Zermatt la Blanche !

La station DU VALAIS SUISSE offre un domaine skiable grandiose au pied du mythique MONT CERVIN

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ZERMATT

Le Cervin est la montagne par excellence. Une montagne qui ne ressemble à aucune autre, magique, solitaire, qui s’élance d’un seul jet vers le ciel. Beaucoup y voient une pyramide, «Un obélisque triangulaire taillé au ciseau». Peut-être est-ce lié au charme exotique de son origine. Car le Cervin est africain ! Sa partie sommitale, qui culmine à 4.478 mètres d’altitude, est en effet constitué de roches cristallines qui correspondent à des fragments du socle géologique de l’Afrique, remontés à haute altitude au moment de la formation des Alpes.

Le Cervin, ou Matterhon en allemand, «est la plus grandiose créature du monde. Elle a la fascination d’une femme et la puissance d’un géant», écrivait Théophile Gautier.

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LE CERVIN

De tout temps, cette montagne pas comme les autres a aimanté les hommes. Sa face nord, réputée la plus difficile des Alpes avec celle de l’Eiger et des Grandes Jorasses, a été conquise sur le tard en 1865, soit près de 80 ans après le Mont-Blanc.

Dans la station Suisse de Zermat impossible de lui échapper où que vous soyez. On le voit partout. Le matin, il est le premier sommet à s’illuminer du rose-oranger du soleil naissant. Et dans la ville, il désigne quantité de magasins, de restaurants, d’hôtels. Son image est omniprésente : sur les forfaits de ski, sur l’emballage des chocolats Toblerone, dans le logo de la marque Ricola…Et pas uniquement en Suisse. La montagne s’affiche sur la couverture d’un album de Depeche Mode, d’un livre de Bernard Werber. Le Matterhorn Bobsleds est même une attraction de Disneyland. Bref, le Cervin, aussi unique que multiple, est incontournable à Zermatt, la station le plus réputée du Valais alémanique.

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Depuis longtemps, les skieurs ont envahi ses contreforts. 360 kilomètres de pistes se déroulent entre Rothorn et la station voisine de Valtournenche, en Italie. Partagé en trois secteurs distincts, le domaine culmine au petit Cervin (encore lui) à 3.883 mètres d’altitude et permet de skier toute l’année. Ce sommet accessible par le plus haut téléphérique d’Europe offre une vue circulaire époustouflante sur les Alpes, avec pas moins de 38 sommets de plus de 4.000 m, dont le mont Rose, le mont Viso, le Grand Paradis ou encore l’étonnant Weisshorn. De ses hauteurs se dévoile une piste de 25 kilomètres de long, là où Max Julen, l’enfant du pays, a chaussé ses premiers skis avant de devenir champion olympique du slalom géant à Sarajevo en 1984.

L’autre particularité de Zermatt c’est le très haut niveau d’équipement. Ici, on grimpe sur les pistes dans des téléphériques ou télécabines ultramodernes, mais aussi par un funiculaire souterrain ou un train à crémaillère qui monte au sommet du Gornergrat, à 3.089 m d’altitude.

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Train à crémaillère du Cornergrat

Le train à crémaillère le plus haut d’Europe en plein air transporte ses passagers 365 jours par an de la gare de Zermatt (1.620 m) au sommet du Gornergrat. Le trajet dure 33 minutes et franchit un dénivelé de 1.469 mètres. Sur 9.4 km de voie il passe par des ponts impressionnants, des galeries ainsi que des tunnels et longe des forêts de mélèzes et d’arolles, des gorges et des lacs de montagne.

Pour décrire ce que l’on ressent pendant le trajet, il faut avoir pris place soi-même dans le Gornergrat Bahn. Les chiffres suivants permettent de se faire une idée des souvenirs impérissables que laisse ce voyage:

  • 1er train à crémaillère de Suisse, depuis 1898
  • départ de la vallée, arrivée au sommet en 33 minutes
  • 365 jours par an
  • point de départ : gare de Zermatt (1620 m)
  • destination : Peak Gornergrat (3089 m)
  • différence d’altitude: 1469 m

La station ne s’est jamais endormie sur ses lauriers. Au cours des quinze dernières années, elle a investi plus de 500 millions de francs Suisses dans les remontées mécaniques et les enneigeurs. Et ce n’est pas fini. L’an prochain, il sera possible de rejoindre Zermatt et Valtournenche en passant par le petit Cervin, été comme hiver, sans même chausser les skis. De fait, les non-skieurs ont également largement de quoi occuper leur séjour. On peut y pratiquer aussi bien le parapente que le traîneau à chiens, sans oublier les balades à pied ou en raquettes. Zermatt abrite pas moins de 70 kilomètres de chemins d’hiver damés ! Mais aussi quantité de boutiques dans la rue principale ou l’on peut acheter à peu près tout ce que l’on peut trouver rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris.

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Le vieux Zermatt est composé de chalets datant pour certains du XVIe siècle.

La ville compte également un charmant quartier de vieux chalets des XVIe et XVIIIe siècles qui abrite une étonnante fontaine construite en bronze en hommage à Ulrich Inderbinen, l’homme qui a gravi le Cervin à 371 reprises. La dernière fois, il avait 90 ans.

Zermatt est souvent décrite comme une station huppée. C’est vrai que la ville abrite plusieurs palaces ou hôtels 5 étoiles. Mais il y a aussi sur place deux auberges de jeunesse, des appartements en location et des petits hôtels à des prix abordables.

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Village d’igloos

Pour le fun, en cours de séjour, il existe un village d’igloos à 2.727 mètres d’altitude où l’on peut manger et passer la nuit.

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Cork Et Kerry, en vert et pour tous !

De marchés en pubs, de paysages sauvages en vestiges gaéliques, le sud-ouest de l’Irlande se prête à toutes les envies. Sa fière culture, teintée de danse et de musique, et l’âme celtique qui perdure ajoutent une touche d’exotisme à un voyage contemplatif.

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Parfois, l’aventure est au coin de la rue. À Cork, elle commence sur l’avenue qui relie l’aéroport au cœur de la ville Irlandaise. Volant à droite et conduite à gauche ; un rond point à prendre dans le sens des aiguilles d’une montre….me voilà en panique ! Et puis doucement, la route s’apprivoise. Suffisamment pour relâcher un peu la concentration et observer le décor. Pour l’heure, les faubourgs alignent des friches, souvenirs d’un passé industriel révolu. Mais Cork est une rebelle. Depuis qu’Apple en a fait sa tête de pont pour l’Europe, levant dans son sillage une armée de geeks, elle a repris goût à la vie. Immeubles de verre reflétant avec insolence des bâtiments désaffectés ; élégantes demeures géorgiennes toisant avec arrogance de vieux pubs à la peinture écaillée. Avec le boom technologique, le Saint Patrick’s Quay qui longe la rivière Lee est devenu un joli méli-mélo architectural, comme un pied de nez à Dublin, la rivale de toujours. ▼

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CORK, un sacré CARACTÈRE

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Comme chaque matin, l’English Market s’éveille. Il n’est pas qu’un marché couvert datant de 1780, comme il est écrit sur la façade, mais, reconstruit plusieurs fois après moult incendies, il est l’âme de Cork, souvenir du XVIIIe siècle lorsque les commerçants prirent racine dans la ville située à dix kilomètres de la mer, pour profiter de l’afflux des migrants en partance pour le Nouveau monde : vestige de l’époque où les huguenots français s’installèrent dans les ruelles du French Quarter. Encore faut-il le dénicher, caché dans le coquet cœur de ville aux demeures de grès rouge, où il fait bon flâner. Tout ce qui se mange en Irlande s’y trouve : mouton, saumon fumé, boudin noir, huîtres….Même des fromages, comme le Cashel Blue qui se déguste avec des crackers : excellente mise en bouche avec le pub crawl (comprenez la « tournée de pubs »!).

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C’est au contact de ses habitants, en partageant une bière, que transpire l’âme celtique de Cork. Ici, pas de discrimination à l’entrée en fonction du look, de l’âge. À Oliver Plunkett, des groupes de rocks s’égosillent. Charlie’s Bar joue une partition plus traditionnelle. Dans sa minuscule salle, quelques musiciens chauffent l’ambiance lors d’une seisium, un concert informel. Au son des violons et des bodhran (tambours sur cadre), on se serre les coudes et on claque des mains jusqu’à plus soif. Avec son physique imposant, ses tatouages et sa barbe hirsute, Liam pourrait être joueur de football gaélique, sport national qui remplit les stades chaque week-end. Il se pratique au pied et à la main, en dribblant : un étrange mélange entre rugby, foot et basket. Ce soir, ses doigts ne jouent pas avec le ballon mais caressent le tin whistle (une flûte). À lui seul, il met le feu !

Fiers et chauvins, les habitants considèrent que Cork est la vraie capitale de l’Irlande. De là, il est facile d’explorer les charmes du sud-ouest de l’Eire. Avec son port de poche et ses maisons maquillées, Kinsale (à une vingtaine de kilomètres) est LA station balnéaire de la grande ville.

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Kinsale

Balade à vélo ou croisière avec – pour les plus chanceux – l’observation des dauphins et baleines. À Killarney, ce sont les conducteurs de calèches qui sont durs en affaires. Les attelages sont partout dans cette ville à une heure de route de Cork : ils conduisent les visiteurs jusqu’à Muckross House, qui accueillit la reine Victoria le temps d’une nuit. Si la demeure évoque la vie aristocratique au XIXe siècle, la région vaut d’abord pour ses paysages sauvages.

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Région de Killarney

Éclairé de trois lacs scintillants comme du mercure, cerné de forêts profondes et protégé par les Macgiliycuddy’s Reeks ( la plus haute chaîne de montagnes d’Irlande), le Killarney Parkle plus ancien des six parcs nationaux irlandais – ouvre ses 10 000 hectares aux activités de plein air : vélo ou kayak, golf ou pêche. Départ en calèche, balade en bateau et pique-nique sur l’île d’Innisfallen qui émerge de l’un de ses lacs, avec pour décor les ruines d’un monastère.. mon programme de la journée est délicieusement bucolique!

Killarney est aussi la ligne de départ de l’anneau de Kerry, la route panoramique qui ceinture Iveragh, l’une des cinq péninsules ( avec Dingle, Beara, Sheep’s head et Mizen Head) qui pénètrent l’Atlantique que des kilomètres, tels de longs doigts décharnés d’un sorcier. Sur ces terres tourmentées mises à mal par les crises économiques, il n’y a pas de place pour une autre couleur que celle de l’espoir. Vert sombre des forêts d’épicéas, vert jauni des bruyères ou vert tendre des pâturages. Et pourtant, la région n’est jamais monotone, perpétuellement redessinée pas les nuages qui roulent dans le ciel ; routes bordées de murets de pierre ou protégées par des « barrières » de fougères ; prés verdoyants qui dégoulinent des collines pour s’échouer dans l’océan ; falaises tourmentées et criques dorées ; moutons tondus et montages pelées, à moins que ce ne soit l’inverse !

Dopée par la douceur du Gulf Stream, la flore pousse anarchiquement sur ces terres d’abondance (rhododendrons et même palmiers), à peine dérangée par quelques villages alanguis, une poignée de châteaux médiévaux et manoirs chics.

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Bantry House

Bantry House est une élégante demeure du XVIIIe siècle plantée à l’entrée de Sheep’s head. Son parc, qui épouse la colline en sept terrasses, dévoile une vue magistrale sur la baie de Bantry.

Dans ce bout d’Irlande où le gaélique partage les panneaux routiers avec l’anglais, l’appel du large est irrésistible. Il y a foule dans le petit port de Portmagee, à l’extrémité de la péninsule d’Ivergah, pour admirer le coucher de soleil qui embrase ses maisons de poupées, rose pétard ou bleu azur. Un vrai cliché ! D’ici on peut rejoindre Skellig Michael, pyramide sauvage émergeant des flots à une dizaine de kilomètres des côtes. Frappée par les tempêtes, livrée à des nuées d’oiseaux marins, l’île classée par l’Unesco se mérite : jauge des visiteurs limitée, accostage interdit quand les flots s’agitent. Pourtant les touristes s’y bousculent depuis qu’elle servit de décor à la saga Star Wars. Oubliant parfois qu’avant Luke Skywalker, dès le VIe siècle, des moines y édifièrent d’étranges huttes en pierre sèches, auxquelles on accède par 600 marches vertigineuses.

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Skellig Michael – Ancien Monastère

Sur la péninsule de Mizen Head, on célèbre un autre héros des temps modernes. Pour inventer la télégraphie sans fil, Guglielmo Marconi (prix Nobel en 1909) arpenta ses terres. Dans le sémaphore qui surplombe l’Atlantique, terminus du voyage, une petite exposition lui rend hommage. On y accède par une passerelle qui enjambe un gouffre et offre un panorama vertigineux sur les falaises déchiquetées ▼

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Mizen Head
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Je cherche des yeux le phare accroché sur un rocher, là-bas au large. On le surnomme « la larme de l’Irlande » car, pour de nombreux migrants en partance pour l’Amérique, il fut la dernière vision de leur terre natale…

Un proverbe Irlandais dit : «Vos pieds vous mèneront là où se trouve votre coeur» Entre collines manucurées et landes parfumées, l’Irlande est une terre de randonnées.

Louis XIV personnage iconique de l’Histoire de France

Louis XIV personnage iconique de l'Histoire de France..

Louis XIV est le plus célèbre des rois de France et aussi le plus méconnu. Un exemple, on le disait petit à cause d’une armure qui lui avait été offerte, qui est exposée au Louvre. Or, cela est confirmé par des historiens spécialistes, il mesurait 1 mètre 84, ce qui était très grand pour l’époque.

Dès sa naissance, Louis XIV se fait remarquer pour ses dents. En effet, Hugo Grotius écrit en 1638 qu’Anne d’Autriche a donné naissance au Dauphin et que celui-ci est né avec deux incisives et qu’il mutile les téton de sa nourrice, Pierrette Dufour, tant il a l’appétit vorace. Et les dents du roi Soleil vont lui poser de nombreux problèmes depuis l’âge de 39 ans jusqu’à ses derniers jours.  

Dès le berceau, Louis est vénéré comme un demi-dieu, c’est un petit garçon en représentation permanente. Lorsqu’il naît, son père Louis XIII a 37 ans. C’est un roi fatigué et malade et il ne fait aucun doute que le petit Louis montera vite sur le trône. Et effectivement, à 5 ans il devient roi. Quatre jours après la mort de son père, le 18 mai 1643, la régence de sa mère Anne d’Autriche, secondée par son premier ministre le cardinal Mazarin, est votée. Tout le poids du pouvoir ne repose pas encore sur ses épaules, mais il comprend déjà qu’il sera toujours seul face aux épreuves. Constamment,  il doit paraître, figurer, réciter des phrases convenues lors des réceptions des ambassadeurs, des revues de troupes, des visites de frontières, des grand-messes, etc. Le petit Louis est un enfant sérieux, tout en contrôle….Beaucoup trop pour son âge ! Ses compagnons de jeu lui reprochent d’ailleurs de ne pas assez rire. Louis étudiait ses gestes, ses pauses, sa démarche volontairement calme et sereine. Il cherchait à donner l’image d’un prince sérieux, pondéré, droit, digne, attaché à son devoir. Bref en tout soumis à la raison. 

A 20 ans, Louis XIV est plus une marionnette en représentation qu’un monarque en puissance. Sa mère et son ministre Mazarin décident toujours seuls des affaires du royaume, alors qu’il a largement l’âge de gouverner ( la majorité était fixée à 13 ans à l’époque). 

Ses camarades – peu nombreux – le trouvent gauche et balourd. On ne lui connait ni confident ni ami sincère. Ce roi peu bavard, toujours en retrait sauf quand il est sur scène, cache bien son jeu. Et il ne tarde pas à le montrer. Le tournant  a lieu lors du conseil des ministres du 10 mars 1661. Mazarin est mort la veille. C’est le déclic : le roi qui a 22 ans, décide de prendre les rênes du pouvoir. Et d’évincer sa mère. 

«JE ME DOUTAIS BIEN QU’IL SERAIT INGRAT ET VOUDRAIT FAIRE LE CAPABLE!»

– s’écrie la reine mère, Anne d’Autriche quand elle apprend qu’elle a été exclue du premier conseil du roi après la mort de Mazarin. 

– «Jusqu’à présent, j’ai bien voulu laisser gouverner mes affaires par feu Mr le Cardinal, lui répond le roi, mais il est temps que je les gouverne moi-même».

Désormais tout devra passer par lui, il sera seul maître à bord. 

La suite de son règne va être une démonstration de force permanente. Louis XIV développe une politique de l’éblouissement et de la séduction pour mieux asseoir son pouvoir. S’il veut devenir le plus grand roi du monde comme il aime à se qualifier lui-même, Louis XIV a besoin d’un écrin à son image. De Versailles qui n’était qu’un modeste pavillon de chasse, hérité de Louis XIII, il fait un palais aux dimensions colossales. Il confie les travaux à Le Vau, l’architecte du déchu Fouquet. Les projets de Louis XIV frisent le délire. Il pratique l’hyper-contrôle : il se fait envoyer des comptes-rendus précis des travaux, annote, modifie les plans selon son humeur. Pas une perspective, pas un bosquet qui n’ait été remanié dix fois. 

Lorsqu’il ne festoie pas dans son château, Louis XIV fait la guerre. Il aime l’odeur du sang qui annonce la gloire. Sa Gloire. Le monarque raffole des sièges de ville, auxquels il assiste le plus souvent lové dans un fauteuil, sur une hauteur dominant le champ de bataille. Un plaisir de mégalomane : le roi veut écraser l’Europe sous sa botte. En 1667, sa première guerre est menée contre les Pays-Bas espagnols, principal rival commercial de la France. Cinq ans plus tard, ce sera la Hollande – qu’il surnomme la «nation des boutiquiers» – Les années 1680 et 1690 ne sont qu’une succession de batailles. 

A partir de 1693, alors qu’il ne peut plus commander personnellement les armées, Louis XIV continue de diriger les opérations depuis Versailles. Un va et vient incessant de messagers à cheval lui apportent les nouvelles du front et transmettent ses ordres. Le roi est obsédé par les moindres détails : la qualité des fusils ennemis, la distribution des munitions et des fournitures aux troupes…

Mais c’est grâce à son égo démesuré que la France est devenue, à l’aube du XVIIIe siècle, la première puissance Européenne.

Cependant, l’image historique du monarque absolu, à la fière prestance, est pour le moins tempérée par la cruelle réalité de ce grand corps malade.  Le Roi tout puissant est un goinfre, il souffre de la podagre et de la gravelle, il porte la perruque parce qu’il est chauve depuis sa jeunesse. Au quotidien, ça ne devait pas être une partie de plaisir de le côtoyer…..

Louis XIV

CHAUVE A 20 ANS

Le Roi-Soleil a perdu ses cheveux à l’âge de 20 ans, après avoir contracté la typhoïde lors de la bataille de Nimègue. Il disposa toute sa vie d’un cabriolet à perruques, près de sa chambre, pour les perruques de chasse, de messe et du souper. 

BEAU COMME APOLLON ? 

Louis XIV se veut l’égal du dieu grec du Soleil, dont la beauté a été mille fois vantée. Était-ce mérité ? «Louis XIV était le plus bel homme de son royaume», écrit dans ses Mémoires la princesse Palatine, belle-sœur du roi. Selon le Bernin, artiste romain venu à la cour pour réaliser un buste royal, Louis XIV «a la moitié de la bouche d’une façon et l’autre d’une autre, un œil différent aussi de l’autre, et même les joues différentes». Il a aussi un «petit sein», c’est à dire une verrue, au nez, près de l’œil. 

GRAND CORPS MALADE

Louis XIV souffre d’atroces maladies chroniques. Parmi elles…des dysenteries à répétition. Louis mange comme un ogre, d’où ses terribles ennuis intestinaux. Entre 1696 et 1705, ses selles attestent qu’il avait attrapé le ténia (ver solitaire) et La gonorrhée ou «chaude pisse», contractée à 17 ans avec la dame de cour, Mme Bellier, chargée de son éducation sexuelle.  

La Goutte, cette maladie qui se manifeste par des douleurs au niveau du gros orteil lui pourrit la vie à partir de 1685. Pendant les crises, le roi emprunte une «roulette», un fauteuil roulant. Il a également des problèmes dermatologiques. Jusqu’à l’âge de 8 mois, Louis est privé de bains. La crasse et la vermine laissent des cicatrices sur sa peau.  Il a aussi des caries, en 1685, un dentiste maladroit lui arrache la moitié du palais. Toute sa vie, le roi régurgite par le nez et une odeur infâme se dégage de cet écoulement…Pendant des années, Louis XIV s’en accommodera, plutôt mal que bien, mais, dans le courant de 1685, l’odeur forte et quasi cadavéreuse qui accompagne ses régurgitations n’est plus supportable et le premier chirurgien Félix procède évidemment sans la moindre insensibilisation, à quatorze pointes de feu, et en profite pour arracher les dents cariées du bas. Le malade, inondé de fleur d’oranger, mettra plusieurs mois avant de reprendre le rythme de ses repas en public. Il n’a presque plus aucune dent et celles qui lui restent sont en piteux état. Bien qu’il ne puisse plus mastiquer correctement, il souhaite garder la même alimentation, alors on lui coupe son gibier en petits morceaux et il les avale sans même les mâcher ; son estomac n’apprécie pas et on a recours à des lavements pour soigner ses maux de ventre.

Il eut bien sûr d’autres «incommodités» et «misères physiques» : Fièvres, migraines,  malaises,  rhumatismes, goutte,  diabète, cauchemars, insomnies….etc. 

Malgré tout, QUAND L’ASTRE SE LÈVE ….

Il est 7 h 30 à Versailles. Le premier valet de chambre du roi s’approche du monarque : «Sire, voilà l’heure» A l’autre bout de la pièce, le Grand chambellan entre, suivi des premiers gentilshommes de la Chambre, du grand-maître de la garde-robe, du premier médecin et du premier chirurgien. Ces VIP vont assister à la toilette de Louis XIV : le rideau du lit est ouvert, quelques gouttes d’esprit de vin sur les mains, présentation du bénitier, signe de croix, choix de perruque. Le roi se lève, mules, robe de chambre, fauteuil, entrée du premier barbier, toilette, fin du «petit lever». 

RÉCEPTION SUR LE TRÔNE 

Pour avoir le privilège de regarder le roi installé sur sa chaise percée, il faut être titulaire d’un «brevet d’affaire». Pas donné à tout le monde ! On ne compte que 7 brevets en 1693 et plus que 5 en 1712. A l’époque, cette activité est ritualisée. Il est courant de recevoir sur sa chaise percée : on y écrit, on y joue, les ministres y donnent même audience …

ROI BLING-BLING

12 MILLIONS DE FRANCS de l’époque, c’est la magot que le roi porte autour du cou, sous la forme de diamants, lors de la réception des ambassadeurs de Perse à Versailles, le 19 février 1715. Il a 77 ans. 

BÂTARDS CHÉRIS 

En tout cas, il était doté d’une vitalité extraordinaire, troussant à tout-va. Dans sa jeunesse il baisait tout le temps sa maîtresse Madame de Montespan, parfois même en plein jour, et le soir il allait honorer la reine.  Il s’inquiéta auprès de son médecin que les enfants de la reine mouraient tous quand ceux de la Montespan étaient forts et vigoureux. Le docteur eut ces mots, évoquant la reine malheureuse : «Il ne reste à cette dernière que la rincée du verre». 

Onze enfants sont nés de ses amours avec ses favorites, Louise de La Vallière et Mme de Montespan. Tous ont été légitimés. En 1714, un édit les déclare aptes à la succession de la Couronne, si tous les princes de sang venaient à mourir. Ce qui fut presque le cas, puisque le futur Louis XV, son arrière-petit fils, est le dernier de ses descendants «légitimes» à sa mort, en 1715. 

UN GRAND MÉCÈNE 

Il est devenu le protecteur de grands noms de la littérature, comme Molière, l’immense dramaturge. Il a aussi créé l’Académie des Belles Lettres et l’Académie Royale de Musique. Le Roi protégeait les artistes français les plus importants. Ces artistes chantaient, jouaient et peignaient pour le château de Versailles. Cependant, en dépit de la grandeur du roi et de son palais, la monarchie était de plus en plus isolée des gens, et l’art par conséquent, était relégué à la vie de château.

BOURREAU DE TRAVAIL

Dans les années 1690, après la mort de Louvois, son principal ministre, Louis XIV travaille jusqu’à 9 heures par jour. Dimanche compris. Donc 63 heures par semaine. 

LA MODE DE LA FISTULE 

En 1686, une seule question agite la Cour : l’anus du roi Soleil va-t-il bien cicatriser? 

Février 1686. A 48 ans, après avoir surmonté bien des maladies, Louis XIV affronte une nouvelle épreuve, aussi douloureuse qu’embarrassante...Il s’agit d’une fistule anale, un abcès lié à l’infection d’une des glandes situées près de l’anus.  Cette affection est répandue à l’époque, souligne Stanis Perez, membre de la société internationale d’histoire de la médecine et auteur d’un livre consacré à la santé du Roi-Soleil: «Cette lésion devait être due à la pratique intensive de lavements effectués en introduisant dans l’anus un clystère. En effet, on ne maîtrisait pas la stérilisation de cette seringue métallique» A la Cour, l’indisposition du roi est d’abord évoquée de façon fort pudique. Le mémorialiste Dangeau écrit ainsi que le monarque souffre d’une « tumeur à la cuisse ». Mais, à partir du printemps, le mal intime du roi est dévoilé par les médecins ; et, de fait, il monte de moins en moins à cheval, puis apparaît enfin en chaise à bras pour ses promenades.

En coulisses, une guerre se déclare entre les médecins et les chirurgiens quant au traitement à appliquer. « Les premiers, explique Stanis Perez, avaient une définition intellectuelle de leur métier. Pour eux, les chirurgiens étaient des manuels pratiquant un métier dégradant à cause de leur contact avec le sang» Durant toute la première moitié de l’année 1686, les médecins gardent la main. Mais leurs cataplasmes et emplâtres ne sont pas efficaces. A l’automne, la santé du roi devient une affaire publique. La Cour voit affluer des guérisseurs ambitieux souhaitant tirer profit de leurs pharmacopées pour s’imposer dans l’entourage du souverain. Le clan du médecin Antoine Daquin cède peu à peu le pas à celui du chirurgien Charles-François Félix de Tassy. De la même génération que son patient, celui-ci a réussi à convaincre le roi qu’une incision le soulagerait, avec, pour seul désagrément, une douleur de quelques minutes.

Le chirurgien se fait la main sur des cobayes humains

Félix joue sa carrière. Pour mettre toutes les chances de son côté, il mène des expériences in vivo : des indigents reclus à l’hôpital de Versailles sont réquisitionnés. On ne connaît pas le nombre de cobayes qui succomberont sous son bistouri. En revanche, on sait, d’après Hébert, le curé de Versailles, que les morts étaient enterrés à l’aube, sans faire sonner les cloches, «afin que personne ne s’aperçût de ce qui se passait».

Instruments utilisés pour opérer le roi : un scalpel et un écarteur

18 novembre 1686, 7 heures du matin. La « grande opération » démarre. Elle est menée dans la chambre du souverain. A son chevet, son premier chirurgien et son premier médecin accompagnés de leurs aides. L’intervention est menée dans le plus grand secret. Nul n’en a été informé, pas même le Dauphin. «Cet acte chirurgical était aussi extrêmement délicat d’un point de vue politique, souligne Stanis Perez. «Versailles regorgeait alors d’espions envoyés par les cours européennes suivant avec intérêt le moindre signe de faiblesse du roi».

Traversin sous le ventre pour lui élever les fesses, jambes écartées, le roi s’en remet au chirurgien Félix, bistouri à la main, front trempé de sueur. En guise d’anesthésiques, des prières et peut-être du vin, bien que le roi ne soit pas porté sur la boisson. A-t-il crié ? Les mémorialistes n’en disent rien. Mais on lui prête ces paroles: «Est-ce fait, messieurs ? Achevez et ne me traitez pas en roi ; je veux guérir comme si j’étais un paysan». 

L’opération est un double succès. Médical et médiatique. Sa réussite est aussitôt amplement instrumentalisée par Versailles. «Dans l’histoire de l’Ancien régime, il n’y a jamais eu autant de publicité faite autour de la guérison d’un souverain», confirme Stanis Perez. Au moins deux autres incisions sont pratiquées par Félix à la fin de l’année 1686, et le roi ne commence véritablement à se rétablir qu’en janvier 1687. Mais le royaume n’en sait rien, tout à l’ivresse des réjouissances et messes en actions de grâce organisées pour saluer la royale guérison.

Pour imiter Louis, des courtisans se font aussi opérer

Dans les métropoles de province, on sort les fontaines à vin. A Versailles, les opérations de la fistule se multiplient : les courtisans, victimes du même abcès, ont en effet décidé de suivre la voie tracée par le souverain. «De là, note Stanis Perez, l’engouement sans précédent pour la chirurgie et l’anatomie jusqu’à la fin de l’Ancien régime».

De ces mois stressants, Félix conservera un tremblement tenace de la main. Mais aussi gloire, terres et forte somme d’argent. Le roi verra quant à lui son image de robustesse confortée : en 1687, place des Victoires, on inaugurera ainsi une statue à son effigie portant l’inscription «A L’HOMME IMMORTEL».

Lully finalement, sera la victime unique et inattendue de la «grande opération».  Comme nombre d’artistes de la cour, le musicien se met à travailler à une oeuvre – un te-Deum – (grand Dieu sauve le Roi)  composée en l’honneur de la guérison du roi. Elle est d’autant plus importante pour lui qu’il n’est plus en odeur de sainteté à la Cour. Lors d’une répétition, le bouillant maestro frappe le sol de toutes ses forces avec son bâton de direction…qui finit par écraser son gros orteil. Après une gangrène galopante, Lully rendra son dernier soupir le 22 mars 1687. Vingt-huit ans avant que son mécène, le roi, ne meure également d’une gangrène. 

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En 1714, Haendel, alors compositeur officiel du roi britannique George 1er est en visite à Versailles. Il entend l’hymne de Lully, dont il ignore l’origine.  Il le note, fait adapter le texte en anglais et le soumet à son roi. Énorme succès –  What a wonderful music ! (les droits d’auteur n’existaient pas !) –  L’hymne est dorénavant joué dans toutes les cérémonies ou George 1er est présent et s’impose au fil du temps comme l’hymne national :   «God Save the King ». Plus tard, quand la reine Victoria arrive sur le trône en 1837, l’hymne se transforme tout naturellement en «God save the Queen».  Aujourd’hui encore, chaque fois que les Anglais entonnent leur hymne national, ils chantent un air qui a été composé pour le postérieur de Louis XIV !  Ce que les historiens anglais réfutent catégoriquement. 

Un remède empoisonné 

Le roi a sans doute attrapé sa fistule au cours d’un lavement, après introduction dans son rectum d’un clystère infecté. Au XVIIe siècle, le lavement connaît en effet son plein essor. Molière s’en fera l’acerbe critique dans «Le Malade imaginaire».

L’invention du «bistouri à la royale».

Depuis Hippocrate, on sait réduire la fistule anale à l’aide d’un fil métallique tranchant. Mais l’opération peut causer une hémorragie mortelle. Charles-François Félix, en charge des soins du roi, va donc confier à ses couteliers la conception d’un nouvel instrument plus sûr. Ce sera un bistouri courbe, prolongé par un stylet, dont le tranchant, recouvert d’une chape d’argent, évite de blesser les chairs lors de son introduction dans l’anus. Il sera nommé «bistouri à la royale».

LA GANGRÈNE 

Un an avant sa mort – il avait soixante seize ans – Louis XIV semble aller moins bien, il a maigri. C’est au début août 1715, que le roi, revenant de la chasse, se plaignit d’une douleur à sa jambe gauche qui commençait à enfler. Son médecin lui fait subir quelques mouchetures avec une lancette et des incisions profondes , puis il constate qu’il a la gangrène. Le roi s’affaiblit, présente des mouvements convulsifs et n’a plus ses esprits. On appelle des charlatans qui lui font ingurgiter des remèdes miracles, restés sans effet. Le Roi meurt le 1er septembre 1715 à 8 heures du matin. 

Il faut souligner le courage physique du monarque. 

Il supporte, sans anesthésie, le cautère brûlant pour obturer la solution de continuité entre le palais et les fosses nasales. Il supporte tout autant le scalpel et le cautère pour la mise à plat de la fistule anale, sans parler des douleurs répétitives des crises de goutte et de gravelle et des incommodités des saignées, des purges et des clystères. Si l’on excepte ses excès alimentaires, Louis XIV fut un patient exemplaire et qui put dominer la maladie pour l’action politique ou militaire, mais aussi pour les plaisirs de la chasse, des fastes de la cour et des amours coupables. 

Et l’on réalise alors a quel prix ce Roi, si travaillé de l’intérieur, comme dit Sainte-Beuve, sut faire d’un idéal stoïcien de maîtrise de soi un programme de gouvernement, afin de conserver à la majesté le double corps de son apparence. 

Le Grand Siècle, dominé par la personnalité de Louis XIV, fut le théâtre de percées scientifiques essentielles. 

A peine quarante ans après sa mort, Voltaire publie Le Siècle de Louis XIV, un essai exaltant le Soleil.…pour mieux égratigner Louis XV. 

Théâtre, cinéma, comédies musicales. Louis XIV, a ressuscité à maintes reprises depuis le début du XXe siècle et il brille toujours au delà des frontières de son royaume. Le Roi Soleil a été et continuera à être l’un des personnages iconiques de l’Histoire de France. 

Odyssée dans les Cyclades

Au large de la Grèce continentale, les îles de la mer Égée forment un petit paradis. Celles du centre concentrent ce qu’il y a de meilleur dans l’archipel. La découverte se fait en bateau. 

Évoquer leur nom laisse rêveur. Un rêve fait d’eau cristalline, de maisons blanches aux touches azur et de plages idylliques. Balayé par le meltémi (ce vent constant qui sculpte des paysages arides, parfois lunaires), l’archipel des Cyclades compte une cinquantaine d’îles, dont seulement vingt-quatre sont habitées.  Des morceaux de terre posés ça et là dans la mer Égée, en cercle imaginaire autour de l’île sacrée de Délos selon les croyances ancestrales. C’est de là que l’archipel tire son nom, Kyklos signifiant « cercle » en grec ancien. Passées de main en main au fil des siècles, les Cyclades intègrent le royaume de Grèce au XIXe siècle après la guerre d’indépendance. Depuis les années 1960, l’archipel et son décor de carte postale coulent des jours heureux grâce au développement du tourisme.

Périples dans les Cyclades, un projet et un rêve.

Si les noms de Santorin et Mykonos sont les plus connus, de nombreux autres trésors s’y cachent. Des îles moins fréquentées mais tout aussi enchanteresses, comme Paros, Naxos et Amorgos, constituant à elles trois les Cyclades du centre. La première se rejoint depuis le port du Pirée à Athènes où des ferries effectuent des traversées plusieurs fois par jour. Munie de mon billet, je monte dans l’un d’eux, pressée de découvrir cet archipel plein de promesses. Après plusieurs heures à naviguer sur des eaux calmes, la silhouette de Paros se détache à l’horizon. 

Paros, la Familiale

Parikia est la ville incontournable de l’île : c’est ici que les ferries accostent et que les touristes déferlent.

Le port de Parikia - Paros
Parikia

Alors, l’animation est de mise. Quelques centaines de mètres plus loin, l’église Panagia Ekatontapiliani (Notre-Dame-aux-Cent-Portes) se dresse. Entrelacs de plusieurs bâtiments remaniés à diverses reprises depuis sa fondation en IVe siècle par sainte Hélène, mère de Constantin 1er. C’est l’une des plus importantes églises paléochrétiennes de Grèce, et l’une des mieux préservées. Autour, la vieille ville, typique de l’architecture locale : une série de maisons blanches, quelques bâtisses de style vénitien et les dômes bleus des églises venant surplomber le tout. Au nord de l’île, Naoussa ne faillit pas à sa réputation de « Saint-Tropez de Paros ».

Séjours Paros, Cyclades (Grèce) – Lidl Voyages

J’emprunte les ruelles pavées et fleuries de bougainvilliers et débouche sur un charmant petit port de pêche. À quelques kilomètres, la plage de Kolumbithres et ses rochers sculptés par le vent et la mer, où les baigneurs profitent d’une eau cristalline. Dans les terres, le village de Lefkes, ancienne capitale de l’île à l’époque ottomane, mérite que je m’y arrête. Bâti au milieu des montagnes pour se protéger des pirates, il est l’un des mieux conservés de l’archipel avec ses rues piétonnes pavées de marbre. Sur les hauteurs, je découvre les spécialités locales à la Flora Taverna et profite de la vue panoramique sur la vallée. Près du monastère de Saint-Arsène, se cache un lieu que beaucoup de touristes oublient de visiter : La vallée des Papillons

Butterflies Valley (Paros) : 2021 Ce qu'il faut savoir pour votre visite -  Tripadvisor

Dans ce biotope unique, deux espèces se reproduisent au milieu d’une végétation luxuriante.

Naxos, la Dominante

Passée l’agitation du port, Naxos se découvre dans le calme. Cette île, la plus grande et la plus haute des Cyclades, fait partie aussi des plus riches grâce à l’exploitation des vignes, des oliviers et des carrières de marbre. Pour certains, elle serait aussi la plus belle.

Trois jours à Naxos: un vrai dépaysement et un ravissement esthétique et  culinaire! - Le salon de thé de Nathalie

À l’ouest du port, je traverse les 300 mètres de jetée pour rallier l’îlot de Palatia où se trouve la porte du temple d’Apollon. Cet élément est le seul subsistant de ce sanctuaire dont la construction a débuté au VIe siècle avant J-C. La quiétude de la journée laisse place le soir à une forte affluence : on se presse en nombre sur cet îlot pour admirer le spectacle du coucher du soleil. Derrière le front de mer de Chora, capitale de Naxos, la vieille ville se compose d’une succession de ruelles escarpées dans lesquelles je me perds avec plaisir. Dans ce labyrinthe d’un blanc immaculé, les boutiques de souvenirs et les petits restaurants apportent seuls une touche colorée. Et l’après-midi, le silence règne en maître : le temps semble suspendu.

Naxos: le Mont Zeus (1001 m) - Randonnées Pyrénées... et ailleurs

Au centre de l’île, le mont Zeus, qui culmine à un peu plus de 1 000 mètres, fait le bonheur des randonneurs. Son ascension débute au village pittoresque de Filoti où de vieux Grecs se réunissent aux terrasses des cafés, égrenant dans leurs mains un Komboloï, un chapelet de grosses perles dénué de signification religieuse. Pour atteindre le sommet des Cyclades, il me faut prendre mon temps. La pente est rude, la chaleur écrasante et les coins d’ombre quasi inexistants. À l’arrivée, mes efforts son récompensés par un panorama imprenable sur l’île et celles des alentours.

Séjour windsurf à Paros - Grèce - Spots d'Evasion

Destination idéale des amoureux de sports de glisse, Naxos voit ses plages assaillies de pratiquants de Kite-surf et de planche à voile. Mais certaines restent tout de même abritées du vent, comme celle d’Alyko, peut-être la plus belle de l’île. Je profite de l’ombre d’un arbre pour y déposer ma serviette et vais apprécier l’eau translucide, quoique un peu fraîche.

Retour au port où le ballet incessant des ferries rythme la journée. Celui pour Amorgos arrive, défiant les bourrasques assez fortes ce jour-là. Le capitaine est serein, il a l’habitude. Pour moi, il est l’heure d’embarquer pour la dernière étape.

Amorgos, l’accueillante

L’arrivée à Katapola ne me dépayse pas : comme tous les ports de pêche typiques de l’archipel, le bord de mer est une succession de boutiques et restaurants. Au-delà, le village offre un mélange de maisons basses, d’échoppes, de petites églises, de plages où viennent mouiller des bateaux de pêche. Autour, une plaine verdoyante accueille des vignes, les oliviers et les figuiers. Je suis un sentier de randonnée pentu pour rejoindre les vestiges de la cité antique de Minoa – inutile de prendre une voiture vu l’état de la route ! où de nombreux objets ont été découverts qui sont aujourd’hui exposés au Musée National archéologique d’Athènes. L’intérêt du lieu, ancienne résidence d’été du roi Minos de Crète, reste la vue époustouflante offerte sur la baie de Katapola sur laquelle une partie du film culte de Luc Besson a été réalisé ▼

Amorgos, Délos, Antiparos et les petites Cyclades | Conseils voyage Cyclades

Au centre de l’île, un incontournable : le village de Chora (nom très utilisé car signifiant « territoire ») avec ses maisons blanchies à la chaux, ses arcades et ses escaliers menant à des Kafenios, de petites tavernes où l’on profite d’une boisson fraîche ou d’un café glacé, selon l’heure de la journée. À la sortie est du village, j’emprunte un chemin me menant vers d’anciens moulins et profite d’une vue sur les différentes parties de l’île. Je poursuis sur un sentier de pierre descendant vers la mer et, après 2 kilomètres de descente escarpée, j’atteins le monastère de la Panaghia Chozoviotissa

De loin en large: Cyclades - jour 6 : Amorgos - sur les traces du Grand Bleu

Construit à flanc de falaise, à 300 mètres au-dessus du niveau de la mer, il est encore habité par une poignée de moines qui m’offrent de l’eau fraîche, un petit verre de rakomelo, liqueur à base de raki et de miel, et quelques gâteaux typiques. Un cadeau bienvenu en prévision du retour.

Plus au nord, Aegliali, second port d’Armagos, riche de plusieurs plages de sable, est aussi le point de départ et de passage de randonnées, dont celle baptisée « Melania » amenant à la découverte du nord de l’île. Mais pour moi, il est déjà l’heure de rebrousser chemin, avec la certitude de revenir bientôt tant ces Cyclades recèlent de merveilles à découvrir, et se régaler de cuisine grecque ; des produits frais gorgés de soleil : dans les Cyclades, comme partout en Grèce, l’art culinaire se veut simple.

Que manger en Crète : la cuisine crétoise secret de longévité... - Vivre  Athènes

On se délecte de salades colorées, de viandes et poissons grillés, mais aussi de plats typiques comme la moussaka ou le dakos.

L’humain, l’espèce animale qui ose tout !

Salves de canons royales dans l’avant-cour bondée du château de Versailles. Il est exactement 13 heures, et ce 19 septembre 1783, face à Louis XVI et sa famille, un canard, un coq et un mouton entrent placidement dans l’histoire de l’aérospatiale. Ayant pris ses quartiers dans le panier d’osier attaché au ballon à air chaud des frères Montgolfier, l’équipée s’élève bientôt à 600 mètres de hauteur, puis parcourt plusieurs kilomètres, sous les vivats du public stupéfait. 

Malgré l’infortune d’une déchirure du ballon qui abrègera leur vol historique, les trois héros à l’étoffe de laine et de plume atterrissent dans le bois de Vaucresson. Ils seront royalement récompensés par le dauphin, qui leur ouvrira les portes de sa ménagerie. Quelques semaines seulement après l’exploit de nos involontaires aéronautes, des humains prendront les airs à leur tour, à moindres risques.

Depuis cette date, des animaux aquatiques ou terrestres (cailles, méduses, chats, chiens, singes, salamandres…) ont été propulsés par dizaines vers la stratosphère, sans avoir eu toujours la bonne étoile de leurs trois ancêtres. Au début du XXIe siècle encore, pour mener des expériences scientifiques, mais aussi pour assurer sa production industrielle ou satisfaire son alimentation, l’humanité décime d’innombrables animaux. Dans le monde, près de 100 millions d’entre eux sont utilisés annuellement dans des laboratoires, 70 milliards d’oiseaux et mammifères sont abattus pour l’alimentation, et mille milliards de poissons sont pêchés. Pour rendre possible un tel productivisme, nom seulement avons-nous conçu des protocoles scientifiques et zootechniques sophistiqués, mais nous avons également mis en place des mécanismes psychologiques nous permettant d’ignorer ou de légitimer les dommages qui résultent de cette exploitation.

Si les nuisances infligées par l’Homo sapiens aux autres espèces n’avaient pas aussi des conséquences très défavorables pour l’existence humaine elle même, l’on pourrait ne parler que d’insensibilité ou de cruauté. Hélas, par son exploitation généralisée des animaux, l’humanité prend le risque de poursuivre son voyage comme la montgolfière endommagée : dans des conditions périlleuses. 

Certains auteurs publient aujourd’hui des ouvrages destinés au grand public aux titres stridents sur les ravages écologiques et la barbarie des fermes industrielles, ou dénoncent la pêche intensive, mais en dépit de ces alertes, nous dormons sur nos deux oreilles. Car l’espèce à laquelle nous appartenons dispose du dangereux privilège d’être dotée des ressorts psychologiques qui permettent à sa spectaculaire sottise de prospérer dans un rapport insensé avec les autres animaux. 

Henri IV, le roi de «la poule au pot tous les dimanches», s’était doté d’un ministre des finances fameux, Sully, qui aimait à proclamer que «pâturage et labourage sont les deux mamelles de la France»En écho à cette image champêtre, on peut dire que les mamelles de la sottise humaine dans son rapport aux animaux sont triples : incohérence, ignorance, et rationalisation. 

La mamelle de l’incohérence logique 

Dans son livre carnassier, l’Imposture intellectuelle des carnivores, Thomas Lepeltier nous fait part de sa perplexité faussement candide face à nos incohérences : «Si vous vous amusez à broyer des chatons dans un mixeur, à castrer un chien sans anesthésie, à enfermer un cheval toute sa vie dans un enclos minuscule où la lumière du jour ne pénètre pas, vous serez poursuivi par la justice pour mauvais traitement envers un animal. Vous risquez deux ans de prison». Pourquoi les pouvoirs publics approuvent-ils que l’on broie vivants des poussins mâles, que l’on enferme toute leur vies des poules dans des cages minuscules et que chaque année, l’on tranche la gorge à des millions de lapins, agneaux, cochons, etc… ? Le droit hérite de cette incohérence et la pérennise, puisqu’il considère que «les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité» tout en précisant que «sous réserve des lois qui les protègent, les animaux sont soumis au régime des biens» ( Article 515-15 du Code Civil). 

Prenons le cas du lapin : Il représente aujourd’hui l’un des animaux de compagnie les plus fréquents en France, mais aussi le mammifère le plus consommé. Si l’on ne s’acquitte pas de nos obligations envers lui en négligeant de le nourrir, de la soigner et de lui garantir des conditions d’existence conformes à ses besoins, on risque fort d’être hors-la-loi puisque «le fait, publiquement ou non, d’exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende» (Article 521-1 du Code pénal). Et pourtant, la loi autorise l’élevage des lapins en batterie dans des conditions de confinement inqualifiables. 

La mamelle de l’ignorance

Pour toute personne qui utilise les animaux, l’ignorance est le plus caressant des réconforts. Récemment, le circassien André-Joseph Bouglione, s’étant résolu à exclure désormais les animaux de ses spectacles, confessait que «le léger balancement que font les éléphants quand ils sont à l’arrêt, pour moi cela voulait dire qu’ils étaient détendus. Ce que je croyais être un signe de détente était en fait un trouble lié à l’enfermement». La méconnaissance des capacités cognitives, perceptives et sensorielles des animaux aura autorisé leur sujétion pendant des siècles, comme l’exprimait Descartes, peut-être pour justifier les vivisections qu’en scientifique il a lui-même pratiquées, dans ses écrits sur les animaux-machine du Discours de la Méthode. «Ça crie, mais ça ne sent pas», jurait quant à lui Malebranche en battant son chien. Mais ne raillons pas nos vieux philosophes, car l’ânerie n’a pas d’époque. En juin 2017, le Washington Post publiait une enquête réalisée en ligne auprès d’un échantillon représentatif d’Américains : 7 % des répondants (plus de 16 millions de personnes) affirmaient que le lait de cacao provenait de vaches marron. De mal en pis, un enquête du département américain de l’agriculture révélait qu’un adulte sur cinq ignorait de quel animal était issue la viande des burgers. L’ignorance alimentaire brille également de ce côté de l’Atlantique : une enquête française sur les 8-12 ans indiquait que 40 % ne savaient pas d’où viennent les produits comme le jambon, et deux tiers ne pouvaient se prononcer sur l’origine du steak. En outre, une proportion élevée d’enfants déclarait que le poisson était dépourvu d’arêtes. Quelle serait la proportion des têtes blondes qui estiment que les glandes mammaires des vaches secrètent spontanément du lait sans veau à allaiter ? 

95 % des cochons sont élevés en système intensif | Éthique et animaux

L’ignorance multiséculaire des humains concernant la cognition animale a favorisé des rapports de domination que les progrès de l’éthologie cognitive et des neurosciences ne permettent encore que de corriger difficilement. Pourtant, les experts considèrent aujourd’hui que «les animaux non humains possèdent des substrats neuroanatomiques, neurochimiques et neurophysiologiques des états conscients, ainsi que la capacité de se livrer à des comportements intentionnels» (déclaration de Cambridge, 2012), et l’on ne manque pas d’ouvrages permettant de démontrer que les animaux ne sont pas si bêtes. Mais la simple diffusion de connaissances et bien insuffisante pour soignes les extravagances de la raison. D’autant plus que les consortiums humains dont la profession est d’élever des animaux et de vendre leur production s’ingénient à propager une iconographie agreste et idyllique de vaches souriantes et de poules impatientes de passer à table…..

La mamelle de la rationalisation 

S’ajoute à l’ignorance ordinaire ce que l’on pourrait appeler une ignorance motivée. Pour conjurer le désagrément d’un prise de conscience de l’incohérence entre des comportements de consommation et des représentations relatives aux animaux consommés (qui justifieraient de s’en abstenir), une solution commode consiste à modifier ces représentations, comme le suggère la théorie de la dissonance cognitive.

Par exemple, un enquête a montré que les capacités mentales attribuées à une série d’animaux étaient tout simplement corrélées à leur comestibilité : les vaches ou les cochons étaient perçus comme dotés d’une vie mentale plus limitée que les chats, les lions ou les antilopes. Dans une autre étude, des participants devaient jauger les capacités mentales d’un mouton après avoir été informés que l’ovin allait changer de pré, ou au contraire qu’il serait au menu d’un repas à venir. Dans ce dernier cas, ses capacités mentales étaient minorées. Les humains ont tout osé avec les animaux. C’est même à cela qu’on les reconnaît, ajouterait Michel Audiard. 

En conclusion, si pour d’aucuns la viande aura contribué au développement du cerveau chez nos ancêtres, il se pourrait bien qu’elle ait désormais changé de camp. Dans la nacelle suspendue dans l’espace, que l’on appelle Terre, quelque chose ne tourne pas rond avec les autres animaux. La connaissance croissante de notre part commune, le poids des risques sanitaires et le présage d’un Krach écologique sont autant d’appels à être un tantinet plus malins.

Source : Laurent Bègue Membre de l’institut universitaire de France et directeur de la Maison des sciences de l’homme – Alpes – 

Si une autre espèce causait autant de dégâts que l’humanité, on ferait tout pour s’en débarrasser au plus vite.