain des réserves, on capitalise, cela entraîne une compétition sociale et oblige la société à s’organiser», explique le préhistorien Jean Guilaine. Au fil des siècles, les rendements s’améliorent, les communautés explosent, il faut émigrer. Les paysans entament une lente migration vers l’ouest et s’installent en Europe. Vers, – 5300, ils sont en France, et vers -4000, en Grande-Bretagne. On commence à cultiver du blé et de l’orge, on domestique des animaux ( mouton, chèvre, boeuf, porc), on invente la poterie et le polissage des pierres. Des villages apparaissent, avec, à leur tête, des personnages influents. En se heurtant à la façade atlantique, ces pionniers vont peut-être prendre conscience que leur territoire est limité. Ils doivent maintenant apprendre à vivre dans une sédentarité permanente, les mégalithes sont-ils le signe de cette prise de conscience ? Impossible de trancher. Une chose est sûre : visibles de très loin, ces roches colossales marquent le territoire d’un clan et organisent le culte des ancêtres pour mieux proclamer : «Cette terre est à nous !».

Quelle énigme recèle encore Stonehenge ?

Chaque année la cartographie du site de Stonehenge, toujours en fouilles, s’affine davantage. Parfois, la chance donne un petit coup de pouce. Comme à l’été 2014, où un mystère a pu être résolu grâce à un tuyau d’arrosage trop court : sans eau, l’herbe n’a pas pu pousser comme d’habitude et des empreintes sont apparues sur le sol révélant l’emplacement de pierres disparues. Un hasard qui a permis de confirmer qu’à l’origine les trilithes formaient bien un cercle totalement fermé. En revanche, les archéologues butent sur une énigme depuis près de cent ans ; qui sont les 60 morts de Stonehenge ? L’enquête démarre au début des années 1920, quand on déterre des dizaines de sépultures, pour la plupart situées au niveau du cercle formé par les trous d’Aubrey. Rien d’étonnant, les ouvrages mégalithiques abritent souvent des tombes. En France le cairn de Gavrinis (Morbihan) abrite un tombeau collectif vieux de 5 000 ans. Mais qui sont les défunts su site Anglais ? Après avoir retrouvé près des corps des bagues, généralement associées à des sceptres, ainsi qu’une coupe en céramique ayant servi d’encensoir, on a pensé à des dignitaires religieux. Hypothèse balayée par l’analyse des ossements, qui révèle que les défunts sont aussi bien des hommes que des femmes et des enfants. En étudiant de plus près les sépultures, les experts réalisent que toutes les dépouilles sont placées au même niveau, en cercle, sans que l’une soit plus mise en avant qu’une autre. A l’image d’une société égalitaire, où le pouvoir serait aux mains d’une oligarchie éclairée, façon chevaliers de la Table ronde ? «L’image de la mort n’est pas forcément celle de la société. Rien ne nous dit que la hiérarchie sociale n’existait pas du temps des caveaux communs», modère Jean Guilaine, professeur au Collège de France.

Nouvelle découverte en 2020 ▼

Archéologie : découverte extraordinaire aux abords de Stonehenge - Le Point

Une structure préhistorique «unique», formant un cercle de plus de deux kilomètres de diamètre, a été mise au jour près du célèbre site mégalithique de Stonehenge, a annoncé en juin 2020 l’université écossaise de St Andrews. «Un travail de terrain et des analyses récents ont mis en évidence la présence de vingt excavations massives préhistoriques ou plus, d’un diamètre de plus de dix mètres et de cinq mètres de profondeur», a indiqué l’université qui a travaillé avec d’autres établissements supérieurs sur le site. Ces excavations forment un cercle de plus de deux kilomètres de diamètre autour de l’enceinte («henge») néolithique de Durrington Walls et du site de Woodhenge, à environ trois kilomètres de Stonehenge. Elles auraient été creusées il y a plus de 4500 ans, environ à l’époque où Durrington Walls a été érigé.  Selon les archéologues, ces excavations auraient marqué les limites d’une zone sacrée à l’époque néolithique, associée avec l’apparition des premiers agriculteurs en Grande-Bretagne et parfois l’érection de très imposantes structures rituelles. «Toutefois, aucune structure préhistorique au Royaume-Uni n’entoure une zone aussi grande que le cercle d’excavations à Durrington, et cette structure est actuellement unique». 

Pour plus d’infos, visitez le site Futura Sciences : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/archeologie-gigantesque-structure-circulaire-decouverte-pres-stonehenge-81618/

Pour Richard Bates, de l’école des sciences environnementales de l’Université de St Andrews, cette découverte «nous donne un aperçu du passé qui montre une société encore plus complexe que nous ne pouvions jamais imaginer. Des pratiques manifestement sophistiquées démontrent que les gens étaient en harmonie avec les événements naturels dans une mesure telle que nous pouvons à peine le concevoir dans le monde moderne dans lequel nous vivons».

Royaume-Uni: les célébrations du solstice d'été de Stonehenge ont réuni  23.000 personnes - Le Point
Célébration du Solstice d’été à Stonehenge

Les peuples qui ont bâti les mégalithes y ont mis une énergie démesurée qui impressionne toujours. Pour faire le tour des mégalithes, des villages préhistoriques et de la majestueuse Avenue processionnelle, prévoyez environ six heures. Classé en 1986 au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, Stonehenge est pour des milliers d’individus venus du monde entier, une des merveilles dispersées dans le monde. Un endroit spirituel où des cérémonies ont été et sont toujours organisées, ainsi qu’une source d’inspiration pour les théories les plus folles. Chaque fois qu’un mystère quelconque entoure un fait ou un monument, il engendre un certain nombre de théories fantaisistes. C’est donc le cas pour Stonehenge, dont on dit par exemple qu’il aurait été construit par des êtres venus d’ailleurs, ou que seuls des procédés surnaturels étaient en mesure de réaliser un tel monument. Dans une légende médiévale datant du 12ème siècle, c’est Merlin l’enchanteur qui aurait bâti Stonehenge, avec l’aide d’un géant !!! Toutes ces théories, m’apparaissent bien divertissantes. Quoi qu’il en soit, Stonehenge n’a pas encore livré ses secrets, les prochaines décennies nous apporteront elles des réponses à nos interrogations ? Restons curieux !

Week-End dans la capitale de La Belgique.

Résultat de recherche d'images pour "bruxelles ville"
Bruxelles – Dans les jardins du quartier du Mont des Arts, où les plus beaux musées de la ville se laissent visiter.

On trouve tout et son contraire dans cet îlot francophone en pays flamand. Au-delà de sa Grand-Place, la cité Belge, arty et volontairement décalée, a une personnalité qui mérite qu’on l’envisage sous plusieurs angles. Je vous propose de visiter BRUXELLES,  la plus européenne des capitales entre tradition et modernité. 

L’ART NOUVEAU né dans les dernières années du XIXe siècle et emporté par la Première Guerre Mondiale, a été un mouvement éphémère. Heureusement, il y a Ixelles et Saint-Gilles. À la lisière de ces quartiers du sud du centre ville, le musée HORTA porte haut et fort la mémoire du chef de file incontesté de l’Art nouveau belge, Victor Horta. 

Résultat de recherche d'images pour "Bruxelles le musée Horta"
Le Musée Horta, joyau de l’Art nouveau belge, offre une plongée dans la belle Époque.

Un art total, tout en ondulations, ornementations de fer et de mosaïques, des poignées de porte aux balcons en forme d’ailes de libellules.

Nul autre quartier de la capitale belge ou le pire côtoie le meilleur en architecture – compte autant de vestiges de la belle époque : hôtels Tassel, Solvay, hannon, étonnants édifices signés Paul Hankar...Rares sont ceux qui se visitent, ce qui explique l’affluence au musée Horta, mais ils se laissent admirer depuis la rue et offrent un beau but de promenade. Au passage, on découvre un quartier chic et arty, où les bonnes tables côtoient les galeries d’art et où nombre des très nombreux Français installés dans la capitale belge depuis une vingtaine d’années ont élu domicile.

DANS LE QUARTIER ROYAL,  quarante-huit statues des anciennes corporations de la ville bordent la bulle de verdure du square du Petit Sablon.

Résultat de recherche d'images pour "bruxelles square du petit sablon"
Square du Petit Sablon – Bruxelles

En face, l’église Notre-Dame semble vouloir percer le ciel de ses flèches gothiques. Elle précède la Place du Grand Sablon, bordée de boutiques chics. Quelques centaines de mètres plus loin Le contraste est d’autant plus saisissant avec la solide architecture classique des musées royaux des Beaux-arts, quelques centaines de mètres plus loin ▼

Résultat de recherche d'images pour "bruxelles musée royaux des beaux arts"
Musée des Beaux-Arts

Des primitifs flamands à Magritte,  en passant par les oeuvres contemporaines du Moderne Muséum, ces quatre musées ont de quoi satisfaire toutes les curiosités artistiques.

Résultat de recherche d'images pour "musée des instruments de musique bruxelles"
Le MIM

Le dernier-né, le Fin-de-siècle Muséum, s’intéresse à l’Art Nouveau, qui s’illustre aussi au musée des Instruments de musique, remarquable autant pour sa collection que pour sa façade. Celui que les Bruxellois appellent simplement le MIM est en effet logé dans le bâtiment de l’ancien magasin Old England, splendeur Art nouveau de 1899.

AUTOUR DE LA GRAND-PLACE :

Plus on se rapproche du haut beffroi de l’hôtel de ville, et plus on entre dans le territoire des icônes de Bruxelles.

Premières d’ente elles, les galeries de Saint-Hubert et leurs longues verrières sous lesquelles scintillent les boutiques chics. Elles mènent au cœur vibrant de la ville : La Grand-Place

Résultat de recherche d'images pour "Bruxelles la grand place"
Bordée de demeures à pignons, la Grand-Place est le cœur de Bruxelles.

​D’un côté l’hôtel de ville et sa tour gothique, de l’autre la dentelle de pierre de la maison du roi. Tout autour : une série de demeures aux noms parfois surprenants – la Brouette, le Sac, la Louve – plus belles les unes que les autres. Une splendeur qui se pare de couleurs dorées à la nuit tombée.

Résultat de recherche d'images pour "manneken pis bruxelles"
Manneken-Pis

L’icône suivante est très petite en taille, mais grande en importance aux yeux des Bruxellois. Le Manneken-Pis est bien plus qu’une statue d’un gamin espiègle urinant : ce bronze d’à peine plus de 50 cm de haut est le symbole de l’esprit d’irrévérence et d’indépendance des habitants de la ville.

Le quartier décline d’autres icônes – l’incontournable Musée de la BD, la biscuiterie Dandoy, les belles Halles Saint-Géry – mais présente aussi une nouveauté dans l’air du temps : le long boulevard Anspach est depuis peu piétonnier. On respire ! 

À la nuit tombée, L’Atomium, conçu pour l’Exposition universelle de 1958, s’illumine ▼ 

Résultat de recherche d'images pour "atonium  bruxelles"
L’Atonium

L’Atonium est devenu au fil du temps un symbole de la capitale Belge et un lieu touristique incontournable de Bruxelles,  comme la Tour Eiffel  à Paris. 

Son nom provient de la combinaison des mots «atome» et «aluminium», matière avec laquelle les sphères étaient originellement recouvertes. Il représente les neuf atomes et les jonctions sont en fait une schématisation de la maille du cristal de fer agrandit 165 milliards de fois.  

Cette oeuvre d’art, crée par l’architecte André Waterkeyn, se compose de 9 sphères, chaque sphère est reliée aux autres par des tubes qui reposent sur 3 piliers. Ses éclairages et des clignotements symbolisent le trajet d’un électron dans un atome. A l’intérieur on effectue un promenade surréaliste à travers les tubes et les sphères métalliques, d’où l’on apprécie un panorama fantastique sur Bruxelles et ses alentours. 

AU COEUR DE LA VILLE les Bruxellois appellent «Caprice des Dieux» le bâtiment du Parlement européen, ▼ en référence à sa forme qui évoque le célèbre fromage. 

Résultat de recherche d'images pour "parlement européen bruxelles"
Le bâtiment du Parlement Européen date des années 1990.

Avec le Berlaymont, quelques centaines de mètres plus au nord, qui abrite le siège de la Commission européenne (ne se visite pas), cet édifice sans charme est l’un des piliers de l’Europe. C’est par ce simple mot que les habitants désignent ce quartier de quelques kilomètres carrés qui concentre tant de fonctionnaires, diplomates et lobbyistes qu’il est l’un des moteurs du dynamisme et du cosmopolitisme de la capitale Belge. 

Plusieurs sites permettent d’en apprendre plus sur ces institutions souvent décriées et perçues comme complexes. Le Parlamentarium affiche une présentation multimédia high-tech, la Maison de l’histoire européenne revient sur les épisodes glorieux (ou non) de l’histoire des pays de l’UE, et il est même possible de visiter l’hémicycle.

Pour varier un peu, le mieux est d’aller prendre l’air dans le parc du Cinquantenaire ▼ 

Résultat de recherche d'images pour "parc du cinquantenaire bruxelles"
Le Parc du Cinquantenaire abrite un arc de Triomphe, érigé à l’initiative du roi Léopold II, dont le sommet dévoile un beau panorama de la ville.

Ou tenter de visiter l’étonnant musée Wiertz, se trouvant face au parlement européen et présentant les oeuvres de ce fantasque artiste du XIXe siècle.

Résultat de recherche d'images pour "Musée Wietz"

C’est en 1850 que le sculpteur de talent, l’écrivain prolifique mais aussi le peintre Antoine Wiertz (1840 -1865) qui, de son vivant, n’hésitait pas à se comparer aux plus grands, eut l’idée de se faire construire un énorme atelier aux frais de l’état. Un contrat fut passé entre l’artiste et le ministère de l’intérieur qui prévoyait qu’en échange de l’aide reçue, Wiertz léguerait à sa mort ses œuvres à l’état. Le bâtiment restauré à grand frais, abrite aujourd’hui la majeure partie de son œuvre et en particulier ses monumentales toiles représentant des scènes mythologiques. Le musée se visite gratuitement, conformément aux volontés de l’artiste...Mais il reste fermé le Week-End. D’ailleurs il n’accueille que 4 000 visiteurs en moyenne par an, soit une quinzaine par jour….Une fréquentation dérisoire si l’on tient compte des frais de fonctionnement : Chauffage, surveillance, conservation des oeuvres. Logiquement chaque visiteur «coûterait» ainsi de l’argent. Mais pourquoi ne pas fermer en semaine et ouvrir les samedis et dimanches, lorsque les gens sont disponibles ? Cela ne devrait pas coûter plus cher …. Explications dans cette vidéo

Vous l’aurez compris,  ce musée doit rester confidentiel…. Est-ce une histoire humoristique Belge ? 

En fait, Les Bruxellois, veulent un espace publique qui le reste et des musées ouverts à tous. En 2017 ils ont demandé aux autorités belges que cesse la déferlante administrative et son cortège de mesures sécuritaires dans le parc et le quartier Léopold. Ils s’apposent à la mainmise de l’administration européenne sur le musée Wiertz et ses annexes. Plutôt que le vendre au Parlement européen  – Pour un euro symbolique – Ils demandent à l’état Belge qu’il honore la mémoire et le testament d’Antoine Wiertz en ouvrant à nouveau sa maison aux artistes et en faisant en sorte que le musée soit mieux promu et plus souvent accessible.

Les Bruxellois auront-ils gain de cause ?  Je leur souhaite, car on les aime beaucoup et ils nous le rendent bien.

Yamoussoukro et sa fameuse Basilique !

Yamoussoukro est située à 240 kilomètres au nord d’Abidjan qui est la capitale économique du pays. 

Yamoussoukro

Autrefois, Yamoussoukro était un petit village nommé N’Gokro. Le nom a été changé en souvenir d’une reine de Baoulé appelée Yamousso, on y a ajouté Kro, qui veut dire village en langue baoulé. Yamoussoukro signifie «Village de la reine Yamoussou». 

Il y a 37 ans, le président Félix Houphouët-Boigny transférait la capitale de la Côte d’ivoire à Yamoussoukro. D’immenses chantiers ont été lancés pour la transformer en ville moderne : aéroport international, institut polytechnique, palais présidentiel, et aussi le plus grand lieu de culte chrétien du monde ! Mais le transfert des institutions n’a jamais eu lieu. 

Sur l’un des immenses boulevards de Yamoussoukro, trois voitures zigzaguent en tous sens pour contourner les innombrables nids-de-poule. L’image résume l’état de la capitale administrative ivoirienne : démesurée et quelque peu délaissée.  A «Yakro» règne une atmosphère de capitale fantôme : de vastes étendues colonisées par les hautes herbes, de rares écoliers déambulant sur des trottoirs géants, d’immenses édifices quasiment vides et le sentiment qu’une modeste bourgade est venue habiter un décor de mégapole au beau milieu de la jungle ivoirienne. Mais on respire mieux qu’à Abidjan, congestionnée dans ses embouteillages permanents et son air pollué.

Yamoussoukro incarne surtout le délire d’un Président qui a voulu faire de son petit village le centre du monde et qui a dépensé, sans compter, pour réaliser son rêve dans une ville qui n’a de capitale que le nom. 

Les 4 principaux bâtiments de Yamoussoukro sont très impressionnants. Ils sont situés aux 4 points cardinaux de la ville : La Préfecture au nord, la Fondation au sud, l’Hôtel du Président à l’est et la Basilique Notre-Dame-de-La-Paix à l’ouest. Les premières lettres de chaque édifice mises bout à bout forment les initiales du Président Félix Houphouët-Boigny. Il fallait y penser!

Au pied de la Basilique Notre-Dame-de-la-Paixnous sommes éblouis par tant de beauté mais aussi surpris de la voir, plantée là au milieu de nulle part..▼ 

Basilique Notre Dame de la Paix - Yamoussoukro - Côte d'Ivoire -
Basilique Notre-Dame-De-La-Paix – Yamoussoukro – Côte d’Ivoire –

Passé l’étonnement, il ne reste plus qu’à la visiter et admirer de près cette prouesse architecturale réalisée par Pierre Fakhoury, Ivoiro-Libanais architecte en chef de Félix Houphouët-Boigny, et Louis-Antoine Césario, directeur des grands travaux de Côte-d’Ivoire.

Une débauche de Chiffres : 

  • Hauteur totale de l’édifice avec la croix : 158 mètres – La coupole : hauteur 60 mètres et 90 mètres de diamètre à la base – surface externe 14 300 mètres carrés – La Lanterne : hauteur 40 mètres poids 320 tonnes.
  • Le péristyle : 128 colonnes doriques – Le parvis : 84 colonnes doriques – le tambour : 48 colonnettes corinthiennes – L’intérieur de la basilique : 48 colonnes doriques – 12 colonnes ioniques – 48 pilastres corinthiens.
  • Superficie en marbres : 70 000 mètres carrés, (allée, parvis et intérieur) 
  • Vitraux : 12 baies rectangulaires de 21 mètres de haut sur 11 mètres de large – 12 baies en plein cintre de 28 mètres de haut sur 11 mètres de large – 12 baies des Apôtres, de 13 mètres de haut sur 8 mètres de large – verrière du Saint-Esprit : 40 mètres de diamètres – Superficie totale des vitraux : 7 400 mètres carrés. 

Le poids de la partie centrale est estimé à 98 000 tonnes. 

A travers cette oeuvre colossale, l’ancien Président voulait réaffirmer sa foi catholique face à la montée de l’Islam dans son pays. Le 10 Août 1985, lors de sa seconde visite en Côte d’ivoire, Jean-Paul II bénit la première pierre placée sous la Basilique actuelle. Un an plus tard, les premiers coups de pioche font démarrer les travaux de l’énorme chantier. Trois bonnes années s’écouleront, temps record pour une réalisation d’une telle envergure, avant que la nouvelle église soit bénie. La basilique fut officiellement consacrée par le Pape en septembre 1990.

Une immense colonnade incurvée délimite la grande place de trois hectares, la construction elliptique autour de la place forme un imposant péristyle à deux rangées de cent vingt-huit colonnes doriques.  Quatre chapelles dédiées aux quatre Evangélistes couronnent le tout. Celle situé au Nord-Est, dédiée à Saint-Jean, cache sous sa coupole sept cloches de bronze ; la plus grosse, le bourdon, pèse 4300 kilos. Coulées à Orléans, en France, dans la fonderie à tradition familiale des Bollé, suspendues à une charpente en iroko, bois venant du coeur du pays. Des mètres carrés de marbre venant d’Italie, d’Espagne et du Portugal, s’étalent comme un tapis coloré, en dessins géométriques et en rosaces sur le sol de la basilique et sur le parvis qui l’entoure. 

Parvis de Notre-Dame-de-la-Paix – Yamoussoukro

Pour qui regarde du parvis les fûts cannelés de ses 84 colonnes doriques, ceux-ci soutiennent un énorme plancher fait de larges surfaces carrées et rectangulaires de caissons de staff. Ce plafond, outre sa fonction décorative, protège les verrières de l’entrée de la Basilique et sert d’abri contre le soleil à tous ceux qui, pendant les grandes cérémonies, n’ont pas trouvé de place à l’intérieur. 

L’ensemble de l’édifice a été dimensionné au regard des règles architecturales classiques et des capacités d’accueil définies par le Maître d’ouvrage lui-même : 

  • 7 000 personnes assises et 11 000 personnes debout dans la nef centrale.
  • 30 000 personnes debout sur le parvis
  • plus de 150 000 personnes debout dans l’espace compris entre les colonnes de l’esplanade.

C’est donc un ordre de 200 000 personnes qui peuvent être rassemblées ici. 

Dès l’entrée, on est surpris par la fraîcheur et la demi-ombre envahissant un immense espace

Un ensemble de colonnes doriques et ioniques géantes ( plus de 30 mètres de haut) entoure le sanctuaire et s’élance vers le déambulatoire et la coupole dont on admire les proportions harmonieuses. Alors que les colonnes doriques sont pleines, les douze colonnes ioniques sont creuses. Elles sont numérotées car elles cachent six escaliers et quatre ascenseurs qui permettent d’atteindre le déambulatoire des Apôtres et les terrasses extérieures. Deux d’entre elles ont un rôle purement technique et abritent des câbles. 

La coupole

La coupole de forme hémisphérique, légèrement ogivale, haute de 60 mètres et d’un diamètre de 90 mètres, elle est parmi les plus grandes du monde. Ce qu’elle pourrait avoir d’écrasant est corrigé par les lignes verticales des colonnes, des colonnettes doubles et des nervures du dôme lui-même, lesquelles lignes élancent tout le bâtiment vers le ciel. Ce dôme doit son allure à des milliers de plaques d’aluminium laqué, installées sur une charpente en acier galvanisé. 

Le Baldaquin

Au centre de la basilique, sous la coupole, un très haut baldaquin de laiton et de bronze surplombe le maître-autel. L’ensemble brille de la couleur dorée du laiton poli à laquelle s’ajoutent les reflets multicolores de la lumière des vitraux. Au sommet du baldaquin s’élève vers le ciel une croix dorée soutenue par une sphère terrestre, insigne royal. Vers elle convergent des rameaux de palmier rappelant l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem et soulignant encore la royauté du Christ. Une grande coupole bleu foncé (de près de sept mètres de diamètre), figurant le ciel avec ses losanges étoile de couleur jaune, domine l’autel. Dans son intérieur, elle cache des projecteurs qui éclairent le magnifique lustre électrique à la française. Ses pendeloques en verre opalescent, enfilées sur de longues tiges pendues au bord de la coupole ou descendant de son centre permettent d’obtenir de riches effets de diffraction de la lumière.  

Au coeur de l’église, sur une estrade circulaire, la table de la messe s’expose aux regards de tous les visiteurs. Elle est en marbre, ses bords sont légèrement ondulés pour lui donner la délicatesse d’un tissu qui la recouvrirait. 

Les 24 grands vitraux disposés autour du sanctuaire composent une véritable paroi de verre dans laquelle seules les colonnes doriques s’engagent. Dans l’émerveillement du soleil tropical, ils exposent et communiquent visuellement l’enseigne biblique. Cet « art de peindre avec la lumière », typique de l’architecture des églises catholiques, a servi de « Bible en images » aux illettrés de l’époque de son épanouissement, c’est à dire au Moyen Age. Là il s’associe au goût de l’Africain pour la couleur. 

D’une surface totale jamais égalée, les vitraux de Yamoussoukro rivalisent avec ceux qui font la gloire des grandes cathédrales gothiques. Ils doivent leurs coloris à l’ancienne technique de fabrication du verre antique. L’ensemble, l’exploit de l’équipe de « France Vitrail International », étincelle de bleus, de rouges, de jaunes et aussi des verts de la végétation africaine. 

Pour jouir d’une vue d’ensemble des jardins, d’un vaste panorama sur la ville de Yamoussoukro et sur la savane qui l’entoure, il faut sortir par l’une des 24 portes qui font communiquer le déambulatoire des Apôtres et les larges terrasses entourant le tambour. 

On domine alors de 34 mètres les vastes terrains de 135 hectares autour de la basilique, et notre vue de promène sur des espaces de verdure, sur des bâtiments surgis du sol. Dans la lumière et la chaleur étouffante du soleil, l’axe principal de cet ensemble ordonné fuit à l’horizon : c’est une allée de marbre et de granit d’un kilomètre de long où aucun arbre n’arrête le regard. 

Derrière la Basilique, deux bâtiments rigoureusement identiques se laissent apercevoir. 

Parfaitement équilibrés, dominés par la ligne droite dans la répartition de leur masses architecturales et dans leur sobre décoration, ils sont d’un pur style néo-classique. Par la présence de colonnes, par leurs coloris, par le choix des matériaux, ils s’harmonisent avec le sanctuaire. L’un, celui du Sud-est, est destiné à l’accueil du Saint-Père et de sa suite lors de ses visites en Côte-d’Ivoire. L’autre, celui du Sud-Ouest, abrite les bureaux et les logements du rectorat. A l’entrée trois bâtiments construits après l’achèvement de l’œuvre d’ensemble sont destinés à l’accueil pratique des visiteurs, et toutes les commandes techniques : son, éclairage, sonnerie des cloches, climatisation…se font depuis une salle spéciale : le synoptique, qui se trouve à l’entrée de la crypte. 

La Sonorisation : 

La basilique constitue le plus vaste volume sonorisé du monde et la qualité du son produit à l’intérieur de son enceinte fermée est sans précédent.  Le système de sonorisation se situe à trois niveaux :

  • Au niveau du sol
  • Au niveau du déambulatoire des douze Apôtres avec les pièges à sons : ces plaques à croix ou à carrés sur les trumeau.
  • Au niveau de la coupole : un chambre sourde a été créée sous la voûte en perforant les panneaux de staff et en utilisant des matériaux modernes.  
  • A l’intérieur des colonnes du baldaquin se cachent des haut-parleurs qui diffusent un son d’une puissance acoustique pouvant aller jusqu’à 90 décibels. 

La Climatisation : 

La répartition uniforme et stable d’une couche d’air frais s’étalant sur toute la surface de la basilique mais sur une hauteur de trois ou quatre mètres seulement, même lors de l’ouverture des portes, est assurée par un système de climatisation intégré dans les colonnettes des bancs.

L’éclairage : 

2428 projecteurs d’une puissance extraordinaire ont été mis en place. C’est grâce à eux que l’on obtient cet effet imposant et splendide de la Basilique illuminée la nuit. Elle se fait repérer et admirer de bien loin. 

Notre-Dame-De-La-Paix,  est une Oeuvre immense et surréaliste où la pierre et le verre s’unissent selon les règles de l’art pour le plaisir de nos yeux.  Sa construction a soulevé beaucoup de controverses en raison des montants faramineux engloutis par Houphouët-Boignyface à la pauvreté d’une grande partie de la population ivoirienne. Mais les critiques de l’époque ne semblent plus avoir vraiment cours, c’est à présent, surtout un sentiment d’abandon qui nourrit la colère des habitants. Félix Houphouët-Boigny s’est éteint en 1993, et son successeur, Henri-Konan Bédié (victime d’un coup d’État en décembre 1999), s’est désintéressé de Yamoussoukro, et depuis toutes les promesses sont restées lettres mortes.

Nous achevons notre visite, à 20 km de la basilique, par une balade au lac des caïmans, à l’entrée du palais présidentiel ▼

Le Palais PrésidentielYamoussoukro

Le palais est une demeure construite sur six étages et d’architecture contemporaine. L’entrée est gardée de part et d’autre par deux béliers d’or grandeur nature (pour comprendre le symbole, il suffit de savoir qu’en langue baoulé, bélier se dit «Boigny»). Le palais ne se visite pas, mais on peut se promener autour du célèbre lac pour voir les 200 caïmans sacrés ayant appartenu au Président. Ces sauriens ont pour la plupart été offerts à Felix Houphouët-Boigny par ses amis et leur repas quotidien vers 17 heures est un véritable spectacle. Chaque jour des Donzos officient devant les curieux pour nourrir les sauriens et organiser des séances photos. Jusqu’à ce jour tragique de 2012 où, tentant de sortir de la fosse après avoir fait le spectacle, il tomba et glissa devant les reptiles qui décidèrent d’en faire leur repas. D’autres victimes suivirent. Depuis, l’accès au lac est sensé être plus surveillé et réglementé. Mais nous avons pu nous en approcher sans problème. Le rituel perdure conformément à la tradition. Chaque jour vers 17 heures, les reptiles reçoivent leur offrande : Des poulets balancés vivants dans la fosse. 

On ne s’attarde pas ! 

Nous quittons Yamoussoukro pour rejoindre notre hôtel situé à 335 kilomètres de là, dans le village d’Assinie en bordure du l’océan.  Dans les méandres de la mangrove se mélangent les eaux douces et les eaux salées. C’est tout un écosystème préservé. 

Sur les bords du golfe de Guinée, Assinie offre un double visage sauvage est domestiqué. Sa longue plage en a fait une station balnéaire privée devenue célèbre en 1978, puisque c’est là que fut tourné le film «Les Bronzés». Le meilleur endroit pour profiter de la vie en Côte d’Ivoire, se reposer à l’ombre d’un cocotier, barboter dans une piscine pour se rafraîchir, sauter dans les vagues,  siroter un jus de fruit et refaire le monde avec ses amis ! 

Zermatt la Blanche !

La station DU VALAIS SUISSE offre un domaine skiable grandiose au pied du mythique MONT CERVIN

Résultat de recherche d'images pour "Zermatt"
ZERMATT

Le Cervin est la montagne par excellence. Une montagne qui ne ressemble à aucune autre, magique, solitaire, qui s’élance d’un seul jet vers le ciel. Beaucoup y voient une pyramide, «Un obélisque triangulaire taillé au ciseau». Peut-être est-ce lié au charme exotique de son origine. Car le Cervin est africain ! Sa partie sommitale, qui culmine à 4.478 mètres d’altitude, est en effet constitué de roches cristallines qui correspondent à des fragments du socle géologique de l’Afrique, remontés à haute altitude au moment de la formation des Alpes.

Le Cervin, ou Matterhon en allemand, «est la plus grandiose créature du monde. Elle a la fascination d’une femme et la puissance d’un géant», écrivait Théophile Gautier.

Résultat de recherche d'images pour "Zermatt suisse"
LE CERVIN

De tout temps, cette montagne pas comme les autres a aimanté les hommes. Sa face nord, réputée la plus difficile des Alpes avec celle de l’Eiger et des Grandes Jorasses, a été conquise sur le tard en 1865, soit près de 80 ans après le Mont-Blanc.

Dans la station Suisse de Zermat impossible de lui échapper où que vous soyez. On le voit partout. Le matin, il est le premier sommet à s’illuminer du rose-oranger du soleil naissant. Et dans la ville, il désigne quantité de magasins, de restaurants, d’hôtels. Son image est omniprésente : sur les forfaits de ski, sur l’emballage des chocolats Toblerone, dans le logo de la marque Ricola…Et pas uniquement en Suisse. La montagne s’affiche sur la couverture d’un album de Depeche Mode, d’un livre de Bernard Werber. Le Matterhorn Bobsleds est même une attraction de Disneyland. Bref, le Cervin, aussi unique que multiple, est incontournable à Zermatt, la station le plus réputée du Valais alémanique.

Résultat de recherche d'images pour "Zermatt suisse ski"

Depuis longtemps, les skieurs ont envahi ses contreforts. 360 kilomètres de pistes se déroulent entre Rothorn et la station voisine de Valtournenche, en Italie. Partagé en trois secteurs distincts, le domaine culmine au petit Cervin (encore lui) à 3.883 mètres d’altitude et permet de skier toute l’année. Ce sommet accessible par le plus haut téléphérique d’Europe offre une vue circulaire époustouflante sur les Alpes, avec pas moins de 38 sommets de plus de 4.000 m, dont le mont Rose, le mont Viso, le Grand Paradis ou encore l’étonnant Weisshorn. De ses hauteurs se dévoile une piste de 25 kilomètres de long, là où Max Julen, l’enfant du pays, a chaussé ses premiers skis avant de devenir champion olympique du slalom géant à Sarajevo en 1984.

L’autre particularité de Zermatt c’est le très haut niveau d’équipement. Ici, on grimpe sur les pistes dans des téléphériques ou télécabines ultramodernes, mais aussi par un funiculaire souterrain ou un train à crémaillère qui monte au sommet du Gornergrat, à 3.089 m d’altitude.

Résultat de recherche d'images pour "Zermatt suisse Cornergrat"
Train à crémaillère du Cornergrat

Le train à crémaillère le plus haut d’Europe en plein air transporte ses passagers 365 jours par an de la gare de Zermatt (1.620 m) au sommet du Gornergrat. Le trajet dure 33 minutes et franchit un dénivelé de 1.469 mètres. Sur 9.4 km de voie il passe par des ponts impressionnants, des galeries ainsi que des tunnels et longe des forêts de mélèzes et d’arolles, des gorges et des lacs de montagne.

Pour décrire ce que l’on ressent pendant le trajet, il faut avoir pris place soi-même dans le Gornergrat Bahn. Les chiffres suivants permettent de se faire une idée des souvenirs impérissables que laisse ce voyage:

  • 1er train à crémaillère de Suisse, depuis 1898
  • départ de la vallée, arrivée au sommet en 33 minutes
  • 365 jours par an
  • point de départ : gare de Zermatt (1620 m)
  • destination : Peak Gornergrat (3089 m)
  • différence d’altitude: 1469 m

La station ne s’est jamais endormie sur ses lauriers. Au cours des quinze dernières années, elle a investi plus de 500 millions de francs Suisses dans les remontées mécaniques et les enneigeurs. Et ce n’est pas fini. L’an prochain, il sera possible de rejoindre Zermatt et Valtournenche en passant par le petit Cervin, été comme hiver, sans même chausser les skis. De fait, les non-skieurs ont également largement de quoi occuper leur séjour. On peut y pratiquer aussi bien le parapente que le traîneau à chiens, sans oublier les balades à pied ou en raquettes. Zermatt abrite pas moins de 70 kilomètres de chemins d’hiver damés ! Mais aussi quantité de boutiques dans la rue principale ou l’on peut acheter à peu près tout ce que l’on peut trouver rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris.

Résultat de recherche d'images pour "Zermatt vieux chalets"
Le vieux Zermatt est composé de chalets datant pour certains du XVIe siècle.

La ville compte également un charmant quartier de vieux chalets des XVIe et XVIIIe siècles qui abrite une étonnante fontaine construite en bronze en hommage à Ulrich Inderbinen, l’homme qui a gravi le Cervin à 371 reprises. La dernière fois, il avait 90 ans.

Zermatt est souvent décrite comme une station huppée. C’est vrai que la ville abrite plusieurs palaces ou hôtels 5 étoiles. Mais il y a aussi sur place deux auberges de jeunesse, des appartements en location et des petits hôtels à des prix abordables.

Résultat de recherche d'images pour "Zermatt igloos"
Village d’igloos

Pour le fun, en cours de séjour, il existe un village d’igloos à 2.727 mètres d’altitude où l’on peut manger et passer la nuit.

Résultat de recherche d'images pour "Zermatt Ulrich Inderbinen"

Cork Et Kerry, en vert et pour tous !

De marchés en pubs, de paysages sauvages en vestiges gaéliques, le sud-ouest de l’Irlande se prête à toutes les envies. Sa fière culture, teintée de danse et de musique, et l’âme celtique qui perdure ajoutent une touche d’exotisme à un voyage contemplatif.

Résultat de recherche d'images pour "Cor et Kerry irlande"

Parfois, l’aventure est au coin de la rue. À Cork, elle commence sur l’avenue qui relie l’aéroport au cœur de la ville Irlandaise. Volant à droite et conduite à gauche ; un rond point à prendre dans le sens des aiguilles d’une montre….me voilà en panique ! Et puis doucement, la route s’apprivoise. Suffisamment pour relâcher un peu la concentration et observer le décor. Pour l’heure, les faubourgs alignent des friches, souvenirs d’un passé industriel révolu. Mais Cork est une rebelle. Depuis qu’Apple en a fait sa tête de pont pour l’Europe, levant dans son sillage une armée de geeks, elle a repris goût à la vie. Immeubles de verre reflétant avec insolence des bâtiments désaffectés ; élégantes demeures géorgiennes toisant avec arrogance de vieux pubs à la peinture écaillée. Avec le boom technologique, le Saint Patrick’s Quay qui longe la rivière Lee est devenu un joli méli-mélo architectural, comme un pied de nez à Dublin, la rivale de toujours. ▼

Résultat de recherche d'images pour "cork irlande"

CORK, un sacré CARACTÈRE

Résultat de recherche d'images pour "cork irlande English Market"

Comme chaque matin, l’English Market s’éveille. Il n’est pas qu’un marché couvert datant de 1780, comme il est écrit sur la façade, mais, reconstruit plusieurs fois après moult incendies, il est l’âme de Cork, souvenir du XVIIIe siècle lorsque les commerçants prirent racine dans la ville située à dix kilomètres de la mer, pour profiter de l’afflux des migrants en partance pour le Nouveau monde : vestige de l’époque où les huguenots français s’installèrent dans les ruelles du French Quarter. Encore faut-il le dénicher, caché dans le coquet cœur de ville aux demeures de grès rouge, où il fait bon flâner. Tout ce qui se mange en Irlande s’y trouve : mouton, saumon fumé, boudin noir, huîtres….Même des fromages, comme le Cashel Blue qui se déguste avec des crackers : excellente mise en bouche avec le pub crawl (comprenez la « tournée de pubs »!).

Résultat de recherche d'images pour "cork irlande charlie's bar"

C’est au contact de ses habitants, en partageant une bière, que transpire l’âme celtique de Cork. Ici, pas de discrimination à l’entrée en fonction du look, de l’âge. À Oliver Plunkett, des groupes de rocks s’égosillent. Charlie’s Bar joue une partition plus traditionnelle. Dans sa minuscule salle, quelques musiciens chauffent l’ambiance lors d’une seisium, un concert informel. Au son des violons et des bodhran (tambours sur cadre), on se serre les coudes et on claque des mains jusqu’à plus soif. Avec son physique imposant, ses tatouages et sa barbe hirsute, Liam pourrait être joueur de football gaélique, sport national qui remplit les stades chaque week-end. Il se pratique au pied et à la main, en dribblant : un étrange mélange entre rugby, foot et basket. Ce soir, ses doigts ne jouent pas avec le ballon mais caressent le tin whistle (une flûte). À lui seul, il met le feu !

Fiers et chauvins, les habitants considèrent que Cork est la vraie capitale de l’Irlande. De là, il est facile d’explorer les charmes du sud-ouest de l’Eire. Avec son port de poche et ses maisons maquillées, Kinsale (à une vingtaine de kilomètres) est LA station balnéaire de la grande ville.

Résultat de recherche d'images pour "cork irlande Kinsale"
Kinsale

Balade à vélo ou croisière avec – pour les plus chanceux – l’observation des dauphins et baleines. À Killarney, ce sont les conducteurs de calèches qui sont durs en affaires. Les attelages sont partout dans cette ville à une heure de route de Cork : ils conduisent les visiteurs jusqu’à Muckross House, qui accueillit la reine Victoria le temps d’une nuit. Si la demeure évoque la vie aristocratique au XIXe siècle, la région vaut d’abord pour ses paysages sauvages.

Résultat de recherche d'images pour "cork irlande Killarney lacs"
Région de Killarney

Éclairé de trois lacs scintillants comme du mercure, cerné de forêts profondes et protégé par les Macgiliycuddy’s Reeks ( la plus haute chaîne de montagnes d’Irlande), le Killarney Parkle plus ancien des six parcs nationaux irlandais – ouvre ses 10 000 hectares aux activités de plein air : vélo ou kayak, golf ou pêche. Départ en calèche, balade en bateau et pique-nique sur l’île d’Innisfallen qui émerge de l’un de ses lacs, avec pour décor les ruines d’un monastère.. mon programme de la journée est délicieusement bucolique!

Killarney est aussi la ligne de départ de l’anneau de Kerry, la route panoramique qui ceinture Iveragh, l’une des cinq péninsules ( avec Dingle, Beara, Sheep’s head et Mizen Head) qui pénètrent l’Atlantique que des kilomètres, tels de longs doigts décharnés d’un sorcier. Sur ces terres tourmentées mises à mal par les crises économiques, il n’y a pas de place pour une autre couleur que celle de l’espoir. Vert sombre des forêts d’épicéas, vert jauni des bruyères ou vert tendre des pâturages. Et pourtant, la région n’est jamais monotone, perpétuellement redessinée pas les nuages qui roulent dans le ciel ; routes bordées de murets de pierre ou protégées par des « barrières » de fougères ; prés verdoyants qui dégoulinent des collines pour s’échouer dans l’océan ; falaises tourmentées et criques dorées ; moutons tondus et montages pelées, à moins que ce ne soit l’inverse !

Dopée par la douceur du Gulf Stream, la flore pousse anarchiquement sur ces terres d’abondance (rhododendrons et même palmiers), à peine dérangée par quelques villages alanguis, une poignée de châteaux médiévaux et manoirs chics.

Résultat de recherche d'images pour "irlande Bantry house"
Bantry House

Bantry House est une élégante demeure du XVIIIe siècle plantée à l’entrée de Sheep’s head. Son parc, qui épouse la colline en sept terrasses, dévoile une vue magistrale sur la baie de Bantry.

Dans ce bout d’Irlande où le gaélique partage les panneaux routiers avec l’anglais, l’appel du large est irrésistible. Il y a foule dans le petit port de Portmagee, à l’extrémité de la péninsule d’Ivergah, pour admirer le coucher de soleil qui embrase ses maisons de poupées, rose pétard ou bleu azur. Un vrai cliché ! D’ici on peut rejoindre Skellig Michael, pyramide sauvage émergeant des flots à une dizaine de kilomètres des côtes. Frappée par les tempêtes, livrée à des nuées d’oiseaux marins, l’île classée par l’Unesco se mérite : jauge des visiteurs limitée, accostage interdit quand les flots s’agitent. Pourtant les touristes s’y bousculent depuis qu’elle servit de décor à la saga Star Wars. Oubliant parfois qu’avant Luke Skywalker, dès le VIe siècle, des moines y édifièrent d’étranges huttes en pierre sèches, auxquelles on accède par 600 marches vertigineuses.

Résultat de recherche d'images pour "irlande Skellig Michael"
Skellig Michael – Ancien Monastère

Sur la péninsule de Mizen Head, on célèbre un autre héros des temps modernes. Pour inventer la télégraphie sans fil, Guglielmo Marconi (prix Nobel en 1909) arpenta ses terres. Dans le sémaphore qui surplombe l’Atlantique, terminus du voyage, une petite exposition lui rend hommage. On y accède par une passerelle qui enjambe un gouffre et offre un panorama vertigineux sur les falaises déchiquetées ▼

Résultat de recherche d'images pour "irlande Mizen Head"
Mizen Head
Résultat de recherche d'images pour "irlande Mizen Head phare"

Je cherche des yeux le phare accroché sur un rocher, là-bas au large. On le surnomme « la larme de l’Irlande » car, pour de nombreux migrants en partance pour l’Amérique, il fut la dernière vision de leur terre natale…

Un proverbe Irlandais dit : «Vos pieds vous mèneront là où se trouve votre coeur» Entre collines manucurées et landes parfumées, l’Irlande est une terre de randonnées.

Odyssée dans les Cyclades

Au large de la Grèce continentale, les îles de la mer Égée forment un petit paradis. Celles du centre concentrent ce qu’il y a de meilleur dans l’archipel. La découverte se fait en bateau. 

Évoquer leur nom laisse rêveur. Un rêve fait d’eau cristalline, de maisons blanches aux touches azur et de plages idylliques. Balayé par le meltémi (ce vent constant qui sculpte des paysages arides, parfois lunaires), l’archipel des Cyclades compte une cinquantaine d’îles, dont seulement vingt-quatre sont habitées.  Des morceaux de terre posés ça et là dans la mer Égée, en cercle imaginaire autour de l’île sacrée de Délos selon les croyances ancestrales. C’est de là que l’archipel tire son nom, Kyklos signifiant « cercle » en grec ancien. Passées de main en main au fil des siècles, les Cyclades intègrent le royaume de Grèce au XIXe siècle après la guerre d’indépendance. Depuis les années 1960, l’archipel et son décor de carte postale coulent des jours heureux grâce au développement du tourisme.

Périples dans les Cyclades, un projet et un rêve.

Si les noms de Santorin et Mykonos sont les plus connus, de nombreux autres trésors s’y cachent. Des îles moins fréquentées mais tout aussi enchanteresses, comme Paros, Naxos et Amorgos, constituant à elles trois les Cyclades du centre. La première se rejoint depuis le port du Pirée à Athènes où des ferries effectuent des traversées plusieurs fois par jour. Munie de mon billet, je monte dans l’un d’eux, pressée de découvrir cet archipel plein de promesses. Après plusieurs heures à naviguer sur des eaux calmes, la silhouette de Paros se détache à l’horizon. 

Paros, la Familiale

Parikia est la ville incontournable de l’île : c’est ici que les ferries accostent et que les touristes déferlent.

Le port de Parikia - Paros
Parikia

Alors, l’animation est de mise. Quelques centaines de mètres plus loin, l’église Panagia Ekatontapiliani (Notre-Dame-aux-Cent-Portes) se dresse. Entrelacs de plusieurs bâtiments remaniés à diverses reprises depuis sa fondation en IVe siècle par sainte Hélène, mère de Constantin 1er. C’est l’une des plus importantes églises paléochrétiennes de Grèce, et l’une des mieux préservées. Autour, la vieille ville, typique de l’architecture locale : une série de maisons blanches, quelques bâtisses de style vénitien et les dômes bleus des églises venant surplomber le tout. Au nord de l’île, Naoussa ne faillit pas à sa réputation de « Saint-Tropez de Paros ».

Séjours Paros, Cyclades (Grèce) – Lidl Voyages

J’emprunte les ruelles pavées et fleuries de bougainvilliers et débouche sur un charmant petit port de pêche. À quelques kilomètres, la plage de Kolumbithres et ses rochers sculptés par le vent et la mer, où les baigneurs profitent d’une eau cristalline. Dans les terres, le village de Lefkes, ancienne capitale de l’île à l’époque ottomane, mérite que je m’y arrête. Bâti au milieu des montagnes pour se protéger des pirates, il est l’un des mieux conservés de l’archipel avec ses rues piétonnes pavées de marbre. Sur les hauteurs, je découvre les spécialités locales à la Flora Taverna et profite de la vue panoramique sur la vallée. Près du monastère de Saint-Arsène, se cache un lieu que beaucoup de touristes oublient de visiter : La vallée des Papillons

Butterflies Valley (Paros) : 2021 Ce qu'il faut savoir pour votre visite -  Tripadvisor

Dans ce biotope unique, deux espèces se reproduisent au milieu d’une végétation luxuriante.

Naxos, la Dominante

Passée l’agitation du port, Naxos se découvre dans le calme. Cette île, la plus grande et la plus haute des Cyclades, fait partie aussi des plus riches grâce à l’exploitation des vignes, des oliviers et des carrières de marbre. Pour certains, elle serait aussi la plus belle.

Trois jours à Naxos: un vrai dépaysement et un ravissement esthétique et  culinaire! - Le salon de thé de Nathalie

À l’ouest du port, je traverse les 300 mètres de jetée pour rallier l’îlot de Palatia où se trouve la porte du temple d’Apollon. Cet élément est le seul subsistant de ce sanctuaire dont la construction a débuté au VIe siècle avant J-C. La quiétude de la journée laisse place le soir à une forte affluence : on se presse en nombre sur cet îlot pour admirer le spectacle du coucher du soleil. Derrière le front de mer de Chora, capitale de Naxos, la vieille ville se compose d’une succession de ruelles escarpées dans lesquelles je me perds avec plaisir. Dans ce labyrinthe d’un blanc immaculé, les boutiques de souvenirs et les petits restaurants apportent seuls une touche colorée. Et l’après-midi, le silence règne en maître : le temps semble suspendu.

Naxos: le Mont Zeus (1001 m) - Randonnées Pyrénées... et ailleurs

Au centre de l’île, le mont Zeus, qui culmine à un peu plus de 1 000 mètres, fait le bonheur des randonneurs. Son ascension débute au village pittoresque de Filoti où de vieux Grecs se réunissent aux terrasses des cafés, égrenant dans leurs mains un Komboloï, un chapelet de grosses perles dénué de signification religieuse. Pour atteindre le sommet des Cyclades, il me faut prendre mon temps. La pente est rude, la chaleur écrasante et les coins d’ombre quasi inexistants. À l’arrivée, mes efforts son récompensés par un panorama imprenable sur l’île et celles des alentours.

Séjour windsurf à Paros - Grèce - Spots d'Evasion

Destination idéale des amoureux de sports de glisse, Naxos voit ses plages assaillies de pratiquants de Kite-surf et de planche à voile. Mais certaines restent tout de même abritées du vent, comme celle d’Alyko, peut-être la plus belle de l’île. Je profite de l’ombre d’un arbre pour y déposer ma serviette et vais apprécier l’eau translucide, quoique un peu fraîche.

Retour au port où le ballet incessant des ferries rythme la journée. Celui pour Amorgos arrive, défiant les bourrasques assez fortes ce jour-là. Le capitaine est serein, il a l’habitude. Pour moi, il est l’heure d’embarquer pour la dernière étape.

Amorgos, l’accueillante

L’arrivée à Katapola ne me dépayse pas : comme tous les ports de pêche typiques de l’archipel, le bord de mer est une succession de boutiques et restaurants. Au-delà, le village offre un mélange de maisons basses, d’échoppes, de petites églises, de plages où viennent mouiller des bateaux de pêche. Autour, une plaine verdoyante accueille des vignes, les oliviers et les figuiers. Je suis un sentier de randonnée pentu pour rejoindre les vestiges de la cité antique de Minoa – inutile de prendre une voiture vu l’état de la route ! où de nombreux objets ont été découverts qui sont aujourd’hui exposés au Musée National archéologique d’Athènes. L’intérêt du lieu, ancienne résidence d’été du roi Minos de Crète, reste la vue époustouflante offerte sur la baie de Katapola sur laquelle une partie du film culte de Luc Besson a été réalisé ▼

Amorgos, Délos, Antiparos et les petites Cyclades | Conseils voyage Cyclades

Au centre de l’île, un incontournable : le village de Chora (nom très utilisé car signifiant « territoire ») avec ses maisons blanchies à la chaux, ses arcades et ses escaliers menant à des Kafenios, de petites tavernes où l’on profite d’une boisson fraîche ou d’un café glacé, selon l’heure de la journée. À la sortie est du village, j’emprunte un chemin me menant vers d’anciens moulins et profite d’une vue sur les différentes parties de l’île. Je poursuis sur un sentier de pierre descendant vers la mer et, après 2 kilomètres de descente escarpée, j’atteins le monastère de la Panaghia Chozoviotissa

De loin en large: Cyclades - jour 6 : Amorgos - sur les traces du Grand Bleu

Construit à flanc de falaise, à 300 mètres au-dessus du niveau de la mer, il est encore habité par une poignée de moines qui m’offrent de l’eau fraîche, un petit verre de rakomelo, liqueur à base de raki et de miel, et quelques gâteaux typiques. Un cadeau bienvenu en prévision du retour.

Plus au nord, Aegliali, second port d’Armagos, riche de plusieurs plages de sable, est aussi le point de départ et de passage de randonnées, dont celle baptisée « Melania » amenant à la découverte du nord de l’île. Mais pour moi, il est déjà l’heure de rebrousser chemin, avec la certitude de revenir bientôt tant ces Cyclades recèlent de merveilles à découvrir, et se régaler de cuisine grecque ; des produits frais gorgés de soleil : dans les Cyclades, comme partout en Grèce, l’art culinaire se veut simple.

Que manger en Crète : la cuisine crétoise secret de longévité... - Vivre  Athènes

On se délecte de salades colorées, de viandes et poissons grillés, mais aussi de plats typiques comme la moussaka ou le dakos.