La Colombie est un pays fabuleux !

En 2016, la fin de la guérilla avec les Farc a confirmé l’ouverture enthousiaste du pays au tourisme. Bienvenue dans un nouvel Eldorado entre Andes et Caraïbes.

Non, ce n’est pas dangereux de voyager en Colombie

Les deux décennies 80 et 90 ont été particulièrement sombres pour la Colombie, entre trafic de drogue et conflit intérieur. Certaines régions splendides, jusqu’alors déconseillées, sont désormais ouvertes. Les villes à la réputation autrefois sulfureuse, Medellin ou Bogota, ont depuis 15 ans mis en œuvre de profondes mutations sociales.

Carthagène et la côte caraïbe ▼

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C’est la perle du pays et presque une bulle à part. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, Carthagène des Indes (pour la distinguer de son homonyme espagnol) est un remarquable exemple d’architecture coloniale. Après une longue léthargie, le cœur historique revit. Fondée en 1533, sur trois îles marécageuses, la ville garde 12 km de remparts. L’or des Andes pillé par les conquistadors affluait ici avant d’être embarqué pour l’Espagne, tandis qu’arrivaient les esclaves africains. D’où la richesse des grandes demeures parées de calcaire marin et dotées de massives portes cloutées à heurtoir. Les crépis colorés ont retrouvé leur pimpant alors que les balcons débordent de bougainvillées.

Getsemani, Histoire et Street Art à Cartagena / Voyage en Colombie

La prospérité a gagné le quartier voisin de Getsemani, plus modeste. Truffé de boutiques artisanales, de petits restaurants et de terrasses, il vibre encore le dimanche soir, comme si le week-end ne devait jamais s’arrêter.

Les colombiens aiment faire la fête en toute occasion, qu’ils trinquent au rhum ou à l’aguardiente dans un restaurant, qu’ils dansent la Salsa ou qu’ils jouent du Tambour.

Le quartier de la Boquilla s’ouvre aussi aux visiteurs qui viennent se balader dans la mangrove, pêcher le crabe au casier ou s’initier au tambour avec des locaux toujours disponibles et enjoués. La presqu’île de Baru et les îles du Rosaire, à une heure de bateau de Carthagène, offrent une délicieuse journée de farniente, en particulier pour les plongeurs.

Au cœur des cordillères andines

Circuit en Colombie : La Colombie sans concession - Nomade Aventure
Les Palmiers de cire

La cordillère des Andes se divise en trois grandes branches. Elles entaillent l’ouest du pays, nécessitant de nombreux aéroports pour passer de l’une à l’autre. 80% de la population y vit, profitant d’un climat clément et de terres fertiles. Le pic Cristobal Colon – en hommage au navigateur Christophe Colomb – culmine au nord, à 5 775 mètres, c’est le cinquième plus haut sommet au monde suivi par de nombreux hauts sommets. Les 3 000 mètres s’atteignent sans problème – Il est situé dans le parc national de la Sierra Nevada de Santa Marta.   la capitale Bogota, se trouve sur un plateau, à 2 640 mètres. À cette hauteur, dans la vallée de San Félix ou celle de Cocora, s’élancent de curieux palmiers de cire, nommés ainsi pour leur couche protectrice. Symboles menacés du pays, ils cumulent les records, tant pour leur taille (jusqu’à 60 mètres) que pour l’altitude où ils poussent. Tous les végétaux s’acclimatent selon l’altitude et donc la température : fleurs, légumes, céréales et tubercules de toutes sortes, fruits tropicaux… Ils font des marchés une explosion de couleurs et de saveurs. Mais le roi des pentes abruptes, entre 1 000 et 2 000 mètres, c’est le café.

Café de COLOMBIE Région Huila , Torrefaction de cafe, Pamiers

Une vaste région lui est dédiée, dont le cœur se trouve vers Manizales, Pereira et Armenia. L’arabica est cueilli à la main, tout au long de l’année, et séché dans des petites fincas ou des haciendas, avant d’être porté dans des coopératives comme à Salamina.

La récolte du café connaît des pics en avril/mai et octobre/novembre.

Une capitale et un pays optimistes

Colombie - Bogota, 2 600 mètres plus près des Étoiles | Le Magazine du  Voyage Autrement
Bogota – la place Bolivar –

Les touristes français ont été pionniers, arrivant à Bogota à la fin des années 2 000. À juste titre : depuis six ans, les agences réceptives se multiplient, et les visiteurs aussi. Un symbole parmi d’autres : auparavant, le meilleur café était exporté et on se contentait d’un jus insipide et ultra-sucré. Désormais, les bars de connaisseurs mettent en avant sa provenance, des quarante parfums et servent des expressos !

L’accord de paix entre le gouvernement et la guérilla des Farc, signé en septembre 2016, suivi de leur désarmement, entérine un tournant majeur après des décennies de luttes internes. L’ex-trafiquant Pablo Escobar n’a plus rien d’un modèle…contrairement à la chanteuse Shakira. Medellin, la deuxième ville du pays, naguère connue pour son cartel de la drogue, se distingue aujourd’hui par ses transports en commun et son innovation économique. Les jeunes cessent d’être vigiles ou infirmières pour se lancer dans l’hôtellerie ou l’artisanat, et fréquentent assidûment les boites à salsa. Bogota et ses 9 millions d’habitants connaît les disparités des mégalopoles d’Amérique latine. Fondée en 1538 sur une ville d’Indiens Chibchas, la capitale fut modelée par des architectes andalous autour de la place Bolivar.

Circuit de 18 jours en Colombie : Version Charme et Luxe
Quartier de la Candelaria à Bogota

En cours de réhabilitation, le quartier central et pentu de la Candelaria se prête à la promenade au milieu des façades acidulées et des panneaux de graffiti imagés – les graffitis du quartier de la Candelaria à Bogota, sont tolérés voire financés par la municipalité ! – l’altitude oblige à ralentir le pas pour grimper les ruelles – Quant à l’exotisme, il éclate aussi bien sur les grands retables dorés coloniaux qu’au marché de Paloquemao.

Medellin et l’art de la volupté

Medellín est une destination remplie de culture, d’innovation et d’histoire. Une ville enchanteresse grâce à ses paysages montagneux impressionnants, l’amabilité de ses habitants et son climat agréable qui lui confère le titre de « la ville du printemps éternel ». C’est ici que Fernando Botero est né en 1932. Il s’inspire de l’art précolombien et de la Renaissance, créant des personnages aux formes très rondes, sur la toile ou en bronze. 23 statues parsèment la place Botero dans sa ville natale. C’est un endroit parfait pour se promener et profiter des palmiers et du ciel bleu de la ville qui vont de pair avec l’art.

Voyage à Medellin, ville de l'éternel printemps - Colombie
Musée d’Antioquia – Medellin – Sculpture de Fernando Botero –

Le Musée d’Antioquia est l’un des musées les plus célèbres de Colombie  et une des attractions touristiques importantes de ce pays. Dans le musée, il y a plusieurs salles comprenant des œuvres de plusieurs artistes internationaux, mais les plus célèbres sont celles remplies de collections de peintures et sculptures de l’artiste populaire colombien Fernando Botero, qui dispose de plus de 100 œuvres dans le musée. 

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Les œuvres de Botero contiennent de nombreuses références à sa propre culture, et dans un style unique, elles remettent en question le concept de la beauté dans notre siècle. Botero se fige parfois sur les scènes  de la vie quotidienne des Colombiens – souvent des scènes dramatiques dans la rue, où un individu est poursuivi par un policier dans l’indifférence totale, ou comme dans le suicide,  un homme désespéré se défenestre.   Et, bien sûr, il y a des moments de divertissement, où les couples dansent dans une salle de danse. L’un des éléments qui caractérisent le mieux les tableaux de Botero est sa capacité à combiner  la culture latino-américaine, nourrie par son penchant pour l’hyperbole et le fantastique,  avec celle de l’Europe d’une manière exceptionnelle.

Quelques merveilles naturelles

Grande comme deux fois la France, mêlant tous les écosystèmes – en particulier, la forêt amazonienne (un tiers de son territoire) – la Colombie a un énorme potentiel en matière d’écotourisme. Il ne reste qu’à le développer !

La plus belle rivière du monde coule dans le parc national de la Serrania de la Macarena, une chaîne montagneuse au centre du pays.

Caño cristales, la plus belle rivière du monde
Le ruisseau des cristaux – parc national de la Serrania de la Macarena –

Parsemé de cascades, le Cano Cristales (ruisseau des cristaux) se colore de jaune, vert, bleu, noir et surtout de rouge, grâce à une plante aquatique qui transparaît dans ses eaux limpides. Les couleurs changent en fonction de la saison. Pas moins de 420 espèces d’oiseaux ont été recensées dans le seul parc de la Serrania de la Macarena, sans parler des amphibiens, des reptiles ou des primates. L’ours andin, le puma, le colibri ou le condor figurent parmi les stars du pays, tout comme la baleine à bosse qui se reproduit de juillet à octobre sur la côte du Pacifique. Le sous-sol du pays n’est pas en reste. Les mines de sel de Zipaquira, au nord de Bogota, ont été reconverties en une immense cathédrale. Et, si l’on évite la contrefaçon au marché noir, les émeraudes sont le plus étincelant des souvenirs.  « le seul risque d’un voyage en Colombie, c’est de ne plus vouloir en repartir ».

Ernest Hemingway, l’aventurier de la vie.

Ernest Hemingway, l'aventurier de la vie.
Ernest Hemingway

Cinquante cinq ans après sa disparition, Ernest Hemingway, écrivain hors normes, suscite de par le monde une fascination intacte. Romancier hors pair, journaliste sur tous les front, chasseur et pêcheur passionné, boxeur, d’un tempérament hâbleur et paranoïaque, il est l’homme de plusieurs vies et de toutes les aventures de son siècle. 

Hemingway. Plus qu’un nom, une marque de fabrique. Un mythe. Une légende. Papa Hemingway pour les aficionados du personnage, Hem’ pour les intimes de l’oeuvre.

Géant de l’écriture, il défiait tous les dangers et plaçait le courage physique et moral au sommet de l’échelle de ses valeurs. Boxeur, chasseur, aficionado, correspondant de guerre et même agent secret, il a tiré de ces expériences extrêmes un style résolument contemporain qui allait révolutionner la littérature.  

Ernest Miller Hemingway est né à Oak (Illinois) aux États-Unis le 21 juillet 1899, dans un milieu bourgeois. En 1917, il délaisse les études universitaires pour devenir reporter au Kansas City Star. Exempté du service militaire en raison d’une vue déficiente, il réussit tout de même à prendre part à la Première Guerre Mondiale, comme il le souhaitait : il devient conducteur d’ambulance sur le front italien pour la Croix-Rouge. Mais il est grièvement blessé par un obus et témoin de la mort de plusieurs compagnons d’armes, expérience qui le marque à jamais. Il vit alors un amour malheureux, et les thèmes mêlés de l’amour et de la guerre se retrouveront dans plusieurs de ses oeuvres de fiction. 

A la fin de la guerre, Hemingway devient correspondant à Paris du Star de Toronto. C’est là qu’il commence sa carrière littéraire, encouragé par des écrivains américains expatriés comme Ezra Pound et Gertrude Stein.

La maison d’Ernest Hemingway en Floride.

À partir de 1927, il s’installe successivement à Key West (Floride), en Espagne et en Afrique. Pendant la guerre d’Espagne, il retourne dans ce pays comme correspondant de guerre, une fonction qu’il remplira de nouveau durant la Seconde Guerre mondiale ( il participe au débarquement  du 6 juin 1944 en Normandie) À la fin de la guerre, Hemingway s’installe près de la Havane, à Cuba, puis à Ketchum (Idaho). 

Hemingway est ce qu’on appelle un «personnage». La passion, l’excès, la féroce envie de se frotter à la mort ont scandé sa vie. Ambulancier sur le front Italien à «Libérateur du Ritz» à Paris en 1944, reporter de guerre ou boxeur, il est encore un amoureux des femmes et un passionné des chasses les plus dangereuses. Autant de facettes flamboyantes destinées à masquer l’angoisse et les failles de cette personnalité mystérieuse et complexe. 

Il fut avant tout un bourlingueur, un aventurier de l’impossible qui ne cherchait que ses propres limites, qu’il fût devant sa fidèle Corona – qu’il appelait son psychiatre – et sur laquelle il tapa la plupart de ses textes, ou qu’il provoquât un face-à-face avec un lion, une femme fatale ou quinze daïquiris doubles. Au-delà de ces images, voici un homme sincère et fidèle, droit comme un I et fort comme la mort. Hem’ n’aura vécu que pour trois choses, se plaisait-il à dire : «écrire, chasser et faire l’amour».  

Les femmes de sa vie : Elles furent quatre à convoler avec lui : Hadley Richardson (de 1921 à 1927), Pauline Pfeiffer (de 1927 à 1940), Martha Gellhorn (de 1940 à 1945), et enfin Mary Welsh (de 1946 à 1961). ▼

* Hadley Richardson – Pauline Pfeiffer – Martha Gellhorn – Mary Welsh *

L’auteur Naomi Wood nous emmène à Paris, Antibes, Key West et Cuba dans «Mrs Hemingway». A travers le point de vue fictif de ses quatre épouses, elle raconte comment il fallait aimer – et être aimé par – l’écrivain le plus célèbre de sa génération et comment Ernest Hemingway était aussi un gars «Tendre, sensible et parfois délicat».

Hemingway est l’un des plus grands auteurs de l’entre-deux-guerres. Elliptique, parfois laconique, débarrassé de tout lyrisme, son style est marqué par son expérience du journalisme et par une exigence d’exactitude et de réalisme. Il permet à cet auteur de camper avec force deux catégories de personnages :

La première est celle de la «lost generation», une génération d’hommes et de femmes à qui la Première Guerre Mondiale a fait perdre toute foi dans les valeurs morales, et qui vit avec un désintérêt désespéré tout ce qui ne concerne pas sa propre quête émotionnelle. «Lost generation» : Cette expression fut forgée par Gertrude Stein pour désigner dans les années vingt et trente, un groupe d’écrivains américains dont certains ont participé à la Première Guerre Mondiale en France, et d’autres, qui désenchantés par l’absence de valeurs régnant aux États-Unis après-guerre, ont rejoint Paris. Ces écrivains sont réunis, d’une part, par un même constat, celui de l’inadéquation du monde d’après-guerre et des valeurs dont ils ont hérité, et, d’autre part, par une même recherche, celle d’une force morale et d’un langage artistique qui puisse l’exprimer. Les plus illustres sont Ernest Hemingway, Dos Passos, Fitzgerald, Arichibald MacLeish, Malcolm Cowley. 

La seconde catégorie se compose d’aventuriers, de héros au caractère simple et aux émotions intenses, hommes engagés dans la guerre, boxeurs professionnels et toréadors. Hemingway décrit, en évitant l’élucidation psychologique, jugée fallacieuse, la lutte courageuse et dérisoire de ces personnages contre l’état des choses, et en particulier contre la seule réalité inéluctable, la mort. 

Ernest Hemingway

Parmi les premières oeuvres d’Hemingway, il faut citer les recueils de nouvelles telles que «Trois Histoires et Dix Poèmes» (1923), sa toute première publication, «De nos Jours» (1925), ensemble de nouvelles inspirées de sa jeunesse, ou encore «Hommes sans femmes» (1927). Un peu plus tard, le recueil «Le gagnant ne gagne rien» (1933) décrit la vie de nécessiteux en Europe. C’est toutefois un roman qui établit sa renommée : «Le soleil se lève aussi» (1926) raconte l’histoire d’Américains et de Britanniques vivant en France et en Espagne, qui appartiennent à la «Lost generation» d’après la Première Guerre mondiale. 

En 1929, Hemingway publie son deuxième grand roman, «l’Adieu aux armes», histoire d’amour sur fond de Première Guerre Mondiale qui s’achève sur la mort en couches de la femme aimée et souligne l’absurdité de la destinée humaine. «Mort dans l’après-midi» (1932), recueil de nouvelles sur la tauromachie, et les «Vertes Collines d’Afrique» (1935), ouvrage consacré à la chasse au gros gibier, l’une des passions de l’auteur. 

Élevé à l’école de Kipling, ami de Fitzgerald, de Joyce ou Dos Passos, Hemingway laisse une oeuvre immense, marquée par son goût du voyage, d’un « Ailleurs » où l’entraînent un autre lieu, une autre femme, un autre récit. 

S’il a commencé par explorer les thèmes du désespoir et de la défaite, c’est à partir de la fin des années trente qu’il porte un intérêt croissant aux problèmes sociaux. Son roman «En avoir ou pas» et son unique pièce de théâtre, «La Cinquième Colonne» (1938), condamnent avec véhémence les injustices économiques et politiques. Dans le roman «Pour qui sonne le glas» (1940), qui s’inspire de son expérience de la guerre d’Espagne, Hemingway montre que la disparition de la liberté dans un pays, quel qu’il soit, met la liberté en danger dans le monde entier. Ce roman reste son oeuvre la plus célèbre. 

Durant la décennie suivante, il écrit encore un roman, «Au-delà du fleuve et sous les arbres» (1950) et, en 1952, «Le vieil homme et la mer», roman puissant et héroïque qui met en scène le combat solitaire d’un vieux pêcheur pour ramener sa proie à terre, combat qui trouve sa justification en lui-même bien plus qu’en son résultat. Ce livre lui vaut le prix Pulitzer en 1953 et le prix Nobel de littérature en 1954. 

Le dernier texte publié de son vivant est un recueil d’oeuvres poétiques (1960). Ses autres écrits ont été publiés à titre posthume : c’est le cas de «Paris est une fête» (1964), un récit de ses années parisiennes.

Si vous avez la chance d’avoir vécu jeune homme à Paris, où que vous y alliez pour le reste de votre vie, cela ne vous quitte pas, car paris est une fête.

Ernest Hemingway.

Un oeuvre inachevée, «Le jardin d’Eden» a été publiée en 1986, mais de nombreux manuscrits restent encore à ce jours inédits.

Tous ses romans sont empreints de cette différence qu’a ainsi résumée son amie et confidente Marlène Dietrich : 

Ce qu’il y a de plus incroyable, concernant Ernest, c’est qu’il a trouvé le temps de faire les choses dont la plupart des hommes se contentent de rêver.

Marlène Dietrich.

Personnage excessif, bon vivant, buveur notoire, mais aussi sportif, pêcheur, chasseur, amateur de corrida et de femmes, Hem’ a mené une vie aventureuse, où il se plaisait à côtoyer la mort. Dépressif, il se suicide le 2 juillet 1961 au petit matin, à Ketchum, dans l’Idaho, et met un point final à son existence, de la même façon qu’il achevait un roman, celui de sa vie.

Maison d’Ernest Hemingway à Ketchum dans l’Idaho.

Derrière cet auteur à la vitalité débordante, au courage sans bornes et au style unique, derrière le mythe, il y avait avant tout un homme passionné et passionnant, n’ayant eu réellement pour objectif que la littérature.

 POUR ALLER PLUS LOIN :

  • Paris est une fête

Au cours de l’été 1957, Hemingway commença à travailler sur «les vignettes parisiennes», comme il appelait alors Paris est une fête. Il y travailla à Cuba et à Ketchum, et emporta même le manuscrit avec lui en Espagne pendant l’été 59, puis à Paris, à l’automne de cette même année.

Le livre qui resta inachevé, fut publié de manière posthume en 1964. Pendant les trois années, ou presque, qui s’écoulent entre la mort de l’auteur et la première publication, le manuscrit subit d’importants amendements de la main des éditeurs. Se trouve aujourd’hui restitué et présenté pour la première fois le texte manuscrit original tel qu’il était au moment de la mort de l’écrivain en 1961.

Ainsi, «Le poisson pilote et les riches», l’un des textes les plus personnels et intéressants, retrouve ici ces passages, supprimés par les premiers éditeurs, dans lesquels Hemingway assume la responsabilité d’une rupture amoureuse, exprime ses remords ou encore parle de «l’incroyable bonheur» qu’il connut avec Pauline, sa deuxième épouse. Quant à «Nada y pues nada», autre texte inédit et capital, écrit en trois jours en 1961, il est le reflet de l’état d’esprit de l’écrivain au moment de la rédaction, trois semaines seulement avant une tentative de suicide. Hemingway y déclare qu’il était né pour écrire, qu’il «avait écrit et qu’il écrirait encore»….

Dans les cascades du Haut-Giffre

Suivez-moi dans cette vallée de Haute-Savoie, au fil des histoires locales et d’une nature grandiose.

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À la question «Qui est la plus forte, l’eau ou la pierre ?», «La pierre», disent les enfants, «l’eau» répond le sage, car il sait que l’eau a pour elle la force, le mouvement de l’éternité. Cette devinette résume la vallée du Haut-Giffre. Parallèle à la vallée de l’Arve, l’industrieuse, et perpendiculaire à celle de Chamonix, la flamboyante, elle a des allures de paysage canadien, belle, sauvage, brutale et fière. Les sommets qui éperonnent le ciel culminent à 2 207 mètres pour le Criou, qui surplombe le village de Samoëns, et à près de 3 000 mètres pour le Tenneverge, à l’entrée du cirque du Fer-à-Cheval, à Sixt. Ici la roche est calcaire, l’érosion est forte, les avalanches de roches et de boue sont fréquentes. Il arrive que des drames endeuillent les hameaux, comme en 1602, lorsqu’une partie de la montage de Tête Noire s’effondra. Subsiste un oratoire en souvenir, une petite stèle de pierre grise qui, lors des éboulements successifs, a toujours été épargnée….Personne ne sait pourquoi.

Appartenant au royaume de Piémont-Sardaigne avant le rattachement de la Savoie à la France, en 1860, la vallée du Haut-Giffre fut jadis la possession des seigneurs du Faucigny. On y guerroyait, on y défrichait les forêts sous la conduite des moines pour ouvrir des pâtures, on chassait le loup et l’ours, le bouquetin et le chamois. Quand la disette menaçait, on ne rechignait pas non plus à faire un ragoût de marmottes. Il n’y a pas si longtemps, les anciens en mangeaient encore. La vie fut rude par ici, l’argent manquait, le travail aussi. Alors, on partait sur les chemins en direction des villes. On n’était jamais seul et on savait où aller. C’est que les hommes de cette vallée étaient reconnus pour savoir tailler la pierre, la choisir, l’appareiller avec goût, que ce soit pour un soubassement de grange où la flèche d’une cathédrale. Ces célèbres frahans, nom donné aux tailleurs de pierre issus de la vallée du Haut-Giffre, voyageaient dans toute l’Europe, allant de chantier en chantier, se réunissant entre eux, créant des sociétés de secours mutuel, parlant le mourmé, cette langue qui leur était propre et leur garantissait secret et mystère. Leur savoir n’est pas mort, il est juste endormi. Les travaux d’église, les oratoires, les chapelles….Leurs oeuvres se comptent par centaines du village de Mieusay à celui de Sixt.

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Samoëns

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À Samoëns, leurs empreintes sont visibles en maints endroits. En visitant ce très beau village et son jardin botanique, voulu par Marie-Louise Cognacq-Jaÿ en 1905, arrêtez-vous dans les vieilles rues du centre, regardez les encadrements de portes et de fenêtres, entrez dans l’église…Un travail magnifique où le temps passé était sans importance, seul le résultat comptait. Partout où la pierre résonnait juste et clair, il y avait des hommes pour la tailler. Jadis, il furent plusieurs centaines, il n’en reste que deux pour perpétuer la tradition.

Tout au long de cette vallée, la montagne vous accompagne, fière et bienveillante avec ceux qui savent la respecter. Nombreux sont ceux qui y ont perdu la vie pour l’avoir ignoré. À commencer par Jacques Balmat, le premier homme à avoir réussi l’ascension du mont-Blanc. À 72 ans, il est mort, un jour de 1834, sur le glacier de Ruan. Il aurait découvert un filon d’or au fond d’une crevasse et y aurait glissé. Il repose encore là-haut dans son linceul de glace.

À l’époque, beaucoup jouaient ainsi leur vie. Les chasseurs de chamois furent nombreux à trouver la mort en « dérochant » jusqu’au bas des parois, quand chamois et bouquetins réussissaient, eux, à s’échapper. Il faut aussi parler des cristalliers qui pouvaient faire fortune en un jour en découvrant un bloc de cristaux ou perdre la vie en un instant. Jadis, les cordes étaient en chanvre et, une fois mouillées et gelées, elles cassaient comme du verre. À force de drames et de deuils, on découvrit que, une fois tressée, l’ortie était plus solide parce que plus ligneuse.

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Le Giffre traverse le village de Sixt-Fer-à-Cheval

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Une fois passé le village de Sixt et son abbaye classée, il faut poursuivre la route. Se diriger vers le cirque du Fer-à-Cheval, à la fois muraille protectrice et arène à ciel ouvert. Il n’y a qu’une route à suivre jusqu’au bout, au-delà c’est l’infranchissable, sauf pour les randonneurs expérimentés. Depuis le XIXe siècle, on vient y respirer l’air des cimes, écouter les cascades, faire quelques sommets. Aujourd’hui c’est une réserve naturelle avec une faune et une flore alpestres parfois uniques. En levant les yeux, on découvre la magnifique cathédrale de pierre du Tenneverge avec la Corne du chamois. Nous sommes ici dans une verticalité absolue, autant pour le corps que pour l’esprit. Même les plus téméraires ont des frissons d’humilité face à la toute-puissance de la pierre. Dans un tel lieu, il faut prendre son temps, s’extraire du quotidien, rêver ou méditer.

Au pied du Tenneverge, le hameau du Frénalay était jadis un village étape, où l’on s’arrêtait quelques semaines à la fin du printemps pour faire paître les animaux, avant de monter en estive ; on en redescendait à la fin de l’automne. En témoignent ces chaounes où dormaient le berger, sa cheminée ouverte pour recevoir le chaudron où l’on fromageait la tomme. Aujourd’hui, les estivants viennent y écouter des légendes d’ici transmises de génération en génération. Ce sont sans doute ces morceaux d’histoire qui viennent nourrir notre imaginaire. Dans ce massif calcaire, l’eau est partout. Elle jaillit des cascades, ruisselle à l’intérieur de la roche, alimente le Giffre naissant. En plein été, tente cascades mêlent leur chants en même temps. Leurs sources sont le plus souvent connues…sauf celle de la pleureuse. Personne ne sait d’où vient son eau, c’est un mystère géologique. Pour le lac de la Vogealle, c’est une autre originalité : une fois par an , il s’assèche, on ne sait pas pourquoi.

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Là ne se termine pas le voyage. Il faut aller encore plus loin. En poursuivant à pied ver le Fond de la Combe puis jusqu’au Bout du Monde, barrière naturelle qui ferme la vallée, on découvre une nature intacte et préservée, réserve naturelle oblige. Il n’y a aucune difficulté particulière. A droite l’immense massif chapeauté par les glaciers du Ruan et celui de Prazon. À gauche une muraille ombreuse où les bouquetins viennent chercher l’ombre l’été. Il faut du temps pour les repérer mais eux vous auront vus de suite. Ils sont là, sur une paroi verticale à vous faire frémir. Eux n’ont pas peur, leurs sabots tendres et mobiles leur donnent cette adresse impressionnante. Vous êtes ici au coeur d’une nature exceptionnelle. Regardez, observez, imprégnez-vous des arômes et des parfums : fleurs, foin, écorce, résine, eau de glace… En rentrant par le sentier de Giffrenant, vous traverserez un alpage jadis exploité par les chanoines de l’abbaye de Sixt. Leurs cellules sont encore visibles. Un lieu de contemplation et de ressourcement, avec, face à vous, la montagne qui vous invite à lever les yeux…vers elle ou vers le ciel.

Qui a construit STONEHENGE ?

Le plus célèbre monument mégalithique du monde, situé en Angleterre, n’a pas encore livré tous ses secrets ….

Une structure préhistorique "unique" découverte près du site de Stonehenge  en Angleterre
Stonehenge
Carte brodée de Stonehenge par Mamigoz - Chez Mamigoz

C’est quoi ce cercle de pierres ?

Ils montent la garde, balayés par les vents froids de Salisbury, à 140 km au sud-ouest de Londres, en Angleterre. 76 géants de pierre dressés sur la vaste plaine, dont un cercle composé de 30 pierres surmontés de linteaux : Les Trilithes. C’est l’image de ces majestueux portiques qui nous vient à l’esprit quand on évoque Stonehenge. Certains pèsent plus de 40 tonnes et culminent à près de 7 mètres. En réalité, Stonehenge, ce n’est pas un cercle de pierres, mais quatre ! la construction de cet incroyable monument a débuté il y a plus de 5 000 ans, bien avant la construction des pyramides d’Égypte, et s’est étalée sur près de 1 000 ans. On distingue en général trois phases. Les premiers bâtisseurs arrivent vers – 3 000 – Dans le sol calcaire, ils creusent un fossé marquant un cercle de 114 mètres de diamètre, entouré d’un talus. À l’intérieur, bordant le pourtour, ils matérialisent 56 trous. Nommés trous d’Aubrey, ils sont très vraisemblablement abrités de poteaux de bois, aujourd’hui disparus. Plus tard, entre – 2 400 et – 2 300, des hommes construisent une structure en forme de double fer à cheval composée d’environ 80 pierres bleues. Enfin, vers – 2 000, les nouveaux occupants dressent, au centre du cercle, les immenses trilithes en sarsen, un grès de la région, que nous connaissons aujourd’hui.

Stonehenge est une folie architecturale, un délire de taille XXL, qui déroute quand on son qu’elle a vu le jour il y a quarante à cinquante siècles. Les mégalithes, ces monuments constitués d’une ou plusieurs pierres de grandes dimensions, ont été érigés par des hommes préhistoriques sans l’aide de mortier pour fixer la structure. Nous sommes alors en plein néolithique, les hommes sont déjà passés de l’état de chasseur-cueilleurs nomades à celui d’agriculteurs sédentaires. La vie est dure. Les archéologues estiment qu’une population néolithique peut, au mieux, espérer dégager un surplus de production de 5% par rapport à ses besoins vitaux. Qu’ils triment dans les champs où qu’ils soignent leurs bêtes, la majeure partie de leur vie devait donc être tournée vers la production de ressources alimentaires. «Chaque année, la population, ne pouvait consacrer qu’une vingtaine de jours à une activité non productive» avance le préhistorien Charles-Tanguy Le Roux, aux cahiers Science et Vie, en mars 2008. Ce qui ne laisse pas beaucoup de temps disponible pour se consacrer «aux grands travaux», comme les pierres dressées de Stonehenge. Conclusion : il fallait une autorité très forte pour mobiliser des centaines de personnes sur de tels chantiers. Les spécialistes du mégalithisme pensent en effet que la construction d’un seul cairn (un gigantesque amoncellement de pierres) nécessitait entre 7 000 et 30 000 journées de travail, en fonction de sa taille ! «Des défis colossaux, qui correspondent sans doute à la volonté de démontrer la puissance de ceux qui ordonnaient cette construction», estime Chris Scarre, professeur d’archéologie à l’université de Durham, au Royaume-Uni.

Énigmes Archéologiques - (page 5) - Frawsy

Comment des paysans de la préhistoire ont-ils pu tracter des pierres géantes sur 30 kilomètres ?

C’est un exploit herculéen si l’on songe qu’ils travaillaient sans roue ni appareil de levage moderne ! Vers – 2000, les bâtisseurs seraient allés chercher les lourds blocs de sarsen, un grès plus dur que le granite, dans les Marlborough Downs, situés à plus de 30 km du site. Or, le poids moyen des monolithes en sarsen est de 25 tonnes, le plus massif pesant 50 tonnes ! Ce détail n’a pourtant pas arrêté les ingénieurs du néolithique : on suppose que les monolithes ont été tractés sur des traîneaux graissés ou des rondins géants, par des centaines d’hommes. Des ouvriers qui tiraient de toutes leurs forces sur des cordes en fibres naturelles (chanvre, racines de lierre) selon un axe déterminé par des poutres parallèles posées au sol. La méthode n’est pas spécifique au site anglais, et paraît valide pour des pierres encore plus lourdes, comme le grand menhir brisé d’Er Grah à Locmariaquer, en Bretagne : un monolithe pesant 280 tonnes – 10 fois plus lourd que les grès de Stonehenge – et traîné sur plus de 10 km. Chapeau, les ancêtres ! Mais il y a mieux. On estime que ces travaux titanesques devaient mobiliser des centaines de personnes, voire un bon millier. Or, un village de l’époque compte à peine 200 âmes. Ce qui fait dire aux archéologues que les monuments comme Stonehenge ou le cairn de Gavrinis (- 3500), en Bretagne, étaient construits par un même clan dont les membres étaient répartis sur quatre ou cinq villages différents. Se regroupaient-ils une fois l’an, au solstice par exemple, pour parfaite le monument de leur ancêtre commun ? Mystère …..

Comment a-t-on dressé ces pierres à la verticale ?

Pour dresser les énormes blocs, nos ancêtres ont fait preuve de leurs talents d’ingénieurs. Ils commencent par creuser à côté de chaque monolithe une fosse dont l’un des bords est incliné. Puis, les ouvriers font tomber la grande pierre dedans en la poussant. Celle-ci, reposant alors sur la pente, dépasse du trou en position inclinée, à moitié relevée. Les hommes se placent ensuite sur le côté opposé et, au moyen de cordes en fibres attachées sur la partie dégagée de la pierre, la tirent jusqu’à ce qu’elle vienne buter contre un berceau de réception en bois qui l’empêcher de basculer de l’autre côté. Mission accomplie : le monolithe se tient debout, pointé vers le ciel ! La fosse est ensuite remblayée avec des gravats afin d’assurer la stabilité de l’énorme bloc de pierre ainsi dressé.

A quoi servait le site de Stonehenge ?

Il aurait été un vaste lieu de pèlerinage. Il y a 4 300 ans, les femmes et les hommes accèdent aux cercles de pierre par l’Avenue, une voie processionnelle bordée de fossés, mesurant au total 2.8 kilomètres de long, et reliant les mégalithes à une rivière, l’Avon. Cette voie mène également à un village préhistorique voisin, Durrington, situé au nord-est du site.

10,000 BCE to 2,000 BCE - Neolithic Era... | Sutori

Or, au centre de ce hameau, on a trouvé les traces d’un cercle formé de poteaux de bois ! Selon l’archéologue Mike Parker Pearson, c’est le signe d’un schéma traditionnel associant les pierres de Stonehenge aux morts et le bois de Durrington aux vivants. Entre les deux, le fleuve Avon évoquerait, pour sa part, le passage entre ces deux mondes. De grandes festivités devaient dont rassembler des centaines de pèlerins chaque année. Grâce aux fouilles récentes, on peut même avoir une idée de l’ambiance qui régnait lors de ces rencontres. L’équipe de Mike Pearson a en effet trouvé à Durrington de nombreuses carcasses d’animaux à peine entamées. Fait étonnant : les bêtes n’auraient été tuées qu’à deux périodes distinctes, autour du solstice d’été et de celui d’hiver. Deux périodes remarquables de l’année pendant lesquelles les pèlerins se seraient livrés à des festins pantagruéliques. L’hypothèse, toutefois, est à prendre avec des pincettes, tempère l’archéologue de l’Inrap Cyril Marcigny : «Les datations carbone ne sont pas assez précises pour connaître si finement l’occupation du site».

Reste une certitude : les bêtes, comme les hommes, venaient de toute la Grande-Bretagne. Certains même depuis l’archipel des Orcades à l’extrême nord de l’Écosse. CQFD : Stonehenge était une sorte de Mecque du néolithique. «Des monuments comme Stonehenge ou Carnac en France (des alignements d’environ 3 000 blocs de pierre datés vers – 2800, dans le Morbihan) n’avaient pas qu’une fonction locale. Leur réputation s’est étendue progressivement et, les individus circulant beaucoup à l’époque, ils sont devenus des lieux de pèlerinage très fréquentés», précise Jean Guilaine, archéologue spécialiste de la préhistoire et professeur honoraire au Collège de France.

Pourquoi retrouve-t-on des centaines de mégalithes des îles de la méditerranée jusqu’au nord de l’Europe ?

I megaliti | Histoire universelle, Géographie, Mégalithes

Tumulus de Bernenez dans le Finistère (-4800), mégalithe du Petit mont dans le golfe du Morbihan (- 4500), alignements de Carnac (-2800), mais aussi tumuli du Danemark, des Pays-Bas ou d’Irlande …Dès le Ve millénaire avant notre ère, le nord et l’ouest du continent se couvrent de géants de pierres. Puis, au IVe millénaire, les mégalithisme se répand en Méditerranée : Corse, Sardaigne, Malte, Espagne, Crète, Minorque…Qu’est-ce qui pousse les hommes de l’époque à parsemer le paysage de colosses de pierres ? pour comprendre, il faut remonter aux origines du néolithique. L’aventure commence vers – 9000 au Proche Orient, où nos ancêtres développent l’agriculture et l’élevage. Une révolution : «On a soudain des réserves, on capitalise, cela entraîne une compétition sociale et oblige la société à s’organiser», explique le préhistorien Jean Guilaine. Au fil des siècles, les rendements s’améliorent, les communautés explosent, il faut émigrer. Les paysans entament une lente migration vers l’ouest et s’installent en Europe. Vers, – 5300, ils sont en France, et vers -4000, en Grande-Bretagne. On commence à cultiver du blé et de l’orge, on domestique des animaux ( mouton, chèvre, boeuf, porc), on invente la poterie et le polissage des pierres. Des villages apparaissent, avec, à leur tête, des personnages influents. En se heurtant à la façade atlantique, ces pionniers vont peut-être prendre conscience que leur territoire est limité. Ils doivent maintenant apprendre à vivre dans une sédentarité permanente, les mégalithes sont-ils le signe de cette prise de conscience ? Impossible de trancher. Une chose est sûre : visibles de très loin, ces roches colossales marquent le territoire d’un clan et organisent le culte des ancêtres pour mieux proclamer : «Cette terre est à nous !».

Quelle énigme recèle encore Stonehenge ?

Chaque année la cartographie du site de Stonehenge, toujours en fouilles, s’affine davantage. Parfois, la chance donne un petit coup de pouce. Comme à l’été 2014, où un mystère a pu être résolu grâce à un tuyau d’arrosage trop court : sans eau, l’herbe n’a pas pu pousser comme d’habitude et des empreintes sont apparues sur le sol révélant l’emplacement de pierres disparues. Un hasard qui a permis de confirmer qu’à l’origine les trilithes formaient bien un cercle totalement fermé. En revanche, les archéologues butent sur une énigme depuis près de cent ans ; qui sont les 60 morts de Stonehenge ? L’enquête démarre au début des années 1920, quand on déterre des dizaines de sépultures, pour la plupart situées au niveau du cercle formé par les trous d’Aubrey. Rien d’étonnant, les ouvrages mégalithiques abritent souvent des tombes. En France le cairn de Gavrinis (Morbihan) abrite un tombeau collectif vieux de 5 000 ans. Mais qui sont les défunts su site Anglais ? Après avoir retrouvé près des corps des bagues, généralement associées à des sceptres, ainsi qu’une coupe en céramique ayant servi d’encensoir, on a pensé à des dignitaires religieux. Hypothèse balayée par l’analyse des ossements, qui révèle que les défunts sont aussi bien des hommes que des femmes et des enfants. En étudiant de plus près les sépultures, les experts réalisent que toutes les dépouilles sont placées au même niveau, en cercle, sans que l’une soit plus mise en avant qu’une autre. A l’image d’une société égalitaire, où le pouvoir serait aux mains d’une oligarchie éclairée, façon chevaliers de la Table ronde ? «L’image de la mort n’est pas forcément celle de la société. Rien ne nous dit que la hiérarchie sociale n’existait pas du temps des caveaux communs», modère Jean Guilaine, professeur au Collège de France.

Nouvelle découverte en 2020 ▼

Archéologie : découverte extraordinaire aux abords de Stonehenge - Le Point

Une structure préhistorique «unique», formant un cercle de plus de deux kilomètres de diamètre, a été mise au jour près du célèbre site mégalithique de Stonehenge, a annoncé en juin 2020 l’université écossaise de St Andrews. «Un travail de terrain et des analyses récents ont mis en évidence la présence de vingt excavations massives préhistoriques ou plus, d’un diamètre de plus de dix mètres et de cinq mètres de profondeur», a indiqué l’université qui a travaillé avec d’autres établissements supérieurs sur le site. Ces excavations forment un cercle de plus de deux kilomètres de diamètre autour de l’enceinte («henge») néolithique de Durrington Walls et du site de Woodhenge, à environ trois kilomètres de Stonehenge. Elles auraient été creusées il y a plus de 4500 ans, environ à l’époque où Durrington Walls a été érigé.  Selon les archéologues, ces excavations auraient marqué les limites d’une zone sacrée à l’époque néolithique, associée avec l’apparition des premiers agriculteurs en Grande-Bretagne et parfois l’érection de très imposantes structures rituelles. «Toutefois, aucune structure préhistorique au Royaume-Uni n’entoure une zone aussi grande que le cercle d’excavations à Durrington, et cette structure est actuellement unique». 

Pour plus d’infos, visitez le site Futura Sciences : https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/archeologie-gigantesque-structure-circulaire-decouverte-pres-stonehenge-81618/

Pour Richard Bates, de l’école des sciences environnementales de l’Université de St Andrews, cette découverte «nous donne un aperçu du passé qui montre une société encore plus complexe que nous ne pouvions jamais imaginer. Des pratiques manifestement sophistiquées démontrent que les gens étaient en harmonie avec les événements naturels dans une mesure telle que nous pouvons à peine le concevoir dans le monde moderne dans lequel nous vivons».

Royaume-Uni: les célébrations du solstice d'été de Stonehenge ont réuni  23.000 personnes - Le Point
Célébration du Solstice d’été à Stonehenge

Les peuples qui ont bâti les mégalithes y ont mis une énergie démesurée qui impressionne toujours. Pour faire le tour des mégalithes, des villages préhistoriques et de la majestueuse Avenue processionnelle, prévoyez environ six heures. Classé en 1986 au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, Stonehenge est pour des milliers d’individus venus du monde entier, une des merveilles dispersées dans le monde. Un endroit spirituel où des cérémonies ont été et sont toujours organisées, ainsi qu’une source d’inspiration pour les théories les plus folles. Chaque fois qu’un mystère quelconque entoure un fait ou un monument, il engendre un certain nombre de théories fantaisistes. C’est donc le cas pour Stonehenge, dont on dit par exemple qu’il aurait été construit par des êtres venus d’ailleurs, ou que seuls des procédés surnaturels étaient en mesure de réaliser un tel monument. Dans une légende médiévale datant du 12ème siècle, c’est Merlin l’enchanteur qui aurait bâti Stonehenge, avec l’aide d’un géant !!! Toutes ces théories, m’apparaissent bien divertissantes. Quoi qu’il en soit, Stonehenge n’a pas encore livré ses secrets, les prochaines décennies nous apporteront elles des réponses à nos interrogations ? Restons curieux !

Week-End dans la capitale de La Belgique.

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Bruxelles – Dans les jardins du quartier du Mont des Arts, où les plus beaux musées de la ville se laissent visiter.

On trouve tout et son contraire dans cet îlot francophone en pays flamand. Au-delà de sa Grand-Place, la cité Belge, arty et volontairement décalée, a une personnalité qui mérite qu’on l’envisage sous plusieurs angles. Je vous propose de visiter BRUXELLES,  la plus européenne des capitales entre tradition et modernité. 

L’ART NOUVEAU né dans les dernières années du XIXe siècle et emporté par la Première Guerre Mondiale, a été un mouvement éphémère. Heureusement, il y a Ixelles et Saint-Gilles. À la lisière de ces quartiers du sud du centre ville, le musée HORTA porte haut et fort la mémoire du chef de file incontesté de l’Art nouveau belge, Victor Horta. 

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Le Musée Horta, joyau de l’Art nouveau belge, offre une plongée dans la belle Époque.

Un art total, tout en ondulations, ornementations de fer et de mosaïques, des poignées de porte aux balcons en forme d’ailes de libellules.

Nul autre quartier de la capitale belge ou le pire côtoie le meilleur en architecture – compte autant de vestiges de la belle époque : hôtels Tassel, Solvay, hannon, étonnants édifices signés Paul Hankar...Rares sont ceux qui se visitent, ce qui explique l’affluence au musée Horta, mais ils se laissent admirer depuis la rue et offrent un beau but de promenade. Au passage, on découvre un quartier chic et arty, où les bonnes tables côtoient les galeries d’art et où nombre des très nombreux Français installés dans la capitale belge depuis une vingtaine d’années ont élu domicile.

DANS LE QUARTIER ROYAL,  quarante-huit statues des anciennes corporations de la ville bordent la bulle de verdure du square du Petit Sablon.

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Square du Petit Sablon – Bruxelles

En face, l’église Notre-Dame semble vouloir percer le ciel de ses flèches gothiques. Elle précède la Place du Grand Sablon, bordée de boutiques chics. Quelques centaines de mètres plus loin Le contraste est d’autant plus saisissant avec la solide architecture classique des musées royaux des Beaux-arts, quelques centaines de mètres plus loin ▼

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Musée des Beaux-Arts

Des primitifs flamands à Magritte,  en passant par les oeuvres contemporaines du Moderne Muséum, ces quatre musées ont de quoi satisfaire toutes les curiosités artistiques.

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Le MIM

Le dernier-né, le Fin-de-siècle Muséum, s’intéresse à l’Art Nouveau, qui s’illustre aussi au musée des Instruments de musique, remarquable autant pour sa collection que pour sa façade. Celui que les Bruxellois appellent simplement le MIM est en effet logé dans le bâtiment de l’ancien magasin Old England, splendeur Art nouveau de 1899.

AUTOUR DE LA GRAND-PLACE :

Plus on se rapproche du haut beffroi de l’hôtel de ville, et plus on entre dans le territoire des icônes de Bruxelles.

Premières d’ente elles, les galeries de Saint-Hubert et leurs longues verrières sous lesquelles scintillent les boutiques chics. Elles mènent au cœur vibrant de la ville : La Grand-Place

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Bordée de demeures à pignons, la Grand-Place est le cœur de Bruxelles.

​D’un côté l’hôtel de ville et sa tour gothique, de l’autre la dentelle de pierre de la maison du roi. Tout autour : une série de demeures aux noms parfois surprenants – la Brouette, le Sac, la Louve – plus belles les unes que les autres. Une splendeur qui se pare de couleurs dorées à la nuit tombée.

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Manneken-Pis

L’icône suivante est très petite en taille, mais grande en importance aux yeux des Bruxellois. Le Manneken-Pis est bien plus qu’une statue d’un gamin espiègle urinant : ce bronze d’à peine plus de 50 cm de haut est le symbole de l’esprit d’irrévérence et d’indépendance des habitants de la ville.

Le quartier décline d’autres icônes – l’incontournable Musée de la BD, la biscuiterie Dandoy, les belles Halles Saint-Géry – mais présente aussi une nouveauté dans l’air du temps : le long boulevard Anspach est depuis peu piétonnier. On respire ! 

À la nuit tombée, L’Atomium, conçu pour l’Exposition universelle de 1958, s’illumine ▼ 

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L’Atonium

L’Atonium est devenu au fil du temps un symbole de la capitale Belge et un lieu touristique incontournable de Bruxelles,  comme la Tour Eiffel  à Paris. 

Son nom provient de la combinaison des mots «atome» et «aluminium», matière avec laquelle les sphères étaient originellement recouvertes. Il représente les neuf atomes et les jonctions sont en fait une schématisation de la maille du cristal de fer agrandit 165 milliards de fois.  

Cette oeuvre d’art, crée par l’architecte André Waterkeyn, se compose de 9 sphères, chaque sphère est reliée aux autres par des tubes qui reposent sur 3 piliers. Ses éclairages et des clignotements symbolisent le trajet d’un électron dans un atome. A l’intérieur on effectue un promenade surréaliste à travers les tubes et les sphères métalliques, d’où l’on apprécie un panorama fantastique sur Bruxelles et ses alentours. 

AU COEUR DE LA VILLE les Bruxellois appellent «Caprice des Dieux» le bâtiment du Parlement européen, ▼ en référence à sa forme qui évoque le célèbre fromage. 

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Le bâtiment du Parlement Européen date des années 1990.

Avec le Berlaymont, quelques centaines de mètres plus au nord, qui abrite le siège de la Commission européenne (ne se visite pas), cet édifice sans charme est l’un des piliers de l’Europe. C’est par ce simple mot que les habitants désignent ce quartier de quelques kilomètres carrés qui concentre tant de fonctionnaires, diplomates et lobbyistes qu’il est l’un des moteurs du dynamisme et du cosmopolitisme de la capitale Belge. 

Plusieurs sites permettent d’en apprendre plus sur ces institutions souvent décriées et perçues comme complexes. Le Parlamentarium affiche une présentation multimédia high-tech, la Maison de l’histoire européenne revient sur les épisodes glorieux (ou non) de l’histoire des pays de l’UE, et il est même possible de visiter l’hémicycle.

Pour varier un peu, le mieux est d’aller prendre l’air dans le parc du Cinquantenaire ▼ 

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Le Parc du Cinquantenaire abrite un arc de Triomphe, érigé à l’initiative du roi Léopold II, dont le sommet dévoile un beau panorama de la ville.

Ou tenter de visiter l’étonnant musée Wiertz, se trouvant face au parlement européen et présentant les oeuvres de ce fantasque artiste du XIXe siècle.

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C’est en 1850 que le sculpteur de talent, l’écrivain prolifique mais aussi le peintre Antoine Wiertz (1840 -1865) qui, de son vivant, n’hésitait pas à se comparer aux plus grands, eut l’idée de se faire construire un énorme atelier aux frais de l’état. Un contrat fut passé entre l’artiste et le ministère de l’intérieur qui prévoyait qu’en échange de l’aide reçue, Wiertz léguerait à sa mort ses œuvres à l’état. Le bâtiment restauré à grand frais, abrite aujourd’hui la majeure partie de son œuvre et en particulier ses monumentales toiles représentant des scènes mythologiques. Le musée se visite gratuitement, conformément aux volontés de l’artiste...Mais il reste fermé le Week-End. D’ailleurs il n’accueille que 4 000 visiteurs en moyenne par an, soit une quinzaine par jour….Une fréquentation dérisoire si l’on tient compte des frais de fonctionnement : Chauffage, surveillance, conservation des oeuvres. Logiquement chaque visiteur «coûterait» ainsi de l’argent. Mais pourquoi ne pas fermer en semaine et ouvrir les samedis et dimanches, lorsque les gens sont disponibles ? Cela ne devrait pas coûter plus cher …. Explications dans cette vidéo

Vous l’aurez compris,  ce musée doit rester confidentiel…. Est-ce une histoire humoristique Belge ? 

En fait, Les Bruxellois, veulent un espace publique qui le reste et des musées ouverts à tous. En 2017 ils ont demandé aux autorités belges que cesse la déferlante administrative et son cortège de mesures sécuritaires dans le parc et le quartier Léopold. Ils s’apposent à la mainmise de l’administration européenne sur le musée Wiertz et ses annexes. Plutôt que le vendre au Parlement européen  – Pour un euro symbolique – Ils demandent à l’état Belge qu’il honore la mémoire et le testament d’Antoine Wiertz en ouvrant à nouveau sa maison aux artistes et en faisant en sorte que le musée soit mieux promu et plus souvent accessible.

Les Bruxellois auront-ils gain de cause ?  Je leur souhaite, car on les aime beaucoup et ils nous le rendent bien.

Rennes-le-Château entre fantasmes et certitudes !

Devenu symbole du tourisme ésotérique, ce village Audois n’en finit pas de susciter mystères et interrogations sur « LE CURÉ AUX MILLIARDS »

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Rennes-le-Château

Un foisonnement littéraire

« Le Secret dévoilé », le dernier livre en date (2012) sur les mystères de Rennes-le-Château, au titre terriblement évocateur, a dû titiller l’esprit de bien des lecteurs qui, un jour ou l’autre, se sont plus ou moins passionnés pour l’histoire de ce village perché de l’Aude, devenu en quelques décennies le centre de toutes les croyances ésotériques. Cependant, un ouvrage de plus dans lequel Christian Doumergue, qui n’en est pas à son premier coup d’essai, détricote d’abord le mythe de l’abbé Saunière (ce qui est plutôt encourageant) avant de tomber dans un délire où se mélangent des sociétés secrètes, la légende de l’Altantide et des extraterrestres de tous bords pour, au final, accéder à la « race fabuleuse » (selon Gérard de Sède), qui serait à l’origine de l’humanité. Rien que cela ! Encore une fois, « le Secret dévoilé » n’était qu’un leurre….un effet de vente. Une tradition bien ancrée dans la littérature rhédaenne, chaque livre édité se croyant détenteur de la vérité.

Tout commence, à vrai dire, par la parution, entre le 12 et le 14 janvier 1956, d’articles dans La Dépêche, signés Albert Salomon, qui tient son récit de Noël Corbu, le légataire universel de Marie Dénarnaud, celle-là même qui avait servi Bérenger Saunière et détenait, selon ses dires, le secret de Rennes-le-Château. Il n’en fallut pas plus à partir de ce titre évocateur, «La fabuleuse découverte du Curé aux milliards de Rennes-le-Château», pour déclencher par la suite une véritable frénésie littéraire dont l’auteur le plus connu se nomme Gérard de Sède et son best-seller «l’Or de Rennes ou la vie insolite de Bérenger Saunière, curé de Rennes-le-Château», publié en 1967, inspiré par Pierre Plantard et qui fut suivi de quatre autres opus.

Rennes-le-Château : un melting-pot ésotérico-touristique

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Portrait de l’abbé Béranger Saunière (1852-1917)

De cette incontinence ésotérique, Rennes-le-Château a tiré une solide réputation. Qui plus est quand on sait que le village se situe au cœur d’une région riche d’histoires et de mystères en tout genre. N'est-elle pas d'ailleurs l'antique Rhédae, dernière capitale des Wisigoths soupçonnés d'avoir enterré là leur trésor ? S'y ajoutent le nid d'aigle de Quéribus où virent se réfugier les derniers cathares et leur hypothétiques trésor, sans oublier Bugarach, lieu de tous les fantasmes ufologistes. Un véritable triangle des Bermudes à la sauce ésotérique touristique qui draine vers Rennes-le-Château, sous la chaleur écrasante des mois d’été, une foule bigarrée d’adeptes des Atlantes, des cathares, des templiers, du Prieuré de Sion, des petits hommes verts et des professionnels de la poêle à frire, familles lambda et tamalous bon vivants, les plus nombreux sans doute, venus là se recueillir avec foi, curiosité et un brin d’amusement sur les vestiges d’un secret détenu par un abbé sulfureux, Béranger Saunière. Au nez et à la barbe du diable qui accueille tout ce petit monde à l’entrée de l’église dédiée à Marie-Madelaine et qui ne sait plus à quel saint se vouer (un comble, me direz-vous !) devant tous les commentaires que suscite son étonnante présence.

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Église de Rennes-le-Château

L’abbé, la comtesse et la cantatrice

Sans son curé aux milliards, Rennes-le-Château serait resté ce petit village endormi de quelque deux cents âmes, oublié des axes de communication, victime comme tant d’autres de l’exode rural et de la désertification française. Quand il en reçoit la cure, en janvier 1885, François Béranger Saunière est âgé de 33 ans. Pas vraiment une promotion pour l’abbé dans les idées légitimistes s’opposent à la fibre républicaine et à l’anticléricalisme de la majorité des habitants. Qui plus est quand il découvre une église et un presbytère en ruine. En terre de mission, Saunière, qui ne manque pas de tempérament, décide de relever le défi et de redonner à sa paroisse la vitalité chrétienne exigée par sa foi. Quitte à faire frémir les moustaches des plus fervents républicains. C’est que le curé à des relations. L’évêque de Carcassonne en premier lieu, Mgr Arsène Billard, qui fermera les yeux sur les plaintes qui s’accumuleront au fil du temps vis-à-vis de ce pasteur bien encombrant, mais également les milieux royalistes qui n’ont pas encore abdiqué toute ambition de voir rétablir la monarchie, malgré le décès du comte de Chambord. Dès lors, Rennes-le-Château ne devient-il pas le centre névralgique d’une nouvelle croisade chrétienne dont Saunière est le maître d’œuvre ? Ainsi s’expliqueraient les aides financières qui afflueront bientôt vers Rennes-le-Château de la part de la comtesse de Chambord, descendante des Habsbourg, Mme Cavailhé de Cousan, et de la grande cantatrice de l’époque, Emma Calvé, férue elle aussi d’occultisme comme l’abbé.

Trésor…..mon beau trésor

En commençant les travaux de restauration de son église, Bérenger Saunière a rendez-vous avec l’histoire. La découverte inattendue de ce qui restera sans doute à jamais un mystère l’oblige d’abord, dans un premier temps, à renvoyer les ouvriers du chantier afin de continuer seul, caché par des palissades, à creuser le sol de l’église. Un abbé armé d’un pic et d’une pioche qui met sens dessus dessous le sol de son sanctuaire, voilà un bien beau sujet de conversation pour les Rennains qui ne sont pas au bout de leur surprise quand l’un d’entre eux surprend Saunière et marie Dénarnaud affairés en pleine nuit à déplacer des tombes dans le cimetière. Un borne à ne pas dépasser qui déclenche l’ire du maire. Sommé de s’expliquer, le curé laisse planer le mystère sur sa découverte, ses voyages à Paris et surtout sur la frénésie de dépenses et de constructions qui, dès 1901, agite le landerneau rennain. Une folie des grandeurs qui voit successivement s’élever la villa Béthania, la tour Magdala, et le jardin exotique qui les cerne.

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La villa Béthania, la tour Magdala, et le jardin exotique

De nombreuses personnalités défilent à Rennes-la-Château. Le curé mène grand train, ses dépenses de construction s’élevant à la somme colossale de 675 000 francs-or. À l’évêché même, qui vient de changer de propriétaire, on s’émeut d’une telle situation. Convoqué, Saunière explique cette soudaine fortune par différents legs dont il ne peut avouer la provenance. Une explication bien insuffisante aux yeux de Mgr de Beauséjour qui, après l’avoir vertement tancé, l’expédie dans la paroisse de Coustouge. Saunière, qui n’est pas homme à se laisser démonter facilement, refuse tout net sa mutation :

«Si notre religion, écrit-il, nous commande de considérer avant tout nos intérêts spirituels, elle ne nous ordonne pas pour autant de négliger nos intérêts matériels, qui sont ici-bas, et les miens sont à Rennes et non ailleurs. Je vous le déclare, Monseigneur, avec toute la fermeté d’un fils respectueux : Non, je ne m’en irai jamais ! »

Face à son refus, l’affaire remonte jusqu’au Vatican qui finit par le surprendre à divinis, pour détournement et dilapidation de fonds. L’abbé ne se résout pas et tente de faire appel. En vain ! Le 11 avril 1915, Saunière se voit interdire d’exercer. Menacé d’expulsion, l’abbé se terre dans sa villa, se consacrant à sa collection de timbres. Sentant sa fin prochaine, Saunière met de l’ordre dans ses affaires, ordonnant à sa fidèle Marie Dénarnaud , qui se tient à son côté, de brûler bon nombre de papiers. C’est elle qui, à la mort du curé, le 22 janvier 1917, à l’âge de 65 ans, deviendra sa seule légataire. La gouvernante ne dévoilera jamais le secret de la fortune subite de l’abbé, laissant grande ouverte la porte à toutes les interprétations sur le trésor supposé :

«Avec ce que le curé avait laissé, il y avait, a-t-elle affirmé un jour à une amie, de quoi nourrir le village pendant cent ans, et il en resterait encore.»

La servante décède le 29 janvier 1953. Noël Corbu, le nouveau propriétaire du domaine, auquel elle avait promis de dévoiler le mystère, en sera pour ses frais !

Place aux hypothèses !

«Entre les fantasmes les plus délirants et les certitudes historiques», comme l’écrit Jean Markale, Rennes-le-Château nagera dès lors dans les eaux trouves de l’ésotérisme, savamment orchestrées et entretenues par toute une cohorte d’écrivains qui en feront leur « gagne-délire ». Que l’abbé Saunière ait profité de la manne financière des partisans d’un retour à la monarchie, faisant de Rennes-le-Château le sanctuaire de la reconquête des esprits égarés de l’anticléricalisme est une certitude. Qu’il ait effectué une découverte archéologique de premier ordre dans son église reste du domaine du possible. Qu’il en ait négocie en secret la vente pour assouvir une soudaine mégalomanie de constructions l’est tout autant. Cette hypothèse expliquerait à la fois sa politique de grands travaux et les déclarations au compte-gouttes de Marie Dénarnaud sur la fortune soudaine du curé de Rennes-le-Château. Comme on le voit, on est là bien loin d’un trésor qui n’existe finalement que dans les esprits imaginatifs qui s’empareront, dans la seconde moitié du XXe siècle, de l’histoire du « Curé aux Milliards ». Ainsi, pêle-mêle, au gré des supputations, évoque-t-on le trésor des cathares ; celui des templiers, enterré dans l’Aude après la mort de Jacques de Molay, grand maître de l’ordre, et qui pourrait être le fameux Graal ; le trésor de Jérusalem – qui aurait contenu l’arche d’alliance et le chandelier à sept branches – emporté par les Romains puis volé par les Wisigoths en 410 avant d’être enterré à Rennes-le-Château ; et que dire de l’acte de mariage de Jésus avec Marie-Madelaine, document sulfureux que l’Église aurait tenté de récupérer ; sans parler de la tombe du Christ ramenée en ce lieu par Marie-Madeleine et que Saunière aurait mise au jour !

Une histoire falsifiée

Si mystère il y a à Rennes-le-Château, il faut chercher dans la volonté délibérée de jouer avec les contradictions et les énigmes, en posant des indices factices d’un trésor qui n’aurait jamais existé. Une extraordinaire mystification réalisée par l’intrigant Pierre Plantard qui, comme l’écrit Christian Doumergue, «Fit passer Rennes-le-Château de simple fait divers local au rang d’histoire que l’on connaissait à travers la planète».

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L’église et la Tombe de l’abbé Saunière

Un détournement qui alimentera désormais le mythe de Rennes-le-Château, falsifiant ce qui n’était au départ, qu’une simple histoire. Celle d’un curé s’entourant d’un climat de mystères à travers ses fouilles, laissant divaguer l’imagination de ses paroissiens sur la découverte probable d’un trésor archéologique dont il emportera le secret dans sa tombe. Mystification et imagination qui ne résistent pas à une analyse historique rigoureuse basée non plus sur des rumeurs et des hypothèses, mais sur l’étude des documents qui ont été découverts. Afin de faire revenir l’affaire du «curé aux milliards» du mythe à la réalité.

Jean de La Fontaine : des fables pour instruire et divertir.

Nous autres, petits français, sommes nourris dès notre tendre jeunesse au pur jus de LA FONTAINE. On pourrait se demander quelle étrange aberration a conduit des générations successives de pédagogues à décider que LA FONTAINE est un auteur pour enfants sous prétexte qu’il met en scène dans ses fables des animaux doués de la parole. 

Rien n’est plus cruel,  en réalité, que ce théâtre animal où les agneaux innocents sont dévorés, où les ânes sans défense sont livrés au bourreau pour trois brins d’herbe qu’ils ont mangés et où des grenouilles vachement gonflées éclatent de vanité. Mais jamais ce fabuliste misanthrope et souriant n’a caché que ses animaux n’étaient que des hommes mal déguisés qui se mettent un loup sur le visage pour commettre leurs forfaits. Il serait regrettable que la réputation d’auteur scolaire faite – bien à tort – à La Fontaine, détournât plus tard l’adolescent ou l’homme de la lecture de ses Fables. 

Comment un lecteur ne suivrait-il pas pas les préceptes d’une morale si simplement, si joliment exprimée que les mots en restent à jamais gravés dans sa mémoire? 

La France, pays de LA FONTAINE, devrait être sage entre toutes les nations puisque la morale quotidienne s’y trouve mise en vers légers et souriants. Ah ! si nous avions eu un juriste, poète comme lui, pour mettre le Code Civil en vers inoubliables, nul ne serait plus censé ignorer la loi! 

Dans le langage quotidien, nous utilisons sans nous en rendre compte – et sans lui verser ce droit d’auteur moral qui se nomme la reconnaissance – les images et les expressions ou les vers de notre ami le fabuliste.

Une comédie animale et humaine : 

C’est ainsi que LA FONTAINE définit son recueil. «Ce n’est pas aux hérons que je parle ; écoutez, humains». Quelque 180 animaux peuplent ses fables. Parmi eux, il y a les puissants et les faibles. 

Le renard et le singe

«Les forts» sont souvent des carnivores [le lion, le loup, le renard, le chat….], des rapaces [le vautour, l’aigle…] Les victimes, ou «faibles», sont généralement symbolisées par l’agneau, l’âne ou la souris. Mais tous les personnages n’entrent pas forcément dans l’une de ces catégories. Les animaux utilisant la ruse peuvent parvenir à changer de classe : C’est le cas du renard ou du singe. L’art d’instruire :

Les messages du 1er recueil présentent une morale traditionnelle. La Fontaine signale au lecteur les dangers qui le menacent. Il lui propose de se contenter d’un bonheur simple. Il lui conseille de se méfier des autres, d’utiliser la ruse plutôt que la force brutale et, enfin, de ne compter que sur lui-même. 

Dans le 2ème recueil, il insiste souvent sur l’idée que l’homme est sot, avide et superficiel. Il l’accuse d’ingratitude, de cruauté et de manque de piété. Selon lui, il faut accepter la mort, savoir profiter de l’amitié, chercher la retraite dans la nature et respecter les autres peuples. La fabuliste affirme aussi ses idées politiques. Il défend la monarchie contre la démocratie, à condition que le peuple soit solidaire de son roi. Par ailleurs, La Fontaine est un catholique convaincu. Selon lui, seul Dieu peut guider les hommes. La sagesse passe par un équilibre entre l’âme et le corps. L’homme doit s’accepter tel qu’il est, supprimer ses désirs et ses passions. La Fontaine lui conseille de rester chez lui, de ne pas voyager ni de s’intéresser à la science. La sagesse passe par l’épicurisme : L’homme doit profiter de la vie, de façon modeste, en jouissant des biens que lui offre la nature.

L’art de divertir : 

La Fontaine n’est pas un donneur de leçons. D’ailleurs, il sait ridiculiser les beaux discours, à l’image de celui du Pédant faisant la morale à l’Enfant qui se noie. Pour ne pas ennuyer le lecteur, il a recours au comique. La confusion qui règne entre les mondes animal, humain, minéral, végétal et mythologique complique les récits. Mais elle permet surtout de jouer sur les mots et les situations. La Fontaine, utilise la moquerie et la satire pour attaquer les vices. Le comique de la description passe par la caricature. Celle du Renard «serrant la queue, et portant bas l’oreille» ou encore celle du Héron « au long bec emmanché d’un long cou». Les exemples de comique de geste sont également nombreux  – L’âne «se vautrant, grattant, et frottant». Enfin, l’auteur utilise aussi le comique de caractère pour grossir le défaut d’un personnage : la légèreté de la Cigale et l’avarice de la fourmi, l’hypocrisie du Renard et la vanité du Corbeau. 

Son mot d’ordre : plaire. «On ne considère en France que ce qui plaît ; c’est la grande règle et pour ainsi dire la seule», écrit-il dans sa préface. 

C’est la manière de dire les choses qui les rend légères ou sérieuses. La Fontaine joue sur le décalage. La fable est traditionnellement un genre qui s’adresse aux enfants. Or, il est évident que La Fontaine a écrit pour les adultes. Cela provoque un comique de décalage. La Fontaine joue sans cesse sur les registres : il passe du registre inférieur au registre supérieur. Cette alternance crée une surprise et un plaisir à la lecture. Et de ce fait, une connivence et un jeu unissent l’auteur et le lecteur. 

En étudiant les fables d’Ésope, on constate qu’il n’y a pas de dialogue. Au contraire, La Fontaine fait appel au style direct. Par exemple, «Le renard s’en saisit et dit : Mon bon Monsieur…» La Fontaine reprend le ton des comtes, qui souvent s’adressent directement au public. Un réseau de langage au style direct se mêle à la narration, qui, elle, est plus objective. De ce fait, l’écriture est très dynamique. Le langage de chaque personnage nous donne des indications sur son physique, sur son niveau social, mais surtout sur sa psychologie. 

La fourmi, symbole de la minutie et de l'économie.

La fourmi, symbole de la minutie et de l’économie. La Fontaine est un moraliste: la psychologie et le caractère des personnages l’intéressent plus que leur niveau social. Pour lui, la position sociale n’importe que dans la mesure où elle a une influence sur le caractère d’un personnage. 

Les Fables de LA FONTAINE sont des textes d’une richesse inépuisable. Mais elles sont également des textes difficiles, pour les enfants comme pour les adultes. Le langage de La Fontaine est en voie d’archaïsme. Il fait des allusions au langage savant. Son style est très allusif car La Fontaine a souvent recours à l’ellipse. Tout cela fait que ses fables ne sont pas compréhensibles facilement.

Un loup affamé et affaibli rencontre un chien gras, beau et puissant. Le loup fait des compliments au chien qu’il admire, et celui-ci lui dit que si il veut être aussi bien soigné que lui, il n’a qu’à le suivre, et obéir à son Maître. Mais la contrepartie de ces soins est que le chien est attaché et qu’il est au service de son Maître justement. Le loup lui répond qu’il préfère être affamé mais libre, que bien nourri et asservi. 

«Qu’est-ce là ? Lui dit-il. Rien. – Quoi ? Rien ? – Peu de chose – Mais encor ? – Le collier dont je suis attaché de ce que vous voyez est peut-être la cause – Attaché ? dit le loup : vous ne courrez dont pas ou vous voulez ? – Pas toujours ; mais qu’importe ? – Il importe si bien, que de tous vos repas je ne veux en aucune sorte, et ne voudrais pas même ce prix à un trésor – Cela dit, maître loup s’enfuit, et court encor».

La morale de cette histoire est que la liberté n’a pas de prix. Il vaut mieux être libre mais affamé, que bien nourri mais attaché.

Sa vie : 1621-1695 

Jean de la Fontaine naît à Château-Thierry [Aisne] le 8 juillet 1621. Son père était maître des Eaux et Forets et capitaine des chasses. 

Une jeunesse sans soucis :  Après le collège, il entre en 1641 à l’Oratoire, où il mène une vie monacale qui ne l’intéresse pas plus que le travail scolaire. Il quitte l’établissement 18 mois plus tard. En 1649, il décroche un diplôme d’avocat. En 1647, son père le marie à une jeune fille de 14 ans, Marie Héricart. En 1652, il retourne à Château-Thierry et hérite de la charge paternelle de maître des Eaux et Forêts. Ne parvenant pas à exercer cette lourde tâche, il revend la charge. 

Préciosité et libertinage : Quand il se rend à Paris, il fréquente les société précieuses et libertines. Sa vocation poétique s’éveille de plus en plus. Il passe de longues heures à lire, traduit l’Eunuque de Térence, compose un poème, Adonis, qu’il offre à Nicolas Fouquet. Au moment de la chute de FouquetLa Fontaine reste son plus fidèle défenseur. Cette fidélité lui vaut la haine de Colbert, puis celle de Louis XIV lui-même. 

Ses protecteur :  Après Fouquet, il devient le protégé de la duchesse d’Orléans. En 1673, Mme de La Sablière le recueille et, après la mort de celle-ci en 1693, Mme d’Hervart. En 1684, il est élu a l’Académie française. Il y retrouve ses amis Boileau, Perrault et Furetière. Malade, il meurt chez ses derniers protecteurs, le couple d’Hervart. 

Après lui, la fable devient une mode et influence des auteurs comme Perrault, Mme de Villedieu, ou encore Furetière. 

Intemporelle grandeur de La Fontaine :  Les changements considérables connus par l’humanité depuis La Fontaine n’ont altéré en rien la pertinence de ses analyses de l’âme humaine  – L’homme sur le fond n’a pas beaucoup évolué. 

Yamoussoukro et sa fameuse Basilique !

Yamoussoukro est située à 240 kilomètres au nord d’Abidjan qui est la capitale économique du pays. 

Yamoussoukro

Autrefois, Yamoussoukro était un petit village nommé N’Gokro. Le nom a été changé en souvenir d’une reine de Baoulé appelée Yamousso, on y a ajouté Kro, qui veut dire village en langue baoulé. Yamoussoukro signifie «Village de la reine Yamoussou». 

Il y a 37 ans, le président Félix Houphouët-Boigny transférait la capitale de la Côte d’ivoire à Yamoussoukro. D’immenses chantiers ont été lancés pour la transformer en ville moderne : aéroport international, institut polytechnique, palais présidentiel, et aussi le plus grand lieu de culte chrétien du monde ! Mais le transfert des institutions n’a jamais eu lieu. 

Sur l’un des immenses boulevards de Yamoussoukro, trois voitures zigzaguent en tous sens pour contourner les innombrables nids-de-poule. L’image résume l’état de la capitale administrative ivoirienne : démesurée et quelque peu délaissée.  A «Yakro» règne une atmosphère de capitale fantôme : de vastes étendues colonisées par les hautes herbes, de rares écoliers déambulant sur des trottoirs géants, d’immenses édifices quasiment vides et le sentiment qu’une modeste bourgade est venue habiter un décor de mégapole au beau milieu de la jungle ivoirienne. Mais on respire mieux qu’à Abidjan, congestionnée dans ses embouteillages permanents et son air pollué.

Yamoussoukro incarne surtout le délire d’un Président qui a voulu faire de son petit village le centre du monde et qui a dépensé, sans compter, pour réaliser son rêve dans une ville qui n’a de capitale que le nom. 

Les 4 principaux bâtiments de Yamoussoukro sont très impressionnants. Ils sont situés aux 4 points cardinaux de la ville : La Préfecture au nord, la Fondation au sud, l’Hôtel du Président à l’est et la Basilique Notre-Dame-de-La-Paix à l’ouest. Les premières lettres de chaque édifice mises bout à bout forment les initiales du Président Félix Houphouët-Boigny. Il fallait y penser!

Au pied de la Basilique Notre-Dame-de-la-Paixnous sommes éblouis par tant de beauté mais aussi surpris de la voir, plantée là au milieu de nulle part..▼ 

Basilique Notre Dame de la Paix - Yamoussoukro - Côte d'Ivoire -
Basilique Notre-Dame-De-La-Paix – Yamoussoukro – Côte d’Ivoire –

Passé l’étonnement, il ne reste plus qu’à la visiter et admirer de près cette prouesse architecturale réalisée par Pierre Fakhoury, Ivoiro-Libanais architecte en chef de Félix Houphouët-Boigny, et Louis-Antoine Césario, directeur des grands travaux de Côte-d’Ivoire.

Une débauche de Chiffres : 

  • Hauteur totale de l’édifice avec la croix : 158 mètres – La coupole : hauteur 60 mètres et 90 mètres de diamètre à la base – surface externe 14 300 mètres carrés – La Lanterne : hauteur 40 mètres poids 320 tonnes.
  • Le péristyle : 128 colonnes doriques – Le parvis : 84 colonnes doriques – le tambour : 48 colonnettes corinthiennes – L’intérieur de la basilique : 48 colonnes doriques – 12 colonnes ioniques – 48 pilastres corinthiens.
  • Superficie en marbres : 70 000 mètres carrés, (allée, parvis et intérieur) 
  • Vitraux : 12 baies rectangulaires de 21 mètres de haut sur 11 mètres de large – 12 baies en plein cintre de 28 mètres de haut sur 11 mètres de large – 12 baies des Apôtres, de 13 mètres de haut sur 8 mètres de large – verrière du Saint-Esprit : 40 mètres de diamètres – Superficie totale des vitraux : 7 400 mètres carrés. 

Le poids de la partie centrale est estimé à 98 000 tonnes. 

A travers cette oeuvre colossale, l’ancien Président voulait réaffirmer sa foi catholique face à la montée de l’Islam dans son pays. Le 10 Août 1985, lors de sa seconde visite en Côte d’ivoire, Jean-Paul II bénit la première pierre placée sous la Basilique actuelle. Un an plus tard, les premiers coups de pioche font démarrer les travaux de l’énorme chantier. Trois bonnes années s’écouleront, temps record pour une réalisation d’une telle envergure, avant que la nouvelle église soit bénie. La basilique fut officiellement consacrée par le Pape en septembre 1990.

Une immense colonnade incurvée délimite la grande place de trois hectares, la construction elliptique autour de la place forme un imposant péristyle à deux rangées de cent vingt-huit colonnes doriques.  Quatre chapelles dédiées aux quatre Evangélistes couronnent le tout. Celle situé au Nord-Est, dédiée à Saint-Jean, cache sous sa coupole sept cloches de bronze ; la plus grosse, le bourdon, pèse 4300 kilos. Coulées à Orléans, en France, dans la fonderie à tradition familiale des Bollé, suspendues à une charpente en iroko, bois venant du coeur du pays. Des mètres carrés de marbre venant d’Italie, d’Espagne et du Portugal, s’étalent comme un tapis coloré, en dessins géométriques et en rosaces sur le sol de la basilique et sur le parvis qui l’entoure. 

Parvis de Notre-Dame-de-la-Paix – Yamoussoukro

Pour qui regarde du parvis les fûts cannelés de ses 84 colonnes doriques, ceux-ci soutiennent un énorme plancher fait de larges surfaces carrées et rectangulaires de caissons de staff. Ce plafond, outre sa fonction décorative, protège les verrières de l’entrée de la Basilique et sert d’abri contre le soleil à tous ceux qui, pendant les grandes cérémonies, n’ont pas trouvé de place à l’intérieur. 

L’ensemble de l’édifice a été dimensionné au regard des règles architecturales classiques et des capacités d’accueil définies par le Maître d’ouvrage lui-même : 

  • 7 000 personnes assises et 11 000 personnes debout dans la nef centrale.
  • 30 000 personnes debout sur le parvis
  • plus de 150 000 personnes debout dans l’espace compris entre les colonnes de l’esplanade.

C’est donc un ordre de 200 000 personnes qui peuvent être rassemblées ici. 

Dès l’entrée, on est surpris par la fraîcheur et la demi-ombre envahissant un immense espace

Un ensemble de colonnes doriques et ioniques géantes ( plus de 30 mètres de haut) entoure le sanctuaire et s’élance vers le déambulatoire et la coupole dont on admire les proportions harmonieuses. Alors que les colonnes doriques sont pleines, les douze colonnes ioniques sont creuses. Elles sont numérotées car elles cachent six escaliers et quatre ascenseurs qui permettent d’atteindre le déambulatoire des Apôtres et les terrasses extérieures. Deux d’entre elles ont un rôle purement technique et abritent des câbles. 

La coupole

La coupole de forme hémisphérique, légèrement ogivale, haute de 60 mètres et d’un diamètre de 90 mètres, elle est parmi les plus grandes du monde. Ce qu’elle pourrait avoir d’écrasant est corrigé par les lignes verticales des colonnes, des colonnettes doubles et des nervures du dôme lui-même, lesquelles lignes élancent tout le bâtiment vers le ciel. Ce dôme doit son allure à des milliers de plaques d’aluminium laqué, installées sur une charpente en acier galvanisé. 

Le Baldaquin

Au centre de la basilique, sous la coupole, un très haut baldaquin de laiton et de bronze surplombe le maître-autel. L’ensemble brille de la couleur dorée du laiton poli à laquelle s’ajoutent les reflets multicolores de la lumière des vitraux. Au sommet du baldaquin s’élève vers le ciel une croix dorée soutenue par une sphère terrestre, insigne royal. Vers elle convergent des rameaux de palmier rappelant l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem et soulignant encore la royauté du Christ. Une grande coupole bleu foncé (de près de sept mètres de diamètre), figurant le ciel avec ses losanges étoile de couleur jaune, domine l’autel. Dans son intérieur, elle cache des projecteurs qui éclairent le magnifique lustre électrique à la française. Ses pendeloques en verre opalescent, enfilées sur de longues tiges pendues au bord de la coupole ou descendant de son centre permettent d’obtenir de riches effets de diffraction de la lumière.  

Au coeur de l’église, sur une estrade circulaire, la table de la messe s’expose aux regards de tous les visiteurs. Elle est en marbre, ses bords sont légèrement ondulés pour lui donner la délicatesse d’un tissu qui la recouvrirait. 

Les 24 grands vitraux disposés autour du sanctuaire composent une véritable paroi de verre dans laquelle seules les colonnes doriques s’engagent. Dans l’émerveillement du soleil tropical, ils exposent et communiquent visuellement l’enseigne biblique. Cet « art de peindre avec la lumière », typique de l’architecture des églises catholiques, a servi de « Bible en images » aux illettrés de l’époque de son épanouissement, c’est à dire au Moyen Age. Là il s’associe au goût de l’Africain pour la couleur. 

D’une surface totale jamais égalée, les vitraux de Yamoussoukro rivalisent avec ceux qui font la gloire des grandes cathédrales gothiques. Ils doivent leurs coloris à l’ancienne technique de fabrication du verre antique. L’ensemble, l’exploit de l’équipe de « France Vitrail International », étincelle de bleus, de rouges, de jaunes et aussi des verts de la végétation africaine. 

Pour jouir d’une vue d’ensemble des jardins, d’un vaste panorama sur la ville de Yamoussoukro et sur la savane qui l’entoure, il faut sortir par l’une des 24 portes qui font communiquer le déambulatoire des Apôtres et les larges terrasses entourant le tambour. 

On domine alors de 34 mètres les vastes terrains de 135 hectares autour de la basilique, et notre vue de promène sur des espaces de verdure, sur des bâtiments surgis du sol. Dans la lumière et la chaleur étouffante du soleil, l’axe principal de cet ensemble ordonné fuit à l’horizon : c’est une allée de marbre et de granit d’un kilomètre de long où aucun arbre n’arrête le regard. 

Derrière la Basilique, deux bâtiments rigoureusement identiques se laissent apercevoir. 

Parfaitement équilibrés, dominés par la ligne droite dans la répartition de leur masses architecturales et dans leur sobre décoration, ils sont d’un pur style néo-classique. Par la présence de colonnes, par leurs coloris, par le choix des matériaux, ils s’harmonisent avec le sanctuaire. L’un, celui du Sud-est, est destiné à l’accueil du Saint-Père et de sa suite lors de ses visites en Côte-d’Ivoire. L’autre, celui du Sud-Ouest, abrite les bureaux et les logements du rectorat. A l’entrée trois bâtiments construits après l’achèvement de l’œuvre d’ensemble sont destinés à l’accueil pratique des visiteurs, et toutes les commandes techniques : son, éclairage, sonnerie des cloches, climatisation…se font depuis une salle spéciale : le synoptique, qui se trouve à l’entrée de la crypte. 

La Sonorisation : 

La basilique constitue le plus vaste volume sonorisé du monde et la qualité du son produit à l’intérieur de son enceinte fermée est sans précédent.  Le système de sonorisation se situe à trois niveaux :

  • Au niveau du sol
  • Au niveau du déambulatoire des douze Apôtres avec les pièges à sons : ces plaques à croix ou à carrés sur les trumeau.
  • Au niveau de la coupole : un chambre sourde a été créée sous la voûte en perforant les panneaux de staff et en utilisant des matériaux modernes.  
  • A l’intérieur des colonnes du baldaquin se cachent des haut-parleurs qui diffusent un son d’une puissance acoustique pouvant aller jusqu’à 90 décibels. 

La Climatisation : 

La répartition uniforme et stable d’une couche d’air frais s’étalant sur toute la surface de la basilique mais sur une hauteur de trois ou quatre mètres seulement, même lors de l’ouverture des portes, est assurée par un système de climatisation intégré dans les colonnettes des bancs.

L’éclairage : 

2428 projecteurs d’une puissance extraordinaire ont été mis en place. C’est grâce à eux que l’on obtient cet effet imposant et splendide de la Basilique illuminée la nuit. Elle se fait repérer et admirer de bien loin. 

Notre-Dame-De-La-Paix,  est une Oeuvre immense et surréaliste où la pierre et le verre s’unissent selon les règles de l’art pour le plaisir de nos yeux.  Sa construction a soulevé beaucoup de controverses en raison des montants faramineux engloutis par Houphouët-Boignyface à la pauvreté d’une grande partie de la population ivoirienne. Mais les critiques de l’époque ne semblent plus avoir vraiment cours, c’est à présent, surtout un sentiment d’abandon qui nourrit la colère des habitants. Félix Houphouët-Boigny s’est éteint en 1993, et son successeur, Henri-Konan Bédié (victime d’un coup d’État en décembre 1999), s’est désintéressé de Yamoussoukro, et depuis toutes les promesses sont restées lettres mortes.

Nous achevons notre visite, à 20 km de la basilique, par une balade au lac des caïmans, à l’entrée du palais présidentiel ▼

Le Palais PrésidentielYamoussoukro

Le palais est une demeure construite sur six étages et d’architecture contemporaine. L’entrée est gardée de part et d’autre par deux béliers d’or grandeur nature (pour comprendre le symbole, il suffit de savoir qu’en langue baoulé, bélier se dit «Boigny»). Le palais ne se visite pas, mais on peut se promener autour du célèbre lac pour voir les 200 caïmans sacrés ayant appartenu au Président. Ces sauriens ont pour la plupart été offerts à Felix Houphouët-Boigny par ses amis et leur repas quotidien vers 17 heures est un véritable spectacle. Chaque jour des Donzos officient devant les curieux pour nourrir les sauriens et organiser des séances photos. Jusqu’à ce jour tragique de 2012 où, tentant de sortir de la fosse après avoir fait le spectacle, il tomba et glissa devant les reptiles qui décidèrent d’en faire leur repas. D’autres victimes suivirent. Depuis, l’accès au lac est sensé être plus surveillé et réglementé. Mais nous avons pu nous en approcher sans problème. Le rituel perdure conformément à la tradition. Chaque jour vers 17 heures, les reptiles reçoivent leur offrande : Des poulets balancés vivants dans la fosse. 

On ne s’attarde pas ! 

Nous quittons Yamoussoukro pour rejoindre notre hôtel situé à 335 kilomètres de là, dans le village d’Assinie en bordure du l’océan.  Dans les méandres de la mangrove se mélangent les eaux douces et les eaux salées. C’est tout un écosystème préservé. 

Sur les bords du golfe de Guinée, Assinie offre un double visage sauvage est domestiqué. Sa longue plage en a fait une station balnéaire privée devenue célèbre en 1978, puisque c’est là que fut tourné le film «Les Bronzés». Le meilleur endroit pour profiter de la vie en Côte d’Ivoire, se reposer à l’ombre d’un cocotier, barboter dans une piscine pour se rafraîchir, sauter dans les vagues,  siroter un jus de fruit et refaire le monde avec ses amis ! 

Edmond Rostand – 1868/1918

Comment imaginer aujourd’hui l’adulation que les Français vouaient à Edmond ROSTAND ? Toute une génération assoiffée d’héroïsme se reconnaissant en lui et en ses personnages.

CYRANO, bretteur redoutable mais aussi poète amoureux, au profil grotesque mais au cœur sublime

LE DUC DE REICHSTADT, fragile silhouette écrasée par l’ombre immense de l’épopée impériale

CHANTECLERC, coq superbe qui règne sur la basse cour, il croit que le soleil n’attend que son chant matinal pour apparaître chaque matin.

Ce sont là des héros aux qualités bien françaises : l’esprit, le panache, la générosité, la beauté du mot et du geste, le défi un peu ridicule, l’exploit désintéressé, la pointe, la bravoure et le trait. Et Dieu sait si l’esprit nationaliste français avait de l’importance au cours de cette période qui va de la débâcle honteuse de 1870 à l’espoir de revanche qui justifie la Grande Guerre de 1914 !

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Edmond Rostand

Edmond Rostand vit le jour à Marseille en 1868, un 1er avril, au sein d’une famille de négociants aisés et cultivés. C’est avec nonchalance qu’il accomplit des études brillantes avant de décider de se consacrer à la poésie.

Les débuts ne furent guère encourageants. Oublions charitablement LE GANT ROUGE, un vaudeville écrit à 20 ans en collaboration qui atteignit à peine quinze représentations, pour retenir plutôt un recueil de vers, LES MUSARDISES qui obtint un succès d’estime. En 1890, il épouse Rose, Étiennette (dite Rosemonde) Gérard, une poétesse de 19 ans qui passera à la postérité pour un distique fameux qu’un industriel de la bijouterie reproduira «à la chaîne» sur des montagnes de médailles.

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Car, vois-tu, chaque jour, je t’aime davantage, aujourd’hui plus qu’hier et bien moins que demain

Ces vers sont repris depuis plus d’un siècle, gravés sur les médailles et autres bijoux que s’offrent les amoureux.

Deux fils naîtront qui connaitront des destinées fort différentes en 1891, Maurice et, en 1894, Jean.

Edmond ROSTAND continue de produire des pièces qui lui vaudront de compter au sein d’un milieu littéraire qui l’ignore, quelques solides amitiés. Si les DEUX PIERROTS sont refusés par la Comédie Française, LES ROMANESQUES, eux, seront joués (1894) il aura avec Sarah Bernhardt une liaison passionnée et, comme l’actrice dirige le théâtre de la Renaissance, elle montera et jouera ses deux pièces en vers LA PRINCESSE LOINTAINE (1894) et LA SAMARITAINE (1897). C’est alors, qu’en 1898, éclate le succès inattendu, énorme, incroyable de CYRANO DE BERGERAC, qui du jour du lendemain, fera de ROSTAND un héros national.

Deux ans plus tard, ce sera l’AIGLON. Un public subjugué fera un triomphe à Sara Bernhardt dans le rôle du jeune Duc de Reichstadt et à Lucien Guitry dans celui de Flambeau, le grognard. Il n’est pas d’honneurs trop grands pour EDMOND ROSTAND que l’Académie française accueille en 1901. A 33 ans, le voici siégeant parmi tant de vieille barbes.

Edmond Rostand vêtu de son habit d’Académicien en juin 1903. Rue des Archives/©Rue des Archives/PVDE

Hélas ! A la veille de la représentation de l’Aiglon, il avait contracté une pneumonie qui le condamnait à mener désormais l’existence précaire des tuberculeux. Son médecin lui recommanda CAMBO, une station des Pyrénées dont le climat était bon pour les poitrinaires. Il tomba amoureux du pays. Sur un plateau d’où la vue embrasse la chaîne des Pyrénées, il acheta un immense terrain où il entreprit d’élever le palais de ses rêves. Des nuées d’ouvriers commencèrent par créer en quelques mois un somptueux jardin à la française : des bassins crachaient une eau qu’il fallait faire venir de 20 kilomètres. Comme ROSTAND ne voulait pas de baliveaux, on arracha dans les forêts voisines des arbres de haute taille qui furent plantés selon les dessins du poète. En 1903, commencèrent les travaux de la maison : conçue comme un décor de théâtre, elle fut baptisée du nom d’un torrent de la région, «ARNAGA». Le luxe des installations rappelle le faste des palais orientaux : des colonnes de marbre, un escalier monumental à la rampe de fer forgé, un salon tapissé de laques de Coromandel. Madame ROSTAND se baignait dans une baignoire en argent massif. Un trentaine de domestiques s’activaient dans la maison, et, à l’extérieur, un bataillon de jardiniers régnait sur le parc et sur la basse-cour remplie d’animaux que le poète avait voulu tous blancs : blancs les pigeons, les poules, les paons, les chiens loups, blancs aussi les chevaux.

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la villa d’ARNAGA à CAMBO les Bains

Si vous êtes de passage à Cambo-les-Bains, une ville historique dans les Pyrénées atlantique, une visite de l’emblématique Maison Edmond Rostand s’impose. Un peu à l’écart de la ville, cette belle villa ne passe pas inaperçue avec son grand jardin de 15ha et son architecture qui a inspiré le style néo basque, devenu très populaire dans toute la France. Classé monument historique en 1995 et labélisée Musée de France, on peut visiter ce domaine et les 19 pièces de la maison.

Dans ce paradis vivaient le couple ROSTAND et leurs deux garçons. Le premier, chéri de sa maman, versifiait avec elle et faisait preuve d’un penchant homosexuel très marqué. Avec son ami Jean Cocteau, venu en visite, il faisait scandale dans le bourg. Une affaire de ballets bleus provoqua l’indignation générale. Edmond Rostand souffrait de la conduite de son fils. Aussi dissemblable que possible de son frère ainé, le jeune Jean Rostand voyait s’éveiller à «Aragna» sa vocation de biologiste. On lui avait installé dans le fond du jardin un laboratoire où il se livra à ses premières expériences de génétique.

Les Rostand avaient des amis brillants et raffinés que la personnalité du poète attirait. Un quatrain, sous le porche d’entrée d’«Arnaga», les accueillait :

Toi qui viens partager notre lumière blonde

Et t’asseoir au festin des horizons changeants

N’entre qu’avec ton cœur, n’apporte rien du monde

Et ne raconte pas ce que disent les gens

Edmond ROSTAND fréquentait les plus belles femmes, les plus intelligentes aussi et ses liaisons ne passaient pas inaperçues : Madame Simone (morte le 2/11/1985, âgée de 108 ans !) Anna de Noailles, Sarah Bernhardt, bien sûr. Le ménage s’effritait. Rosemonde, se consolait avec le falot Tiarko Richepin, le fils du poète. Enfin, le 7 juin 1910, ce fut la première de CHANTECLER que le public attendait depuis dix ans. Ce fut un demi-succès ou plutôt un demi-échec. Ces acteurs, vêtus en animaux de basse-cour, surprirent les spectateurs, et, bien vite, les ennuyèrent.

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CHANTECLER

La pièce comportait pourtant de bien beaux morceaux de bravoure. Notamment l’HYMNE AU SOLEIL déclamé par le coq :

Je t’adore, Soleil

Tu mets dans l’air des roses,

Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson,

Tu prends un arbre obscur et tu l’apothéoses !

Ne seraient que ce qu’elles sont !

Affecté par l’accueil réservé a sa pièce, Edmond ROSTAND se retira à ARNAGA. Pendant la guerre, il ne vécut plus que dans l’attente de la Victoire. Au cour d’un voyage à Paris, il connut Mary Marquet qu’il ramena à Anarga le 28 juillet 1918. Ce fut sa dernière passion. Afin de pouvoir l’épouser, il songeait à demander le divorce. Il voulut être à Paris afin d’assister à la Victoire tant espérée. Il ne se doutait pas qu’il quittait Arnaga pour toujours. La veille du départ, sinistre présage, l’un de ses pigeons blancs s’abattit à ses pieds et y mourut. le 10 novembre, il était à Paris pour assister à la liesse immense qui salua l’armistice. Sa joie fut de bien courte durée : une semaine plus tard, il mourait, victime de la même épidémie de grippe espagnole qui tua un autre poète, Guillaume Apollinaire.

EDMOND ROSTAND, sentant venir sa fin, avait écrit : Je ne veux voir que la Victoire. Ne me demandez pas : «Après» ?. Après, je veux bien la nuit noire. Et le soleil sous les cyprès.

♦ Quelques années plus tard, le nom de ROSTAND sera de nouveau célèbre, non à cause de Maurice, poète frisé et bêlant, mais grâce à JEAN ROSTAND, remarquable savant et philosophe qui défendait dans ses écrits une morale fondée sur la croyance en la vérité et le progrès humain. On pourrait le définir comme un humaniste athée qui, toute sa vie, chercha à imposer une religion de l’homme.

Écoutez la voix de ce sage :

  • Etre le plus homme possible, développer en soi ce qui est le propre de l’homme et pour cela, être le moins bestial, le moins infantile, le moins névrosé.
  • Etre adulte, c’est être seul.
  • Je me sens très optimiste quant à l’avenir du pessimisme
  • Ô vérité, toi si belle quand il s’agit des choses, si laide quand il s’agit des hommes….
  • On tue un homme, on est un assassin. On tue des millions d’hommes, on est un conquérant. On les tue tous, on est un Dieu.

Le Château de Chambord, une oeuvre d’art exceptionnelle vieille de 500 ans !

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Chambord est sur la première liste des Monuments historiques en France en 1840, il est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1981.

Chambord est entouré d’un vaste parc forestier, protégé par une enceinte de 32 kilomètres de long, qui en fait le plus grand parc clos de murs d’Europe avec 5440 hectares. Chambord est une œuvre radicalement unique, l’un des joyaux du patrimoine de l’humanité. Sa vocation est symbolique, esthétique et spirituelle. Affirmation du pouvoir royal mais aussi évocation d’une cité idéale, le monument demeure une énigme qui n’a pas fini de révéler tous ses secrets. Chambord est un monument de beauté et d’intelligence, pensé par François 1et et Léonard de Vinci. C’est l’expression même de la Renaissance et son symbole à travers le monde. Chambord est sans doute à l’architecture ce que la Joconde est à la peinture. Non seulement parce que Chambord est l’édifice civil le plus important de cette époque mais parce que sa conception comme sa symbolique expriment l’idée du renouveau perpétuel, du cycle de la vie, de la place de l’homme dans le cosmos et d’une forme d’éternité.

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François 1er

1519. Un palais surgit au cœur des terres marécageuses de Sologne. François 1er, tout jeune roi, en ordonne la construction.

C’est une oeuvre architecturale monumentale que le roi se plaît à montrer aux souverains et ambassadeurs comme un symbole de son pouvoir, inscrit dans la pierre. Le plan du château et ses décors ont été conçus autour d’un axe central : le fameux escalier à double révolution, inspiré par Léonard de Vinci, spirale ascendante qui mène à partir des terrasses au foisonnement des cheminées et chapiteaux sculptés. ▼

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Escalier à vis – château de Chambord
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Léonard de Vinci

Doit-on le conception du château de Chambord, à Léonard de Vinci ? À la suite de la bataille de Marignan, François 1er découvre les merveilles de l’architecture italienne et le travail de Léonard de Vinci. Lors de son retour en France en 1516, François 1er invite le maître italien à séjourner à la cour de France en tant que «premier peintre, architecte et ingénieur du roi». Son influence dans la conception du projet de construction du château se retrouve dans la comparaison entre des partis architecturaux adoptés (le plan centré du donjon, le présence d’un escalier à vis, d’un système de latrines à double fosse et conduit d’aération ou encore le système d’étanchéité des terrasses…) et les croquis qu’il a réalisés dans ses carnets. Aucun autre architecte ou ingénieur n’a en effet laissé la trace de tels principes. On peut ainsi penser que Chambord fut la première et la dernière création architecturale du maître, mort au château du Clos Lucé à Amboise en 1519, quelques mois avant que ne débutent effectivement les travaux de construction de Chambord.

Il faut attendre le règne le Louis XIV pour que l’édifice soit achevé. C’est également à cette époque que les abords du château sont aménagés. Des écuries sont construites à l’extérieur du château et la rivière du Cosson, qui traverse le parc, est en partie canalisée pour assainir le site. Le Roi Soleil réside à plusieurs reprises dans le monument en compagnie de sa cour. Ces séjours sont l’occasion de grandes parties de chasse et de divertissements. Ainsi, Molière présente pour la première fois à Chambord la plus célèbre des comédies, le Bourgeois gentilhomme, le 14 octobre 1670, en présence de Louis XIV et de Lully.

Au XVIIIe siècle, des travaux sont entrepris afin d’aménager l’intérieur du château. Louis XV en dispose pour loger successivement son beau-père Stanislas Leszczynski, roi de Pologne exilé entre 1725 et 1733, puis le maréchal de Saxe, en récompense de sa victoire militaire de Fontenoy (1745). La nécessité d’apporter chaleur et confort à l’édifice pousse les différents occupants à meubler de façon permanente le château et à faire aménager dans les appartements boiseries, parquets, faux-plafonds et petits cabinets. Durant la Révolution, le château est pillé, le mobilier est vendu mais le monument échappe à la destruction.

Chambord connaît une période d’abandon avant que Napoléon n’en fasse don en 1809 au maréchal Berthier en remerciement de ses services. Ce dernier n’y fait qu’un court séjour et sa veuve demande rapidement l’autorisation de vendre cette grande demeure en mauvais état. L’ensemble du domaine de Chambord est ensuite offert en 1821 pour une souscription nationale au duc de Bordeaux, petit fils du roi Charles X. Les événements politiques qui le conduisent à l’exil ne lui permettent pas d’habiter son château. Il ne le découvre qu’en 1871 à l’occasion d’un court séjour pendant lequel il rédige son célèbre «Manifeste du drapeau blanc» qui l’amène à refuser le drapeau tricolore, et par là-même le trône. À distance pourtant, le comte de Chambord est attentif à l’entretien du château et de son parc. Il fait administrer le domaine par un régisseur, entreprend de grandes campagnes de restaurations et ouvre officiellement le château au public. Après sa mort, en 1883, le domaine passe par héritage aux princes de Bourbon Parme, ses neveux.

Le château et le parc sont propriété de l’État depuis 1930. Durant la Seconde guerre mondiale, les collections des grands musées parisiens sont évacuées afin d’être mises à l’abri des risques d’extraction et de bombardements sur la capitale. Ainsi, la Joconde de Léonard de Vinci, La Vénus de Milo, La Victoire de Samothrace, les peintures de Raphaël du Louvre, les tapis de la Savonnerie du château de Versailles…sont conduits vers un centre de dépôt et de triage unique, Chambord.

Dès 1938, le recensement des lieux pouvant abriter les collections nationales en cas de menace avait imposé Chambord comme un dépôt et lieu de transit idéal, situé en pleine forêt, éloigné de tout terrain militaire et de tout centre urbain, aux dimensions imposantes et aux pièces de plus de 100 mètres carrés. Craignant les bombardements et les pillages allemands, les principaux musées de Paris organisèrent un plan d’évacuation et de sauvetage ainsi, le 28 août 1939, le plus grand déménagement de tableaux de l’histoire s’achemine vers Chambord. Grâce à des conservateurs et des fonctionnaires du patrimoine zélés, les trésors nationaux traversèrent la guerre sans encombre, transformant Chambord en un musée imaginaire.

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Chambre de Louis XIV

Visiter Chambord, c’est accéder à un monde à part, qui ouvre les portes du génie. Ce château suscite toujours admiration et fascination, il est le plus mystérieux des palais royaux, jouant de la fausse symétrie et de plusieurs inconnues.